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Lets Talk About Love: Humphrff.
Playlist: Artic Monkeys ; Augustana ; Cobra Starship ; The Libertines ; The Doors ; Muse ; Nine Inch Nails ; Coldplay ; Radiohead ; Sum 41 ; Secondhand Serenade ; Lifehouse ; Kings of Leon ; Velvet Underground ; The Drums ; The White Stripes
Mood: Mood ?
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Sujet: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:23
Gabriel Grant Urie
25 ans • 3 mars 1986 à Manchester • Gab' • Niark Niark • Désert Solitaire • Cascadeur parfois, surtout glandeur • High and Dry
Hors RPG
Prénom ou Pseudo: Apolline ; Ap(p)o ; Apocalypto ; Apocope ect... Age : 19 étés Avatar + crédits (signature et icons) : Le magnifique Mateus Lages. + Bannière (c) Odairs Comment avez vous connu le forum ?: DC de Tallulah Rivers. Qu'est ce qui vous a attiré chez lui ? Arf, je le trouvais si moche et si pourri que je me suis inscrite et que j'ai même fait un DC #ZBAF# Suggestions / Remarques ? Nope ^^ Avez-vous lu le règlement ?You Rock by Owen ; haaaan j'aime trop cette chanson Autres ? Vous aimez les matheux ? › 2 ou 3 exemples de vos derniers rps svp :
Spoiler:
Petits voyeurs. Vous attendez la suite, savoir comment cela se passe lorsqu'on se glisse dans la peau de quelqu'un d'autre, et même, sûrement, vous aspirez à ce que tu ouvres enfin les yeux et te rendes compte que le Jeremi d'antan est resté dans le taxi. Désolée de vous décevoir. Il y a peu de choses qui m'ont effrayé dans ma doucereuse vie de princesse des temps modernes. Rien ni personne n'a jamais osé se mettre en travers de mon chemin, aucune difficultés n'est venue troubler mon existence. Qu'est ce qui aurait bien pu se fourrer entre mes pattes, dîtes-moi ? La plupart des contrariétés se réparent ou se prévoient, et quand on a le fric, on ne souffre de presque rien. Seulement il reste quelques petites choses qui peuvent nous toucher parce que le fric ne peut pas, même avec toute notre bonne volonté, nous l'offrir. L'amour-propre, l'opinion, l'intelligence, l'amour et le talent. J'ai toujours eu beaucoup d'amour-propre mais une nonchalance flagrante envers l'opinion des autres sur ma personne, des idées et des opinions trop affirmées, un cerveau trop développé, et quant à l'amour, je le fuis depuis quelques années. Enfin, je dis je le fuis, mais je devrais dire je le fuyais, voilà quelques mois que j'y ai repris goût, et aujourd'hui je crois pouvoir avouer que je commence à tomber dans une sacré mièvrerie, du moins tant que Brandon s'obstinera à mettre mes nerfs à rude épreuve. Ma théorie était celle ci : L'amour n'existe pas. C'est un besoin pour expliquer certains mystères de la vie, alors qu'on peut tout à fait faire sans. L'amour qu'on porte à l'autre c'est celui qu'on a pour soi même mais que l'autre nous permet de redécouvrir. On aime pas pour l'Autre. Non. On aime pour soi. Et moi je n'aime pas. J'aime pas cette dépendance à l'autre. Les niaiseries. Les besoins d'écouter quinze fois sa voix sur un message sur votre répondeur, de relire trente-sept fois le texto mièvre qu'il vous a envoyé ou encore se remémorer une centaine de fois un instant passé avec lui. Et je n'aime pas ça. Et pour ce qui est du talent, on peut acheter une voix, un mélodie, un talent en soi, mais on ne peut l'acquérir. Ce qui était bien dommage, j'aurais volontiers payé une fortune pour obtenir ta fluidité et ta vivacité. Et puis tu me faisais tourner jusqu'à en perdre la tête. C'est drôle, quand on y pense. Le petit réalisateur, tout droit sorti d'une ville n'ayant pas le prestige de Londres et portant un nom irlandais, passant la plupart de son temps enfermé entre quatre murs, que ce soit les murs d'une vidéothèque, bibliothèque ou cinéma. Qui aurait cru que derrière cet apparat discret se cacherait un époux du rythme et de la danse ?
La danse, j'ai toujours pensé que c'était l'un des arts le plus beau et aussi le plus fascinant. Après la musique, bien évidemment. Les mouvements, les gestes, le corps tout entier exprimant une pensée, un sentiment, et le faisant partager aux observateurs. La danse, j'ai toujours pensé que c'est l'un des arts le plus propice à l'extériorisation des sentiments forts. Par la danse, on pouvait évacuer rage, colère, frustration, tristesse, peine, angoisse. La danse dupliquait le sentiment extérieurement, et l'amplifier intérieurement. Et lorsque je t'avais intimé pour pas dire obligé – non je passerais pour une vilaine amie, c'est vraiment pas mon genre – je m'attendais à te voir te défiler ou disparaître dans les méandres de la piste. Telle fut ma stupeur lorsque tu attrapas ma main et me fit tourbillonner. Sous le choc, je titubais légèrement avant que tu me retiennes contre ton torse. Puis, avant même que mon souffle revienne, tu me fis à nouveau tourner, revenant à notre position initiale. Mon visage devait être pétrifié, figé dans une expression de stupéfaction complète, mais sournoisement camouflé derrière un masque, je n'affichais qu'un air mystérieux. Je te regardais, les yeux épatés, un air perplexe s'emparant de mes traits. « Qui êtes- vous et qu'avez-vous fait de mon ami ? » J'avais déjà vu un film qui contait l'histoire d'un homme possédé par un masque, peut-être que la réalité a dépassé la fiction ? Je ne serais guère étonnée. La musique, en tandem avec nous, se fit suave et tonitruant, encore un drôle de mélange, entre les mélodies chaudes du siècle dernier et les exclamations tapageuses de ce siècle. « T'es sûr que tu n'es pas possédé ? Ou que tu n'es pas le jumeau démoniaque de Jeremi ? » Je me hissais sur la pointe des pieds pour atteindre ton oreille, une fois mon but atteint, je te hurlais mes paroles à l'intérieur. Je glissais une main sur ta nuque et l'autre dans ton dos, m'accrochant à toi par la même occasion. Je me laissais porter par la musique et emporter par ses rythmes. Ressentant la pulsation de la musique se propager dans tout mon corps, je ne réfléchissais plus à rien, toute pensée, tout songe m'avait quitté. Il n'y avait que toi et la musique. « Je peux rien te promettre. C'est comme demander à un acrophobe de ne pas regarder en bas. Mais si tu te préoccupes tant de ton état physique, ils servent du café et des anti-douleurs au bar, autrement dit, pas moyen de m'abandonner avant les douze coups de minuit. » Autrement dit, tu aurais mieux fait de ne pas sous-estimer ma force de persuasion.
Spoiler:
« Je plaide coupable ! Vas-tu me brûler sur un bucher pour avoir réussi à te décoincer un peu ? » Un clin d'oeil à peine perceptible, je fis. Le monde est un grand bal où chacun est masqué disait Vauvenargues. Ce monde dans lequel nous substituons n'est qu'une vaste mascarade d'hypocrites. L'apparence est tout, la personnalité n'est rien. T'as beau être complètement stupide ou illettré, un simple masque de contenance est assez pour cacher des déficiences mentales. Et malheureusement, le commun des mortels ne va jamais plus loin que la première impression, le premier regard. Et paf, t'es catalogué alors que tu n'avais rien demandé. Dans mon cas, le masque que je portais en ce jour de réveillon reflétait l'image que je voulais donné, pas sûr qu'elle soit celle que les observateurs retiennent. Un masque doré d'insolence, cette texture froide et raide, rigide et poli, l'inaccessible j'étais. J'étais une courtisane à la peau d'albâtre, un sourire mutin aux lèvres et des boucles blondes transpirant l'innocence sur les épaules. Une multitude de masques, une multitude de faïences, de broderies, de perles, de fragrances, d'opulence tourbillonnait tout autour de nous. Et cette musique, reflet de la société, mixte, éthérée et recyclée. Les masques, les costumes, les danses, tout n'était qu'un amas de fausseté. Néanmoins, il y a du vrai dans le faux. Le vrai était peut-être toi et ton comportement « anormal ». Tu te libérais lentement des chaînes de la réserve, de la pudeur maladive. Comment est-ce ? Lorsqu'on se sent affranchi d'un poids moral, d'un fardeau psychique ? Comment est-ce lorsqu'on ne se pose plus réellement de questions, lorsque l'instinct humain prend le pas sur le questionnement incessant ? Je te regardais longuement en me demandant à quoi ressemblerait ton masque, celui que tu aurais porté si je t'avais pas mis celui-ci. Aurait-il la même apparence que celle que tu projettes aux autres, un masque de timidité imperméable et hermétique aux voluptés que la vie pouvait offrir. Peut-être était-il invisible, peut-être te cachais-tu derrière ce regard fuyant et ce sentiment de malaise constant ? Ta question rhétorique provoqua un simple hochement de tête, ras-le-bol de cette musique assourdissante et nulle envie de hurler pour dire un mot.
Et voilà que tu parvenais une fois de plus à m'arracher un haussement de sourcils. Tu comptais m'épuiser ? Bonne chance mon gars. Cependant, une impression étrange s'empara de moi lorsque tu me fis un sorte de rictus, si ce n'est un sourire maladroite suintant le mystère. Il est vrai, le nouveau Jeremi me plaît beaucoup, mais celui-ci me fait un petit peur. C'est alors que toi, petit être frauduleusement malicieux et surtout trompeur, tu t'évanouissais dans la brume. Si j'avais un don pour me faire remarquer, toi, tu avais une véritable qualité innée pour te fondre dans le décor, en tout bon réalisateur, ce qui ne me rassurait guère. J'avais suivi une piste, la tienne, qui se mouvait entre les invités. Je parvenais à te suivre. Jusqu'à ce que les choses se corsent, le rythme langoureux s'évanouit et une musique semblable au bruit strident de marteau piqueurs, aussitôt la foule dense se mit à sauter en rythme, j'étais face à une impasse, un mur de sauteurs frénétiques. Et je te perdis, plus la moindre trace. Puis s'ensuivit la partie agaçante du jeu de « cache-cache », vous savez, lorsque vous cherchez désespérément la proie et que vous ne récoltez que des échecs cuisants. Je m'égosillais une vingtaine de fois en tentant de te retrouver, agrippant tout ce qui faisait une demi-tête de plus que moi, portait un beau costume noir et dont le visage était camouflé derrière un masque noir. A peu près la moitié des invités masculins présents pour l'évènement. Les fois qui suivirent, je ne pris pas la peine de les appeler par ton prénom, non, j'arrachais simplement, et lorsque l'arrachage se soldait par un déboire, je m'enfuyais à toute jambes. Et puis, il eut un moment où l'effervescence des débuts, l'excitation des prémices et l'appréhension me quitta. Tout n'était plus qu'énervement et lassitude. Moi, mauvaise joueuse ? Sans doute, mais qui dirait sans sourciller qu'il aime perdre ? Vous voyez, personne. Je me laissais porter par la foule, ma robe se prenant dans d'autres, mes bras s'enlisant dans ceux de danseurs. Et après, je prenais un verre ou deux, le premier serveur qui déboulait dans la salle, je m'empressais de lui soustraire quelques flûtes de champagne. J'en avais peut-être bu une ou deux, espérant que tu me verrais et jugerais que le jeu s'était trop longtemps éternisé. Et non.
La musique défiait les décibels, plus que cette cage puant l'arrogance et l'alcool ne pouvait l'accepter. Les couples se faisaient et se défaisaient, pour un verre partagé, une danse ou un baiser dans une ambiance étouffante. Je traînais des pieds au milieu des quelques centaines - si ce n'est plus, d'invités à qui mes yeux s'accrochaient, analysant chacun d'entre eux avant de retomber. Tous étaient un peu plus âgée que moi mais cela ne me dérangeais pas, j'avais l'habitude. Après les soirées passées à cuver je-ne-sais-quoi dans des tenues improbables, un peu de simplicité me faisait du bien, en l’occurrence la simplicité pour moi se limiter à un bal masqué, un classique, un indémodable qu'on nous sert à chaque occasion et à chaque fête. J'analysais plus que je ne parlais, souriais de temps en temps lorsque quelqu'un me remarquait. Je te cherchais vivement du regard, sans succès. Un inconnu s'approcha de moi, avec son masque de clown pleurant, encore un classique. Mais ce masque me rappelait plus le Joker qu'un clown triste. L'inconnu tenta de me connaître mais surtout de se faire connaître. Il parlait plus qu'il n'écoutait mais cela m'arrangeait. Je regardais par-dessus son épaule, la piste noire de monde, noire de couleurs éclectiques, aveuglantes et criardes. Aucune trace de toi. Je hochais vigoureusement la tête lorsque le clown disserta sur le prix onéreux des plaisirs de la vie. Il me proposa un verre. Las de te chercher, j'acceptais. Et puis une idée me vint à l'esprit, puisque tu avais décidé de te jouer de moi, eh bien patiente dans un coin sombre, tu auras tout le temps d'y réfléchir à deux fois, la prochaine fois que tu me proposes un plan aussi bateau. Le clown dépressif leva un verre, et alors qu'il s’entrechoqua contre six autres, je remarquais toute une cour qui avait accouru à ses côtés, l'espace d'un instant d'inattention. Les gens m'étonneront toujours. Tous laissèrent tomber l’alcool au fond de leurs gosiers. Ils grimacèrent, certains s’essuyant la bouche d’un revers de main. Leurs vues étaient brouillées et leurs rires peu cleans mais ils continuèrent de danser, souriant. Ils reprenaient en cœur une de ses chansons débiles mais entrainante qu’on avait l’habitude d’entendre dans les soirées ou en boîte, encore plus remixé que la version originale. Je les regardais perplexe. Ils se mirent à discuter de leurs vacances de Noël, au secours, je disparus aussitôt.
La chaleur devint étouffante dans la salle principale, les couleurs dansaient devant mes yeux. Je m'engouffrais dans les escaliers. Des gens parlaient autour de moi, j'avais l'impression qu'ils hurlaient, ma tête va exploser, j'avais fortement envie de tous les tuer. J'avais besoin de silence. Cette cacophonie me rendait folle, désagréable mélange disgracieux de la musique trop forte et de ce flot affreux de paroles humaines. J'avais envie de me taper la tête contre les murs. J'avais mal, mes tempes tambourinaient. D'un geste, j'ouvris la porte menant au toit, l'air frais me fouetta doucereusement le visage, à travers les fentes de mon masque. Mes cheveux flottaient au gré du vent, et mes mains qui tenaient difficilement une bouteille de champagne entre mes mains gantées. Je respirais, enfin, l'oxygène pure s'immisçant dans mes narines, mes oreilles endolories et ma bouche. Je relevais la tête, et vis une silhouette familière dans mon sillage. La tienne. Ainsi tu te cachais là ?
« Je savais que tu viendrais ici. C'est de loin le meilleur endroit de tout Londres pour observer le feu d'artifice de fin d'année. » Ma fierté m'empêchait de dire toute la vérité, et d'un air faussement nonchalant, je te rejoignais sur le rebord du toit, qui offrait un petit balcon de brique. Une vue sur le Big Ben, le Tower Bridge et la Tamise, magnifique et magique, qui rayonnait spécialement pour le 31 décembre. « Tu en veux ? » Je te tendais la bouteille de champagne que j'avais réussi à subtiliser, après quelques oeillades appuyées au barman.
Dernière édition par Gabriel Urie le Lun 23 Jan - 22:09, édité 6 fois
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Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:24
Because You Worth It
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Je me suis pris une raclée. Une de plus, une de moins. La sensation était bien connue. C'était une bouffée de chaleur, de quasi bien-être. Non, de bien-être. C'est fou tout ce qu'une volée de coups peut provoquer. A vrai dire, K. aime d'avantage ce genre de chose que moi; le côté torturé et tout... Trop de facilité, de douleur, de plaisirs malsains. Mais de temps en temps, ça ne faisait pas de mal. C'était une raclée de plus, c'était une habitude de plus que j'avais prise à la même époque que celle de l'impertinence.
Le meilleur, c'était l'affreuse descente qui pouvait suivre. Le meilleur, c'était le pire de l'histoire. Un peu comme toutes les descentes, comme les crises de manques pour les drogués. Le pire était toujours le meilleur dans un programme d'autodestruction.
Je sais que K. aimait le fantasme que je lui renvoyais, l'illusion de l'écorché vif. Mon sourire débile, elle aurait voulu qu'il soit réel. Dans ces moments-là, elle aimerait certainement que mes mains dans ses cheveux soient affectueuses, que ma bouche sur la sienne soit d'avantage qu'une caresse, que mes paroles aient un sens. Pourtant elle le sait, elle le sait que tout ça n'est qu'une pause, un entract que je m'accorde pour une nouvelle bouffée d'air vers la souffrance.
Le meilleur dans tout ça je vous disais, c'est le retour en pleine face de la réalité, l'impact, le choc. Une réalité comme la mienne, ça ne pouvait que donner une mauvaise descente... Vous savez, lorsque le tourment devient insoutenable, vous déchire l'être, vous éclate la peau, vous savez, lorsque vous vous dites « Pourquoi je me suis mis dans cette merde ? ». Si il n'y avait pas toutes ces conneries que je pensais dans ces moments là, la flemme et l'apaisante sensation d'un corps imberbe de toute affliction n'auraient pas suffi à m'en empêcher.
De toute manière, l'autodestruction, vous trouvez ça sexy. Je le sais, peut être que c'est ça qui a plus à K., ce côté âme chaotique. Pourtant je n'ai pas fait exprès, je n'ai pas demandé à devenir ce putain de cliché. Avant, à l'époque c'est vrai que j'ai pu en jouer. Le côté génie un peu trop porté sur l'apitoiement et les ennuis, ça attirait, le prodige maudit. Il fallait bien y trouver un avantage et c'était bien le seul.
Ses clichés et tout ça, c'est certainement la pire chose. Ça vous bouffe de l'intérieur, ça barricade votre originalité, ça détruit votre motivation. La vérité, c'est que ça vous lasse et ça vous blase. Vous vous retrouvez emprisonné dans un délire que vous ne souhaitez même pas suivre, on vous y oblige, on choisit pour vous. Suivez le mouvement, allez-y, rejoignez la loi du talion, vieille comme le jour et usée comme la nuit, plongez dans l'océan rouge pourpre. Acceptez, endurez, redemandez. Gavez-vous. Ou bien refusez. Refusez, petits rebels à deux balles vous les ferez sourire, vous serez ce pauvre cliché que l'on aime tant. Comme le dit si bien Beigbeder (c'est peut être le fait d'avoir parlé de tête à claques qui me fait penser à lui), “ Tout est permis, personne ne vient t'engueuler si tu fous le bordel. Le système a atteint son but : même la désobéissance est devenue une forme d'obéissance”.Voilà, tout était dit. Une fois que vous l'aviez compris et assimilé, le constat était piètre. Je sais que c'est ça qui a amené K. ici, c'est le constat de ce vide, de cette connerie. De toute manière, vous finirez tous dans un coin de trottoir comme le mien. Rongé par la culpabilité des drames ou bien étouffé par la terrible course du vide. Vous finirez comme nous... Ou vous fermerez les yeux. Jouez le jeu, c'est abrutissant mais si la souffrance vous fait peur, c'est certainement la meilleure solution. Fermez les yeux, avalez leurs idioties, uniformisez-vous, arrêtez vos idées, entrez dans le moule, acceptez leurs mensonges. Pour les plus rétissant ne vous en faites pas, l'oeil au beurre noir est à la mode et les petites pimbêches ont des décolletés ' God save the queen - sex pistols ' ou portant le logo des Rolling stones parce que c'est à la mode, la révolte fait jolie, la petite pègre rend attractif je vous dis. Surtout lorsque les petites pimbêches ne savent pas qui est Mick Jagger, non vraiment, ça fait vraiment joli.
À penser de cette manière, réfléchir; j'avais l'impression que K. déteignait sur moi. J'avais arrêté de penser à ce genre de chose, arrêté de regarder derrière ma fenêtre. Elle et ses idées, elle et son besoin de les exprimer. Elle vous fouttait vraiment le cafard si vous n'aviez aucune envie de parler de tout ça. Parce qu'elle vous y obligeait. Quand je vous dis que la liberté ça n'existe pas, même avec K. c'est le cas. Surtout avec K. Il n'est plus question de liberté depuis longtemps lorsqu'on est aux pieds d'un ange. Et cet ange là, tout ce qu'elle voulait c'était que vous ouvriez les yeux. Elle n'avait pas de solution puisqu'il n'en existait pas. Elle vous demandait juste d'être conscient de tout ça, c'était vraiment la moindre des choses.
Je n'avais même plus envie de ce goût sang dans la bouche, je crois qu'en fait ce n'était pas la nuit à changer les habitudes. En plus K. dormait et chercher les embrouilles tout seul, avec la lèvre en sang et des petits bras étriqués c'était carrément pathétique. Alors comme à chaque fois que mon corps trouvait encore la force de se déplacer, je l'observais en me maudissant; me détruisant jusqu'à tomber au sol. Comme toutes les rares fois où je tenais encore debout, je regardais un ange dormir. J'avais appris que la rue sale allait vraiment bien à sa pureté.
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En fermant les yeux, j'arrive à sentir le vent du bord de la Tamise et la brume de l'aurore. La houle se lève à peine et les premières vagues répondent en écho aux appels des bateaux s'éloignant du port. Les lumières du phare glissent doucement sur ma peau et je suis serein. Libre car échappé, perdu à jamais sur le sentier du repos. Tout est calme et seul le chant enivrant et mystérieux des sirènes souffle au loin. La culpabilité a desserré son étau autour de mon cœur et mes pensées sont dans le coma de la mer noire. « Et toi, qu'est-ce qui t'amène par ici ? » Un sourire imperceptible creuse un sillon doré sur ma mâchoire. « La liberté, sans doute, moins théorique et plus pratique qu'autre part ailleurs. » Je lève les yeux vers le ciel, mes pupilles s'évadent dans la voûte céleste. Doucement, le zéphyr effleure mes joues rosées par le froid et une parcelle de mes mains, sortant légèrement de mon jean. Les nuages sont jolis quand ils sont blancs, pourpres, noirs. J'aime les nuages chargés de pluie par les vents violents. Les nuages, à l'aube, sont d'abord encore sombres, de l'obscurité de la nuit, puis, peu à peu, s'éclairent et deviennent des flocons blancs ou roses. Cet aspect changeant est ravissant. « Et qu'est-ce qu'un gosse comme toi fout ici ? » Je hausse les épaules. « J'suis pas un gosse. » Hostile, mon regard se fait inquisiteur, du venin à l'état brut s'injectant dans mes billes sombres. « Ouais.. Qu'est-ce tu fous ici, le mioche ? » Je fronce les sourcils, je n'aime pas ça. Sous prétexte que nous ne dépassons pas le mètre soixante-dix et que notre pantalon est mal coupé, sommes-nous obligatoirement des enfants. L'enfance est un état mental, on se sent enfant, on est enfant. L'enfance n'agit nullement sur l'apparence physique. Seule la stupidité humaine peut supposer de pareils critères. Hélas, stupidité humaine me regarde, l’œil vif et avide de savoir. Qu'il y a-t-il de si fascinant, percutant dans ma simple personne ? Est-ce si dérangeant qu'un jeune homme de seize ans blanc comme neige, vaporeux, puisse trouver racine dans les trottoirs sales et le macadam puant. La liberté, c'est la rue. « J'erre. » Errer, terme efficace pour décrire mon mode de vie. Marcher çà et là, au hasard, sans réelle but, sans réelle motivation, sans réel questionnement. Seul la contemplation des nuages et l'observation des étoiles parvenaient à attraper mon intérêt éphémère, à capturer mon regard fuyant. « T'erres hein, ça te dit de rejoindre ma bande ? » Bande ? Petit groupe de personnes, encore un reflet de la société du monde. Ils se croient malins, à vouloir refaire le monde en huis-clos, mais, au fond, c'est juste que des gens, encore des gens, qui errent ensemble juste parce que deux ou trois trucs les rassemble. Dans mon cas, c'est le fait que je trouve en la rue un logement stable et sécurisant. « Ça me dit rien. » C'était là tout, tout ce qu'il y avait à dire, tout ce que je trouve à dire. Je n'aime pas m'épancher sur une réponse, j'aime en dire pas assez, laisser les phrases en suspens dans le temps, l'espace, les esprits, conserver les non-dits, et surtout projeter le reste du flot de mes paroles, là, dans ma tête, là où ils trouveront leur bonheur, plutôt qu'en dehors de la barrière de mes dents, plutôt que dans l'oreille d'un autre. « Tu vas le regretter, mec. » Ça risque pas, les probabilités que tu me retrouves au même endroit, un autre jour, sont aussi minces que l'apparition d'une éclipse solaire dans le même mois. Lorsque tu auras le malheur de te retourner, j'aurais disparu, telle une seconde de la vie, rapide, insaisissable et terriblement fugace.
[ ... ]
Une odeur de savon. Louche. Soit c'était l'odeur d'un passant un peu trop propre, soit j'avais du mouron à me faire. J'ouvrais les yeux et des mains m'attrapèrent les bras comme les jambes. La rue, c'était dangereux. Pas plus que les prisons ou un repaire de la mafia, mais dangereux quand même. Des boucles brunes frottèrent mes joues rougies et un regard implacable accrocha mes yeux. Et merde. Je tentais de me débattre, en vain. Certes, on pourrait me qualifier d'intellectuel supérieur mais bizarrement, ça me rend prétentieux auprès des autres, alors que ce n'est que la stricte vérité, mais, on pouvait également me qualité de sportif inférieur, et de loin. Dame Nature avait concentré sa bonté sur ma boîte crânienne et tout ce qui était en dessous n'était qu'un amas de chair molle et flasque qui se tordait à foison sous les sévices corporels et la peau chaude. Et pourtant, je me débattais comme un diable, j'essayais de fuir l'inévitable. « Si tu crois que tu peux rivaliser avec Hank et moi, je te conseille d'abandonner, mon petit. » Je m'affaissais, vaincu, avant même d'être entrer dans l'arène, je me laissais faire. Après tout, pouvais-je réellement rivaliser avec des militaires ? Je suis pragmatique, je n'ai pas la moindre chance avec un pingouin unijambiste, alors la lutte ne servait nullement à rien. Toute force avait quitté mon corps, toute faiblesse l'avait emplit. L'impuissance est le pire des maux.
Franchement, je me sentais mal. Mal parce que finalement, tout ce que j'avais fait, entreprit et accomplit venait de s'effondrer à l'instant où mon oncle et ma tante m'avait mis la main dessus. Tout. Pourtant, mon plan n'était que brillance et calcul. S'enfuir un jour de réunion d'anciens militaires. Prendre le train à l'oeil. Disparaître dans les grandes rues de Londres et se déguiser en mendiant. La naïveté n'a aucune frontière. Quand je regarde le ciel, je me demande toujours jusqu'où ça va, s'il y a une fin. Combien de milliards de kilomètres il faudrait faire pour en voir le bout. Je crois que c'est un peu comme la naïveté, quelque chose d'abstrait qui au fond n'est qu'un objet concret.
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J'étais dans un bain. Rares étaient les bains que mon corps a pu sentir. J'ai toujours eu peur de prendre des bains. Non pas que j'ai une fascination malsaine pour les mauvaises odeurs et la saleté. Non, je ne pense pas. Disons plutôt que la sensation de pouvoir être emporté par l'eau, submergé par les bulles. Me laisser immergé par quelque chose, même si sa nature n'était qu'un corps chimique. Quand on reste dans un bain trop longtemps, on a les doigts tout fripés. J'ai lu l'explication dans un livre : la couche supérieure de notre peau, l'épiderme, absorbe l'eau, se dilate, et fait des plis. Nous n'étions que des éponges. Et dans mon cas, il n'y avait pas que mon corps qui était spongieux. J'absorbe tout, tout le temps. Les coups, les souffrances, les déceptions et le désespoir. Une fois pressé, l'espoir, la félicité, la force s'échappaient à grosses gouttes, il ne restait plus rien qu'un truc troué et affaissé ne contenant plus que la substance néfaste dont il s'était gorgé. De toute façon, j'étais prédestiné à être une éponge. La faute à mon patrimoine génétique douteux. Que voulez-vous ? Une mère agoraphobe et un père dépressif, ça ne fait pas toujours bon ménage, et je dois admettre que si on omettait ma forte attirance pour le danger et les ennuis, j'étais à peu près ordinaire. J'avais passé les premières années de ma vie dans une parfaite insouciance, l'insouciance des prémices, pleine d'avenir et de promesses. Et puis, voilà que j'étais devenu un grand frère. Je devais m'occuper d'une espèce de gnome de trente centimètres, sentant la douceur brûlante de l'été et les relents des égouts, tout un art. Et voilà qu'il est mort. Il n'avait pas survécu, mort parce qu'il était trop faible pour survivre. Depuis, plus rien n'avait été pareil. Mon père s'enfermait dans sa chambre, sous prétexte qu'il écrivait le grand chef d’œuvre de sa vie, alors qu'il remplissait de larmes son bureau. Ma mère avait peur de sortir, Nathanael, feu mon petit frère, était décédé à cause d'une infection respiratoire. Il était mort sur le chemin du retour, à l'extérieur de la maison. Dès lors, franchir la porte s'était relevé pour ma mère, franchir la porte des Enfers. J'avais aussi mes peurs. Peur de finir comme mes parents, engloutis par quelque chose de plus grand qu'eux : leurs propres peurs qui avaient décuplé après la mort de mon petit frère. J'avais peur de ne pas savoir faire face à quelque chose, à ne jamais trouver de réponse. Ça peut semble bête de prime, mais une question ne peut pas, parfois, trouver. Et c'est fichtrement angoissant. Imaginez, un million de milliards de questions, sans réponses, vacantes, sans réelles raisons d'exister ni d'être posées ou même pensées. Que serait la vie si elle demeurait une énigme pour les Hommes ? Bien sûr, ils ont leurs sectes, leurs croyances et leurs sciences pour penser à leur place, les rassurer. Mais moi, j'ai quoi ? Une marge de confort, qui se situe à peu près entre le masochisme et l'auto-destruction. Mais j'avais quelque chose au moins.
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La vie au camp Reynolds était un cataclysme, un mélange de Coca Cola et de Mentos, une bombe nucléaire sur un tremblement de terre, peut-être même l'apocalypse, mais il y a toujours pire dans la nature, comme meilleur. Le camp Reynolds était le nom qu'avait donné mon oncle et ma tante pour leur maison. C'était un sorte de grand bungalow, sans la piscine, le jacuzzi et la pelouse verte. Non, juste de la boue et du sang. Classique pour des militaires. On apprenait là-bas à devenir des hommes, des vrais. J'étais convaincu d'en être un, et pas parce que mon nez s'était tellement cassé qu'il avait perdu sa forme initiale, non, simplement parce que d'un point vu métaphysique, j'avais toutes les caractéristiques d'un homme sorti de la puberté, mais un homme quand même. Et même si je me tuais à l'expliquer à Oncle Hank et Tante Fiona, ça revenait à faire comprendre à un daltonien la différence entre le rouge et le bleu. Inutile puisqu'ils ne pouvaient pas comprendre. La seule conséquence de leur ignorance était mon brusque changement de vie. La culture du sport et du meurtre patriotique n'étaient pas franchement mes domaines de prédilections, et si Oncle Hank et Tante Fiona n'ont pas abandonné le cas irrécupérable que j'étais, c'était sans doute parce que je comptais mieux que les autres, à défaut de les rattraper à la course d'obstacles. Mais bon, ainsi est la vie. Le camp Reynolds proposait aussi des cours, fourni par Fiona, je n'étais plus aller à l'école depuis mes sept ans, et dès lors, je n'avais plus connu que les enseignements douteux de ma tante. J'avais eu pour seuls camarades de classe mes cousins, les rejetons ayant prit, pour la plupart, toutes les caractéristiques qui me faisait grincer des dents chez Hank et Fiona. Le côté soldat pré-fabriqué, les convictions réductrices et faciles et cette manie qu'ils avaient de mettre l'activité sportive sur un piédestal. Pourquoi m'être enfui ? J'hésite entre un simple caprice, une saute d'humeur ou un profond désespoir. Peut-être un peu des trois. Mais bon, c'est pas comme si c'était la première fois. La septième à dire vrai. Et ils ont persévéré, en bons bourreaux qu'ils sont.
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Je suis un goujat. C’est ce que tout le monde dit, c’est ce que tout le monde pense, ou presque. Je suis un goujat parce que n’aime personne, n’aime rien, à part me perdre dans des réflexions oscillant entre des réflexions mathématiques ou philosophiques. Enfin c’est l’impression que je donne. Je noie mon interlocuteur dans mes questionnements internes, complexes et incompréhensibles. Et, lorsque je suis de mauvais poil, je ne prends pas la peine de répondre, ce qui me rend automatiquement arrogant, dans l'imaginaire collectif. Mais bon, je me fiche bien de ma mauvaise publicité, les gens ne sont pas obligés de me supporter, alors quelle importance ? Je pense que tout est éphémère, tout, absolument tout. Les gens, la vie, l'amour, la haine, les envies, les dégoûts, les craintes, les acquis, les regrets, les remords. Car au final, tout fini par s'envoler, par disparaître avec notre enveloppe charnelle. Notre essence, notre esprit, nos convictions, nos retranchements, tout fini par s'enfuir, au loin, à l'infini, quelque part, peut-être au Paradis, pour les théoriciens, peut-être nulle-part pour certains, ou peut-être rien du tout, simplement parce qu'on y a pas penser ou qu'on ne veut pas y penser pour d'autres. J'avais revu K. Dans la même rue où l'on s'était rencontré, lorsque j'étais égaré dans les tréfonds de Londres, la mine jaune et l’œil violet. Elle était toujours là, dans la rue, à n'attendre qu'une chose, que ses jours cessent. Moi, j'avais toujours mes peurs. Au fil du temps, je m'étais habitué au camp. Oncle Hank voulait m'enrôler dans l'armée, j'ai fui, pour changer un peu. J'avais dix-huit ans, j'étais majeur. Qu'ai-je fait ensuite ? J'ai erré, encore et encore. Je n'avais jamais eu de réels repaires. Hank et Fiona étaient bien sympathiques mais ils ne restaient que l'oncle et la tante, diamétralement opposés à moi d'un point de vue moral. Nous n'avions pas les mêmes conceptions de la vie et je préférais encore être livré à moi-même plutôt qu'à eux, car je finirais par me laisser convaincre, au bout du compte. J'avais une part, en moi, extrêmement influençable. Même si elle était profondément enfouie en moi, qu'importe elle existait, perdurait et me narguait. Je crois qu'à un moment donné, je me suis rendu compte que tourner en rond ne m'avancerait à rien. Alors, je me suis lancé dans le doublage. C'était facile et accessible. A une époque lointaine, celle où mes narines s'emplissaient encore de senteurs enfantines, on m'avait diagnostiqué " précoce ", un mot comme un autre pour dire " futur génie ". Foutaises. Je n'ai jamais voulu développer quoi que ce soit. Plutôt m'enfermer dans la médiocrité. Tout ce qui me tentait réellement. Faire semblant de se battre, se fondre dans un costume, prendre la place de quelqu'un d'autre, c'était une abstraction intéressante.
[ ... ]
Je suis la névrose putride de notre lassitude, je suis le cancer qui suce chaque goutte de tes lèvres, je suis la rancœur de ton âme et le vide entre tes reins. Je suis l'absurdité de ton être et la moisissure de notre espoir. Je suis l'épine de la rose sur ton cercueil et la fin de l'aube d'un autre jour. Comme la gangrène à ton cœur, mon souffle froid aspire tes soupirs. Je suis l'enfer noir venu de l'est et mon nez sniffe la neige de mon pays. Ma peau blanche vire au gris et ta peau fraiche contre la mienne est un supplice. Je me fiche d'être en vie tout comme vous vous fichez de votre dernière cigarette. Je me fiche de vous et le monde pourrait bien exploser demain qu'il ne susciterait chez moi qu'un sourire. Je ne veux pas aller mieux, à quoi est-ce que cela servirait ?
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Δ « I hurt myself today to see if I still feel I focus on the pain. The only thing that's real. The needle tears a hole. The old familiar sting try to kill it all away but I remember everything what have I become? My sweetest friend, everyone I know, goes away in the end. »
Dernière édition par Gabriel Urie le Ven 3 Fév - 23:00, édité 4 fois
Lets Talk About Love: Fuck love... all it will do is fuck you over in the end.
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Mood: Fuck off
Tell Us Relationship: Age du personnage: Proposition de sujet :
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:34
Mateus Rebienvenue et bonne chance pour cette nouvelle fiche
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You want to walk on my side I'm the devil in disguise That's just the way that it goes I guess you didn't know Keep me high, Keep me low I don't want to tell you where I've been Owen Campbell - High/Low
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Mood: Proud
Tell Us Relationship: Age du personnage: 22 years old Proposition de sujet : 2/2 (off)
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:39
(Re)Welcome sur RR
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You've got connections, I've got the art, you like attention and I like your looks. And I have the style it takes and you know the people it takes. Why don't you sit right over there we'll do a movie portrait. I'll turn the camera on And I won't even be there a portrait that moves, you look great I think.
``I spit my faith on the city pavement... To keep a smile
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Crédits: Miss Turner (avatar) & fycrackships/alx (gifs)
Lets Talk About Love: And I don't want the world to see me 'Cause I don't think that they'd understand When everything's meant to be broken I just want you to know who I am
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Mood: Sick
Tell Us Relationship: Age du personnage: 24 ans Proposition de sujet : Closed
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:46
Excellent choix d'avatar J'ai hâte d'en savoir plus sur ce personnage ! Bonne continuation pour ta fiche
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You make me feel so divine Your soul and mind are entwined Before you I was blind But since I've opened my eyes And with you there's no disguise So I could open up my mind. So I put away the fight Now I'm gonna live my life Giving you the most in every way.
Playlist: David Bowie - Five Years, T-Rex - Children Of The Revolution\ David Bowie - Starman\ Owen Campbell - High/Low\ Jeff Buckley - Lover, You Should've Come Over\ The Clash - I Fought the Law\ The Connels - 74'75'.
Mood: annoyed
Tell Us Relationship: Age du personnage: 22 ans Proposition de sujet : ON
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:54
Il est matheux, Mateus?
Bonne chance pour cette nouvelle fiche, comme Owen, hâte de découvrir ce perso
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It's the weight of the world I know As I struggle to be whole It's the weight of the world I know As you are mine and we will find Owen Campbell - Weight Of The World
Lets Talk About Love: Forever is a long time but i wouldn't mind spending it by your side ♥♥
Playlist: Here comes the sun - The Beatles / Teeth - Jackie Williams / Wonderwall - Oasis / Ironic - Morten Bluz / In the waiting line - Zero 7 / #1 Crush - Black Stones / Us - Regina Spektor / Aya - Owen Campbell / Stop crying your heart out - Warning Sign
Mood: Confused
Tell Us Relationship: Age du personnage: 22 ans Proposition de sujet :
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 22:59
Rebienvenue ici!! Bon choix d'avatar Et bonne chance pour cette nouvelle fiche!
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Home, let me come home, Home is wherever I'm with you. ♥♥
Crédits: AMERICANO ( avatar ) Tumblr ( signature )
Lets Talk About Love: Humphrff.
Playlist: Artic Monkeys ; Augustana ; Cobra Starship ; The Libertines ; The Doors ; Muse ; Nine Inch Nails ; Coldplay ; Radiohead ; Sum 41 ; Secondhand Serenade ; Lifehouse ; Kings of Leon ; Velvet Underground ; The Drums ; The White Stripes
Mood: Mood ?
Tell Us Relationship: Age du personnage: Proposition de sujet :
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 23:02
Merci à tous pour l'accueil ^^
Okay Brandon, j'ai un humour tordu parfois qu'on doit comprendre à l'envers, en zig-zag, en diagonale... Mais non, les jeux de mots et moi : Nein ! Ca a un rapport avec mon personnage et non Mateus, mais la comparaison était fine Histoire de mettre un peu de suspens, je dois dire que de tous les personnages que j'ai créé et interprété, celui-ci est mon petit chouchou, mon favori, mon préféré
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Δ « I hurt myself today to see if I still feel I focus on the pain. The only thing that's real. The needle tears a hole. The old familiar sting try to kill it all away but I remember everything what have I become? My sweetest friend, everyone I know, goes away in the end. »
Playlist: David Bowie - Five Years, T-Rex - Children Of The Revolution\ David Bowie - Starman\ Owen Campbell - High/Low\ Jeff Buckley - Lover, You Should've Come Over\ The Clash - I Fought the Law\ The Connels - 74'75'.
Mood: annoyed
Tell Us Relationship: Age du personnage: 22 ans Proposition de sujet : ON
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 23:13
LOL, j'aurais essayé xD Ooooh, va falloir piquer souvent pour voir l'évolution de la fiche alors et en savoir davantage
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It's the weight of the world I know As I struggle to be whole It's the weight of the world I know As you are mine and we will find Owen Campbell - Weight Of The World
Playlist: Beady Eye - Four Letter Word, Bob Dylan - Hurricane, Placebo - This Picture, Placebo - Post Blue, Warning Sign - Falling Down, Radiohead - Karma Police, The Who - My Generation, Owen Campbell - Aya, Owen Campbell - The Line (Album)
Mood: Busy
Tell Us Relationship: Age du personnage: 25 YO Proposition de sujet : Pause
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 23:32
Rebienvenue
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Slip inside the eye of your mind Don't you know you might find A better place to play You said that you'd never been But all the things that you've seen Will slowly fade away
Playlist: Bob Dylan - Blowin' in the Wind, The Clash - Rock The Casbah, Kaiser Chiefs - Every day I Love You less and less, Gnarls Barkley - Crazy, Kitchens of Distinction - Breathing Fear, David Bowie - The Man Who Sold the World, Black Rebel Motorcycle Club - Rifles, Owen Campbell - The Line (L'Album), REM - Losing My Religion
Mood: lost
Tell Us Relationship: Age du personnage: 26 ans Proposition de sujet :
Sujet: Re: Ϟ MINE IS APOCALYPSE Dim 22 Jan - 23:41
Rebienvenue, bon courage pour ta fiche
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The summer sun It blows my mind It's falling down on all that I've ever known Time to kiss the world goodbye Falling down on all that I've ever known Is all that I've ever known