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Mood: need a break
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Sujet: Be not afraid of greatness Sam 5 Nov - 16:53
Janice & Kieran National Theatre, Bank South
"Be not afraid of greatness: some are born great, some achieve greatness and some have greatness thrust upon them". Twelfth Night : Act II, Scene V.
Alors comme ça tu es de retour sur les planches de théâtre ? Kieran n’était même pas surpris que sa sœur soit déjà au courant de la nouvelle. Il avait discuté avec son grand frère, il y a très peu de temps et lui avait fait part de ce projet. Et bien sur, quand il informait James de quelque chose, dans la seconde suivante Aileen le savait également sans que Kieran n’ait à l’appeler. Rien de ce qu’il pouvait dire à l’un ou l’autre ne restait secret bien longtemps. Et dans le fond ce n’était pas un problème. Il avait grandit avec cette habitude. James et Aileen avait toujours étaient très proches l’un de l’autre, James assurant le rôle du frère protecteur avec conviction envers la dernière de la famille. Kieran était le plus distant des trois. Il ne voyait pas très souvent son frère ou sa sœur alors que eux deux vivaient quasiment l’un à côté de l’autre. Dire quelque chose à l’un, c’était le dire au deux en même temps. « Oui, il semblerait bien » répondit-il à sa sœur avec un ton prudent. « Ha mais c’est trop génial. Dans du Shakespeare en plus ! Tu nous réserves des places pour la première hein !! » L’enthousiasme d’Aileen arracha un sourire à Kieran. Il pouvait faire n’importe quoi, elle était toujours là à dire que c’était formidable, du coup il savait qu’elle n’était pas son meilleur baromètre pour l’aider à analyser si une de ces décisions étaient bonnes ou non. « Promis. Heu Aileen, je suis désolé mais il fut que je te laisse. On m’attend là. Je te rappellerai bientôt » Kieran aurait bien poursuivit la conversation avec sa sœur un peu plus longtemps, mais n’étant pas chez lui il n’était pas à l’aise de discuter ainsi. Et puis il sentait le regard du metteur en scène sur lui qui attendait qu’il mette un terme à sa conversation. Il raccrocha donc et rejoignit ce dernier là où il l’avait abandonné quand son téléphone sonna. Les deux hommes reprirent leur conversation là où ils l’avaient abandonné. Ils discutaient principalement de la pièce dans laquelle ils allaient à nouveau collaborer. Peter, le metteur en scène était une personne que Kieran connaissait depuis un bon bout de temps maintenant. Il avait fait plusieurs de pièces ensemble avant que Kieran ne décide de ne se consacrer qu’à la technique. Une décision accepté par l’homme mais il ne cacha pas sa déception. Alors quand il entendit que Kieran avait recommencé à jouer, il sauta sur l’occasion pour lui proposer un rôle dans une nouvelle adaptation de la pièce « Twelfth Night, or What You Will ». Il tenait à ce que Kieran prenne le rôle d’Orsino. Le comédien fut un peu hésitant au début mais ses longues discussions avec Peter et l’expérience de ce dernier le convainquirent et il accepta. Maintenant, le tout était de rassemblait le reste du casting et des techniciens.
Un nouveau coup de téléphone interrompit leur conversation mais cette fois-ci ce n’était pas un appel pour Kieran mais plutôt pour Peter. Le metteur en scène s’isola un court instant, et revint très agité. Il s’excusa auprès de Kieran en lui annonçant qu’il devait partir pour la simple et bonne raison que sa fille était en train d’accoucher. Avant de quitter les lieux, il prit tout de même le temps de demander une faveur à Kieran. Il avait donné rendez-vous à une des comédienne qui avait casté pour le rôle de Viola dans le but de l’informer de son choix mais ne pouvant pas l’accueillir, il demanda à Kieran de le faire à sa place. Ne voulant pas contrarier le futur grand-père dans un tel moment, Kieran accepta et lui assura qu’il pouvait partir l’esprit tranquille. Le problème c’est que le jeune homme dans son accès de bonté oublia de s’informer sur l’heure du rendez-vous prévu. Il n’ignorait donc pas s’il avait cinq minutes à attendre ou si cela dépasserait l’heure… Sa première initiative fut de sortir quelques minutes pour fumer une cigarette et quand il retourna dans la salle principale du grand théâtre, il fut surpris de réaliser qu’il n’était plus tout seul. Une silhouette errait d’une façon un peu incertaine du côté de la scène. Kieran reconnut la personne en question, il l’avait rencontré lors des phases de casting. C’était elle à qui il devait annoncer le verdict du casting. Il avança silencieusement vers elle et quand il fut plus qu’à quelques pas, il se manifesta de vive voix en l’interpellant :
- Janice, c’est bien ça ? Peter a du partir en urgence, il m’a demandé de d’attendre ici.
Kieran se souvenait bien de la jeune actrice. Lors des castings des autres rôles il avait été présent et donnait la réplique très souvent aux candidats. Pas à tous mais à une grande partie. Il avait joué avec la demoiselle présente aujourd’hui et c’était la prestation qu’il avait préférée. Cependant comme il n’avait pas eu l’occasion de voir tous les candidats, il ne savait pas si le metteur en scène avait porté son choix sur elle jusqu’à qu’il en l’informe il y a quelques minutes.
- Je ne sais pas si tu te souviens de moi, je suis Kieran, je jouais Orsino lors des castings…
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Lun 7 Nov - 16:29
Kieran Webster & Janice McAndrews.
Le rendez-vous avait été convenu au National Theatre, à South Bank, l'endroit même auxquels les casting s'étaient déroulés. C'était durant ce matin même que Janice avait pris l'appel qui l'avertissait de cette rencontre. Il s'agissait de Peter, le metteur en scène en personne, qui lui avait demandé de se rendre sur les lieux, pour lui rendre compte du résultat de sa prestation. En effet, il y a de cela quelques jours, la jeune américaine avait postulé pour l'un des personnages de sa prochaine pièce, une reprise de Twelfth Night. C'était d'ailleurs la comédie de Shakespeare que Janice préférait, elle en connaissait les répliques par cœur, même. Elle s'était donc présenté devant ce fameux Peter, récitant quelques morceaux, jouant le rôle énigmatique de Viola. Avant de quitter le théâtre, elle lui expliqua que c'était ce dernier qu'elle désirait incarner. Ce dernier, et non pas un autre. Car même si Janice était assez jeune, elle savait ce qu'elle voulait. Elle lui dit donc que s'il ne souhaitait pas lui confier le rôle de Viola, il n'était pas la peine de lui demander d'incarner un autre personnage. Sans doute devait-elle passer pour une gamine capricieuse, mais cela lui importait guère. Au fond d'elle, elle savait pertinemment qu'elle n'était pas ce genre de fille, ces divas qui demandent qu'on leur décroche la lune, et qu'elle ne le serait jamais. C'était bien la première fois qu'elle avait ce genre d'exigence. Et si jamais cela ne plaisait pas à Peter ou à qui que ce soit, elle n'en mourait pas.
Durant toute la matinée, Janice avait fait les cent pas ; elle était anxieuse. Ce fameux appel avait eu un effet dévastateur sur elle, qui s'était efforcée durant les derniers jours, à ne pas laisser de place au stress, et à reprendre le fil de sa vie. Elle avait donc fait ce qu'elle avait l'habitude de faire, c'est à dire ; se rendre à son cour de comédie, postuler au casting intéressants, et rester confinée chez son frère, Jared. Les sorties de Janice étaient, effectivement, plutôt rares. Elle se contentait de se confronter au monde extérieur que lorsque cela s'avérait nécessaire. Toutefois, lorsque certains de ses proches lui demandaient de se rendre à tel endroit en leur compagnie, elle ne pouvait refuser. Elle allait donc quelques fois voir Logan, par exemple. Les locaux de l'entreprise Fender étaient sa seconde maison. Souvent, l'américaine restait pendue au téléphone, en conversation avec sa mère. Même si elle parlait peu, et laissait sa génitrice lui raconter toutes les nouvelles de New-York. D'ailleurs, cette dernière avait l'habitude de la tendance de sa fille à être taciturne, cela était donc tout naturel pour elle d'entretenir la majeure partie de la conversation. L'Amérique, New-York manquait à Janice. Et pour l'instant, Londres ne la consolait guère. Elle détestait la capitale. Si elle aurait eut le choix, sans aucun doute serait-elle restée dans sa ville natale, dans la maison de la famille, à vivre tranquillement. A Londres, les journées étaient longues, et ennuyeuses. Janice y abhorrait tout ; les bâtiments, les rues, les gens, le ciel. Ce n'était pas dans sa nature de broyer du noir ; mais elle s'y sentait déracinée. La seule chose qui l'enjouait un tant soit peu, c'était le théâtre. Lorsqu'elle jouait, Janice se sentait bien, vivante. Elle oubliait ses problèmes ; son mal du pays, son asociabilité, la raison de son exil. Elle souhaitait être confrontée le moins possible au reste de la population, ne se sentant pas prête à rencontrer qui que ce soit, ou à parler à un(e) inconnu(e). Ainsi, c'est pour cette raison qu'elle appela un taxi, histoire de ne pas prendre les transports en commun, lui demandant de l'attendre devant l'immeuble dans lequel se trouvait l'appartement son frère. Une sonnerie retentit ; le taxi était arrivé. Il interrompit la jeune femme dans sa méditation. Elle se trouvait alors face à un miroir, à se regarder tout simplement, sans toutefois accorder la moindre important à son apparence. Ses yeux qui fixaient ceux de son reflet s'étaient égarés dans le vague, ne cessant de se torturer à propos du rendez-vous qui approchait. Allait-elle être prise, ou non ?
La voiture noire la déposa à destination. Le National Theatre. Très ponctuelle, comme à son habitude, Janice pénétra dans l'édifice, tout aussi moderne que majestueux, ne se laissant guère de laisser ses yeux de le contempler. D'un pas hésitant et inquiet, elle se rendait vers la salle principale, côté coulisse. Pour être franc, elle ne savait pas trop se diriger dans cet immense immeuble, dans lequel elle n'était venue qu'une seule et unique fois. Elle avait donc emprunté le seul chemin qu'elle connaissait ; celui qui menait à la scène. Comme à son habitude, elle regardait à droite et à gauche, comme une enfant qui découvrait le monde, comme si elle n'était jamais venue. La jeune femme laissait toute la place à sa rêverie, lorsqu'elle fut interrompue par une voix qu'elle semblait connaître. « Janice, c’est bien ça ? Peter a du partir en urgence, il m’a demandé de d’attendre ici. » Le visage de la jeune américaine se porta vers la personne d'où venait cette voix. C'est alors qu'elle aperçut un homme, se tenant à quelques pas d'elle. Souhaitant le saluer, elle ouvrit la bouche, sans toutefois savoir exactement ce qu'elle allait lui dire. Détestant réciter des répliques qu'elle n'avait pas préparer, elle serra les lèvres, un peu gênée. Elle ne s'était pas préparée à faire la connaissance de quelqu'un. Le jeune homme constata qu'elle ne lui répondait guère, un court silence s'était installé. « Je ne sais pas si tu te souviens de moi, je suis Kieran, je jouais Orsino lors des castings… » Janice le reconnut enfin. C'était lui, qui lui avait donné la réplique lors du casting. Elle se souvint alors combien il lui avait été aisé, facile et agréable de jouer avec lui. A présent, elle avait un peu d'expérience, en ce qui concerne les duos, au théâtre, et jamais elle n'avait connu quelqu'un avec qui elle adorait jouer la comédie, enfin pas autant qu'avec lui, ce Kieran. Elle ignorait tout à fait s'il avait ressentie la même chose, et n'avait pas du tout l'intention de lui poser la question. Mais, tentant d'être polie, elle se baissa puis se mis à genoux, pour être à sa hauteur, avant de lui tendre la main. « Oui, je suis bien Janice. Et je me souviens de vous, Kieran, bien sûr ... » Elle était quelque peu hésitante dans ses paroles, et douce dans sa poignée de main. Le vouvoiement qu'elle lui avait adressé était un pur reflex qu'elle avait, lorsqu'elle s'adresse aux personnes plus âgées qu'elle. Elle lui sourit, désirant paraitre sympathique. Elle ne connaissait pratiquement personne, à Londres, alors, autant avoir de bonnes relations avec le peu d'individus qu'elle fréquentait. Doucement, elle s'assit puis descendit de la scène, atterrie au sol sur la pointe des pieds. Replaçant une mèche de cheveux nerveusement, elle continuait de sourire de façon gênée à Kieran. « Alors ... Je suppose que Peter vous a laissé le soin de m'annoncer si j'ai obtenu le rôle de Viola, ou non ? En voilà, un cadeau empoisonné. » Dit-elle, en tentant de plaisanter, et en se disant que l'humour n'était vraiment pas pour elle.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Ven 11 Nov - 2:55
William Shakespeare ! Qui de nos jours n'a pas prononcé au moins une fois dans sa vie de nom du célèbre dramaturge anglais? Probablement personne. Ces œuvres sont réputées à travers le monde entier. Pas seulement dans le royaume d'Angleterre où il naquit et vécu mais bien partout. Considéré comme l'un des plus grands poète, dramaturges et écrivains, son influence ne connait pas de limite. Littérature, théâtre, cinéma, musique, peintures, beaucoup d'artistes s'inspirent de lui et ces de cette façon que le travail de Shakespeare persiste à exister. Son influence a dépassé l’univers du théâtre. Les pièces donnent naissance à des chansons par exemple. Prenons les plus connus : Roméo et Juliette toujours ont toujours inspiré de nombreux opéras et ballets mais ils sont également évoqué dans la musique populaire : The suprem, Tom Wait, Lou Reed et Dire Strait ont fait du couple au destin fatal l’objet de chanson. Et l’effet est le même dans le cinéma. Le septième art étant proche du théâtre, il est évident que des réalisateurs eut ressentit le besoin de raconter les drame et comédie de Shakespeare d’une nouvelle façon. En faisant disparaître la contrainte d’une seule et unique scène. Certain film vont retranscrire la pièce fidèlement. D’autres en revanche vont les adapter dans des univers différents que ce soit au niveau du temps ou des lieux. Par exemple, en 1996 Baz Luhrmann va transposer l'histoire des amants de Vérone à la banlieue de New York. Dans un style visuel explosif, très dynamique et surtout très moderne, le réalisateur va tout de même oser conserver une partie du texte original. Cinq ans avant, Gus Van Sant s’était aventuré au même exercice dans son film My Own Private Idaho. La retranscription est moins implicite que son collègue australien, mais le parallèle avec la pièce Henri IV ne fait aucun doute. Gus Van Sant va même jusqu’à créditer Shakespeare dans le générique.
Shakespeare reste donc plus que jamais un auteur toujours d’actualité et même s’il a écrit ces pièces entre la fin du seizième et le début du dix-septième siècle, ses textes conserve l’intérêt du public. Les mises en situations des œuvres sont parfois bien ancrées dans le temps, mais les thèmes abordés sont intemporels. Et c’est ce qui explique pourquoi les pièces de Shakespeare sont encore si souvent joué et remises en scènes. Les londoniens ne s'en lassent pas et Kieran non plus. Dans son parcours professionnel, le jeune homme avait à plusieurs reprises eu l'occasion de jouer des pièces du célèbre dramaturge anglais dans des rôles plus ou moins importants. Jamais il ne s'était dit qu'il avait fait le tour de l'auteur. Il faudrait bien toute une carrière longue de plusieurs dizaines d'années pour être blasé de se glisser dans la peau d'un personnage shakespearien. Et pourtant Kieran avait eu un doute en acceptant la proposition du metteur en scène. L’hésitation ne venait pas du fait qu’il pense inintéressant de rejouer du Shakespeare mais plutôt parce qu’il e savait pas s’il avait le courage de retourner sur les planches de théâtre. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait plus joué devant un public ! Mais en interprétant le rôle principal dans le film qu’il avait écrit, il s’était souvenu à quel point il aimait son métier d’acteur. Cela lui rappela le bien fou qu’il ressentait quand il devenait tout d’un coup quelqu’un d’autre, qu’il s’amusait à éprouvait des sentiments qu’il ne lui appartenait pas.
ET puis au moment des auditions, son envi d’être sur les planches, ne fit que s’agrandir. Il s’était sentit totalement à l’aise en donnant la réplique aux différents candidats et particulièrement avec Janice. Face à elle, il s’était dit que ça fonctionnait tout simplement. Alors quand Peter lui annonça que c’était elle qui avait été retenu, Kieran avait hâte que les répétitions commence pour vérifier si ses impressions avaient été les bonnes. Kieran perçut avec facilité les hésitations de Janice quand il s’adressa à elle. Dans la profession, il avait déjà crois tellement d’acteur et d’actrice très surs d’eux voir même trop prétentieux, qu’il fut sensible devant la timidité de la jeune américaine sans pour autant trop le montrer, pour éviter de la gêner encore plus. Il conserva un visage qui se voulait accueillant et amical. Il se fit même souriante quand Janice évoqua le fait qu’il avait hérité d’un cadeau empoisonné. Il lâcha un léger rire en reprenant ces terme :
- Cadeau empoisonné ? Pas du tout ! Je dirai, au contraire même !
Pour lui il était évident que si Peter avait fait venir Janice c’était forcément pour lui annoncer une bonne nouvelle. C’était dans les habitudes du metteur en scène. Mais il savait cela pour avoir travailler à plusieurs reprises avec lui, ce qui n’était pas le cas de la jeune femme.
- Tu sais en général Peter préfère annoncer les mauvaises nouvelles au téléphone, et les bonne de vive voix. Donc j’imagine qu’il doit être un peu déçu de ne pas le faire lui même, mais c’est bien toi qui a eu le rôle de Viola.
Comme elle semblait nerveuse et en proie au doute facilement, il préféra le préciser clairement et puis il continua sur le ton plaisantin pour la mettre un maximum en confiance, même si la bonne nouvelle aurait sans doute suffit à le faire.
- Finalement, c’est peut-être toi qui a hérité du cadeau empoisonné... Vu que tu devras me supporter pendant plusieurs semaines maintenant.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Sam 12 Nov - 11:38
Dès qu'elle s'est mise au théâtre, avec l’approbation de sa mère, Janice avait nourrit une très grande admiration pour ce dramaturge anglais, que tout le monde connaît, William Shakespeare. Même s'il faut dire que, du haut de ses neuf jeunes années, elle ne comprenait pas la majorité des dialogues élaborés par la grande figure théâtrale. C'est d'ailleurs quelque chose qu'elle détestait, et dont elle entreprenait tout en son pouvoir pour y remédier. Mais avec sa naïveté infantile, c'était peine perdue. C'est entre autre une des raisons pour laquelle la jeune femme n'a jamais incarner le rôle d'un des personnages de Shakespeare. Elle avait toujours cette peur, cette crainte de ne pas être à la hauteur. De ne pas saisir la profondeur du personnage, de ne pas le jouer avec suffisamment de talent ; elle angoissait à l'idée de souiller l'un des pièces de ce dramaturge qu'elle vénérait tant. Mais alors, pourquoi Janice s'est-elle lancée dans cette aventure improbable pour elle, que de jouer dans Twelfth Night ? Elle même ne saurait pas trop vous répondre. Elle se dit certainement que c'est le fait de se trouver loin de chez elle, qui la fait faire de telles âneries. D'ailleurs, elle savait pertinemment qu'elle faisait une grosse erreur en se rendant au casting, il y a quelques jours. Même s'il y avait d'autres femmes qui postulaient pour le même rôle qu'elle, et que ces dernières avaient très certainement beaucoup de talent, sans aucun doute plus que l'américaine, elle prenait quand même le risque d'être sélectionnée, même si elle n'y croyait pas trop. Pourtant, lorsqu'elle vivait à New-York, Janice semblait avoir plus confiance en elle, même si elle a toujours été très discrète. A l'époque, elle n'hésitait pas à dire qu'elle était satisfaite de son travail, que son talent de comédienne était reconnu comme il le devait, qu'elle méritait la reconnaissance de ses paires. Cependant, maintenant qu'elle vivait à Londres, elle avait perdue toute confiance en elle, comme si elle l'avait laissé derrière elle, à New-York. Il faut dire qu'elle était venue au casting de Twelfth Night sans vraiment y croire. Elle était plus là pour avoir au moins une fois dans son existence avoir l'occasion de jouer le rôle de Viola, qui lui tenait beaucoup à cœur, que pour se faire des faux espoirs.
Flashback.
« Candidate suivante ! » La jeune américaine prit une respiration très brève et alerte, comme si on lui pratiquait un massage cardiaque. Ses paupières battent à plusieurs reprises, afin de réhydrater ses iris. Enfin, d'un pas qu'elle voulait sûr et déterminé, bien qu'au final elle obtenue l'effet inverse, elle avança vers le devant de la scène, un peu aveuglée par un spot lumineux braqué sur sa personne. Autours d'elle, tout était obscur, comme si elle était la seule âme vivante dans cette immense salle dans laquelle l'écho ne cessait de rebondir. Toutefois, la voix qui lui semblait lointaine lui rappela qu'elle avait de la compagnie. Cette dernière l'interrogea sur son prénom, son nom de famille, son âge, puis lui indiqua quel passage de Twelfth Night elle allait devoir jouer. De suite, elle su à quel autre personnage elle allait donner la réplique. Il s'agissait du Duc Orisno. Bien qu'autour d'elle, tout était sombre, Janice donna des coups d’œil discrets à droite puis à gauche, afin d'apercevoir l'acteur avec qui elle allait jouer. Elle n'eut pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit, qu'elle entendit une autre voix. « Approche page. » Ces mots résonnèrent durant plusieurs secondes. La jeune femme ne savait dans quelle direction regarder, elle hésita avant de se retourner vers sa droite. Un halo de lumière apparu, et dans son sillage, apporta un homme. « Si jamais tu aimes, dans tes douces angoisses souviens toi de moi : car tous les vrais amoureux sont tels que je suis, mobiles et capricieux en tout, hormis dans l'idée fixe de la créature aimée. » En récitant sa réplique, il faisait quelques pas vers elle, qui se pressait de venir vers lui. Dans sa tête, elle prononçait les même mots, tant elle les connaissait pas cœur. Janice appréciait la voix de cet inconnu, et la façon dont il jouait le Duc Orisno. Même si elle était quelque peu intimidée, elle lui sourit. « Que te semble de cet air ? » C'était à elle, à présent. Alors, elle fit abstraction de tout ce qu'elle avait vécu, et ne se concentra uniquement que sur son rôle. Elle ne fit pas attention à sa gestuelle, qui était de la pure improvisation, et se plongea dans sa réplique. Fin du flashback.
« Il trouve un écho dans les profondeurs mêmes où trône l'amour. » Récita mentalement Janice. Et c'est seulement après avoir donné la réplique à Kieran que la jeune femme avait commencé à espérer d'obtenir le rôle de Viola. Elle voulait connaître une suite à cette expérience qui lui avait vraiment plu. Elle avait pris du plaisir à jouer avec lui, plus qu'avec n'importe lequel de ses autres partenaires. Seulement, elle n'avait pas l'impression d'avoir donné le meilleur d'elle même. L'américaine savait qu'elle pouvait faire mieux, beaucoup mieux. Selon elle, sa prestation ne méritait absolument pas d’être retenue, hélas. Enfin, elle allait en avoir le cœur net dans quelques instants. Car si Peter lui avait demandé de venir ici, et avait confié Kieran de l'accueillir à sa place, ce n'était certainement pas pour qu'ils prennent le café ensemble. Janice fixait le jeune homme, en attendant qu'il lui annonce la nouvelle. Il était totalement inutile de préciser qu'entre le temps qu'il se mit à en parler, et celui où Janice elle même y fit allusion, elle avait déjà commencé à se faire des tas de films. Elle l'avait imaginé se moquer d'elle, lui disait qu'il était hors de question que quelqu'un d'aussi mauvais qu'elle intègre l'équipe et joue avec lui. Ou encore, elle l'avait vu lui demander comment il était possible qu'elle eut connu un succès en Amérique, alors qu'elle n'avait strictement aucun talent, et d'autre chose du même genre. En proie à l'angoisse, la jeune femme fronça les sourcils, et se pinça les lèvres, attendant avec impatience et peur la réponse de Kieran. « Tu sais en général Peter préfère annoncer les mauvaises nouvelles au téléphone, et les bonne de vive voix. Donc j’imagine qu’il doit être un peu déçu de ne pas le faire lui même, mais c’est bien toi qui a eu le rôle de Viola. » Comme d'habitude avec Janice, il y a toujours un moment de silence. Elle prenait le temps de se demander si elle rêvait, ou s'il avait bien dit ce qu'elle avait entendu, juste au cas où. Mais avant qu'elle pose la moindre question, le rouquin confirma ses paroles, sans aucun doute afin de la rassurer. A cet instant précis, Janice ne su et ne pu réprimer sa joie ainsi que sa surprise. Elle afficha un grand sourire ravi. « Ouah ! Je ... Je ne sais pas quoi dire ... C'est merveilleux ! »
C'était la première fois qu'elle s'était rendue à un casting londonien, et elle avait eu le rôle qu'elle espérait. Comme si Londres voulait bien enfin lui sourire. Quoi qu'il en soit, Janice avait vraiment besoin de cette réussite. Non pas qu'elle eut quelconque problèmes financiers. Il s'agissait tout simplement d'une grande remise en question ou d'un soucis de confiance en soi. Et cette bonne nouvelle rassurait quelque peu Janice, et lui redonna le sourire. Plus, même, elle rit à la petite plaisanterie de Kieran. Décidément, elle trouvait cet homme vraiment sympathique. « Supporter est un bien grand mot. Vous avez l'air d'être quelqu'un d'assez facile à vivre. » Bien entendu, la jeune femme se basait uniquement les deux seules fois qu'elle l'avait vu. Autant dire qu'elle pouvait être loin du compte, mais qu'importe. « Je sens que ces prochaines semaines vont très bien se passer. En tout cas, j'ai hâte que les répétitions commencent ! » Dit-elle avec beaucoup d’enthousiasme. Elle qui pensait passer tout le reste de son temps confinée dans l'appartement de son frère, elle était bien loin du compte ! En quelque seconde, la haine qu'elle éprouvait envers cette ville maudite s'était évanouit d'un seul coup. Janice se sentait soulagée par cette heureuse nouvelle, même s'était toujours difficile à y croire.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Ven 18 Nov - 12:31
« Vous avez l'air d'être quelqu'un d'assez facile à vivre »
C’était vraiment la première fois que Kieran entendait ce genre de remarque. Il était beaucoup plus courant qu’on dise de lui qu’il dégageait quelque chose de froid, un peu distant. Parfois les personnes hésitaient même à l’aborder parce que sur son visage il n’y avait pas la moindre trace de sourire ou alors il était vraiment bien dissimulé, il n’y avait rien d’accueillant. Et puis il s’était toujours mis volontairement à l’écart. Un comportement qui n’aide pas les gens à s’approcher. En s’isolant, il réclamait une certaine tranquillité et c’est ce qu’il obtenait. Quand on faisait un peu plus sa connaissance on se rendait compte plus ou moins vite qu'il n'était en rien inabordable. Au contraire, il discutait volontiers et avec une certaine aisance si on lançait sur des thèmes accrocheurs à ses yeux. Cinéma, musique, voyages, football voilà par exemple une liste grossière des choses qui déclenchaient chez lui l’envie de parler. Ceci dit, de manière générale, il fallait tout de même éviter de se lancer dans les questions que le jeune homme jugeait indiscrètes. Le problème avec lui, c’est que cela représente beaucoup de notion. Si on commence à fouiller en plus en profondeur, c’est radical, Kieran devient une tombe. Il abordera les choses privées qu’avec des amis de longue date ou les personnes avec qui la confiance est immédiate. A vrai dire, il ne comprend pas pourquoi certaines personnes veulent découvrir un tas de choses privées sur les autres. Il a l’impression qu’il existe un concours qui récompense celui ou celle qui pourra dévoiler le plus d’informations qu’il ne le concerne pas. La curiosité des autres l’agaçait et puis ils ne voient pas l’intérêt de déballer ici les cartons en présence de personnes qui ne connaît même pas. C’est synonyme d’un manque de pudeur selon lui.
Donc peu bavard avec un tendance à rester distant voilà comment Kieran avait l'habitude qu’on le décrive. Cela lui paraissait vraiment étrange qu’il reflète cette impression de facile à vivre sur Janice. Mais après tout, il y avait tellement de chose changée dans sa vie, pourquoi pas le regard des autres sur lui aussi. Kieran n'était vraiment le même garçon qu'au moment de son installation à Londres. Des changements dans son comportement envers les autres s'étaient petit à petit glissés au fur et à mesure des rencontres, au fur et à mesure des amitiés. Sans qu'il ne s'en rende totalement compte, le fait qu'il ait de plus en plus de repère "amical" le pousse à être plus souriant et donc plus accessible face à des inconus. Pour preuve, ces dernière semaines, il était plus facilement abordés dans la rue peu importe que ce soit pour l'interroger sur la diretion d'un chemin ou simplement pour savoir s'il avait du feu. Il y a des mois, c'était rare qu'on l'aborde ainsi. Il était moins ouvert. Les choses n'étaitent plus tout à faite les même alors qu'on disae de lui qu'il soit facile à vivre, pourquoi pas. - Bon alors, déjà si tu veux bien, on va se débarrasser du vouvoiement. dit-il avec une légère malice.
Cela faisait trois ou quatre fois, que la jeune femme utilisait le vouvoiement quand elle s'adressait à lui. Bien qu'il comprenait0 que cela soit comme une forme de politesse, particulièrement en cas de grande timidité, il n'était pas très à l'aise. Pour la simple raison que depuis qu'il travaillait dans ce milieu du théâtre et du cinéma, on l'avait habitué à tutoyer tout le monde et cela dès le premier jours. C'était comme ça. Parfois les projets pouvait ne durer que très peu de temps et donc ils ne pouvaient pas se permettre d'en perdre avec les formalité de politesse, le temps d'adaptation avec les autres. Dès le premier jour, tu d'adresse à ton collègue comme si cela faisait des semaines que tu travailles déjà avec lui. On fait immédiatement confiance à l'autre, pas le temps de juger ses capacités. dans son travail ou dans son comportement. Il faut prendre acquis que s'il est là c'est qu'il a déjà fait ses preuves et que forcément tu vas bien t'entendre avec lui.
« En tout cas, j'ai hâte que les répétitions commencent ! »
Même si il n'en était pas à sa toute première pièce à Londres, ni même à sa première comédie de Shakespeare, Kieran était à peu près la même état d'euphorie à l'intérieur. L'impatience de remonter sur scène bouillonnait de plus en plus dans son esprit. L'envie de jouer à nouveau sur scène devant un public n'avait pas disparu. A vrai dire, ce n'est pas quelque chose qui se perd. Une fois qu'on a gouté à la scène, c'est dure de ne plus vouloir que cela recommence.
- Tu n'es pas la seule ! Mais tu verras, ces répétitions vont passer à une vitesse folle. Alors profite bien du temps libre pour te reposer.
Etre comédien pouvait sembler être facile comme métier. Alors par rapport à un poste dans une usine ou aux anciens emplois dans les mines, c'est sur que la tache n'était pas comparable. Ceci dit monter sur scène quatre à cinq fois par semaine et rejouer la pièce pièce avec chaque fois la même énergie, la même intensité est épuisant à la longue. C'est pour cela que les répétitions son importante. Elle permettent tout d'abord de se glisser correctement dans son personnage, de bien le cerner mais aussi de trouver les bonnes interactions avec ses partenaires pour créer l'illusion face au public. Et puis les répétitions sont là aussi pour maitriser les actions technique les déplacements pour qu'ensuite le comédien soit suffisamment à l'aise pour ne plus s'en préoccuper, que cela devienne presque naturelle. Alors oui le métier de comédien demandé beaucoup d'énergie et de concentration, il fallait être en excellente forme avant de se lancer dans un projet aussi ambitieux.
- Ca sera ta première pièce sur Londres? Tu es déjà tu habites ici depuis longtemps?
Kieran N'avait pas eu l'occasion de survoler le CV de Janice. Il ne savait pas véritablement si elle vivait sur Londres ou non. Il le supposait en devinant l'accent non britannique de la demoiselle. Comme elle et lui allaient partager la même scène pendant très longtemps, autant commencer à faire connaissance dès maintenant. Kieran s'aventura donc à se montrer un peu plus curieux que d'habitude car finalement il ne savait quasiment rien d'elle en dehors de son nom et de sa façon de jouer. Son âge, ses origines, son parcours, tout ça appartenait au domaine de l'inconnu pour le moment.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Jeu 24 Nov - 12:27
« Bon alors, déjà si tu veux bien, on va se débarrasser du vouvoiement. » Un seul et unique mot venait à l'esprit de la jeune américaine à cet instant précis : wouah. Elle n'était pas le genre de fille a être à l'aise avec autrui, à plaisanter, à se livrer directement, ou même se livrer tout court. Ce qu'elle se contentait de faire, c'était d'entretenir une quelconque communication, juste un minimum, afin que son interlocuteur se sente bien, écouté. Rien de plus. Non pas qu'elle ne le désirait pas, mais elle n'y parvenait pas. Nouer des liens avec des inconnus était pour elle quelque chose de difficile, qui demandait un effort surhumain. Il ne s'agissait en d'une chose naturelle, qui se fait sans y penser. Elle n'a jamais été douée pour ce genre de chose, contrairement à sa sœur ou son frère, Jill et Jared. D'ailleurs, elle les a toujours envié pour ce talent qu'ils avaient tous les deux. Quand elle y repensait, à tous ces après midi qu'ils passaient avec leurs amis respectifs, ou à toutes ces soirées, ou elle, était seule, alors qu'eux deux étaient de sortie, cela l’attristait un peu. Mais avec le temps, Janice s'y était faite. Elle pensait qu'elle n'y pouvait pas grand chose, qu'elle faisait partie de ces personnes qui se sentent mieux seules, et qui ne sont jamais parvenues à tisser des liens forts avec les gens qui les entouraient. Elle avait fait son deuil de tout cela, ce disant qu'elle devait très certainement avoir quelque chose, en elle, d’exceptionnel, qui pourrait combler son asociabilité. C'était ainsi qu'elle voyait son don pour le théâtre ; un simple lot de consolation pour son enfance passée seule avec ses livres et pour son adolescence sérieuse et solitaire. Même si elle savait pertinemment qu'elle était aimée par sa famille, par sa mère, son père, Jared, Jill, et Logan, qui était comme un frère pour elle, la jeune femme se sentait souvent seule, abandonnée. Et ce sentiment n'avait fait que croitre à son arrivée dans la capitale. Alors, lorsqu'elle entend Kieran prononcer de tels mots, elle n'en revient pas. Pour Janice, le vouvoiement était un sérieux signe de respect, surtout dans l'univers professionnel. Mais manifestement, le jeune homme n'en voulait pas. Cela la fit sourire. « Très bien ! Comme vous ... comme tu veux ! » Elle était encore plus hésitante, mais son sourire se renforça. Ce tutoiement lui donnait l'impression d'être l'égal de Kieran, ce qui était sans aucun doute le cas. Toutefois, ils ne se connaissaient guère, et la démarche du jeune homme, très amicale, lui fit penser qu'ils allaient bien s'entendre.
Car oui, la bonne ambiance au sein d'une équipe était primordiale pour l'avancé du projet. Essayez donc travailler avec des personnes que vous n'aimez vraiment pas, et qui ne vous apprécie pas en retour ? C'est vraiment très désagréable. Dans ce cas ci, l'équipe ne se donne pas à fond, et va au travail à reculons, et cela se sent au résultat. Rien ne vaut une bonne ambiance, amicale, chaleureuse, bon enfant. Kieran avait sans doute très bien senti, lors de leur rencontre, que Janice était une femme assez timide et réservée, et il avait tout de suite essayé de la mettre à l'aise. Et cela lui avait plu. Car faire le premier pas vers une autre personne était quelque chose qui lui paraissait presque impossible, et c'était très certainement pour cela qu'elle avait été seule tout ce temps. Alors, en voyant le sourire, les conseils qu'il lui donnait et la gentillesse dont son interlocuteur faisait preuve, la jeune américaine se dit qu'il fallait absolument qu'elle fasse plus d'efforts. Plus facile à dire qu'à faire, mais elle allait tout de même essayer. Après tout, qui ne tente rien n'a rien.
« Et bien, oui. C'est ma première pièce à Londres. Alors, commencer par une comédie de Shakespeare ... C'est le paradis pour ! » Elle qui n'était pas d'un naturel joyeux ou enthousiasme, elle était tout simplement ravie par ce qu'elle était en train de vivre. Petit à petit, elle essayait d'oublier ce qu'elle avait vécu auparavant, sa vie à New-York, afin de se reconstruire ici, dans la capitale Britannique. Elle voulait repartir à zéro, et surtout, ne plus songer à ce qu'il avait pu se passer avant. Quoi de mieux pour oublier une peine de cœur, que de se plonger corps et âme dans le travail ? Intérieurement, elle était contente par ce que venait de lui annoncer Kieran ; ainsi, Janice n'allait pas avoir un seul temps pour elle. C'est tout ce dont elle avait besoin, rien de plus, rien de moins. Dans quelques jours, son quotidien prendrait un nouveau tournant, irait à une toute autre allure, beaucoup plus effrénée. Car pour la jeune américaine, plus de temps libre signifiait plus de temps pour pouvoir se morfondre et pour penser à des choses désagréables. Elle allait sûrement être exténuée, en proie au stress et débordée, mais qu'importe. Elle ne demandait que cela. Le travail est le meilleur remède aux maux. Mais sur le coup, la curiosité du jeune homme la piqua au vif. Comprenait la, elle n'avait vraiment pas l'habitude qu'autrui ne s'intéresse à elle, alors, une telle question venant d'un inconnu, ça peut surprendre. « Et bien ... J'ai quitté New-York il y a un peu plus d'un mois ... » En effet, cela faisait déjà plus d'un mois. Étrangement, elle aurait jugé que cela faisait presque un siècle, tant le temps semblait s'écouler lentement sur le vieux continent. En évoquant sa ville natale, Janice ne pu s'empêcher de baisser la tête, légèrement mal à l'aise. Elle se doutait qu'en quittant la grosse pomme, elle aurait le mal du pays, mais pas à ce point. Elle se racla la gorge, et tenta de se reprendre en main, comme si de rien était. « Et toi, tu ... tu es né ici, à Londres ? » Questionner les gens sur eux même était la meilleure solution pour qu'il n'en demande pas plus sur notre propre sujet. Et bien entendu, c'était ce que Janice voulait éviter le plus possible.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Mar 29 Nov - 16:37
- Non à Dublin. Je suis à Londres depuis trois ans.
Entre Dublin et Londres, il y avait eu de nombreuses étapes. Kieran connu on premier déménagement à l’âge de 11 ans. Son père s’installa avec ses trois enfants à Edimbourg. Il y restèrent deux ans et puis les villes suivantes s’enchainèrent : Southampton, Berlin, Copenhague, Paris, Oslo et puis Los Angeles. Le déménagement le plus difficile a accepté fut bien évidemment le premier. La fratrie Webster, quittait tout ce qu’ils avaient connu jusque-là. Ils laissaient tout derrière eux y compris leur mère. Les déménagement suivants c’étaient presque la routine. Kieran eut tout de même un peu plus de mal quand ils quittèrent les pays anglophones. Il fallait faire plus d’efforts pour s’intégrer aux autres, choses qu’il faisait de moins en moins en grandissant. Généralement Kieran se gardait de citer de façon exhaustive toutes les villes dans lesquelles il avait pu vivre. Même s'il se préoccupe peu du regardes autres sur sa vie en général, il sait pertinemment que cela renvoie une image de quelqu’un d’instable, de quelqu’un qui ne trouve pas sa place ou qui est en constante fuite. Par expérience, il a remarqué qu’évoquer ces déménagements prête à poser des questions. Pourtant l’explication à donner est toute simple. Son père militaire acceptait facilement de se faire déplacer et tout le foyer se déplace avec lui parce leur mère n’assure plus leur éducation depuis le décès d’un de ces fils. Kieran n’a jamais aimé révéler cette partie de son enfance, alors pour éviter les questions il passe directement de Dublin à Londres.
- C’est en grande partie pour le théâtre que je me suis installé ici.
Sa vie de nomade lui avait toujours convenue. Il prit gout à vivre d’une ville à l’autre. Mais au fil des années un manque se creusa malgré tout en lui. Au fur et à mesure cela devenait pesant de trouver un nouveau logement, trouver du travail, se recréer un cercle de relation professionnelle, se faire des amis. Surtout qu’à chaque nouveau départ, il coupait tout contact avec les personnes rencontrées. Il avait cette impression en lui qui le dérangeait que si un jour, s’il lui arriverait quelque chose, personne ne s’en inquiéterait pas même sa famille vu qu’il prenait rarement la peine de les informer de l’endroit où il allait, des choses qu’il faisait. Ce qu’il craignait c’est de ne jamais connaître cette impression d’être chez soi. Un besoin de stabilité de manifesta cruellement alors il se mit au défi de rester le plus longtemps possible dans une même ville pour voir ce qu’il ressentirait au fil du temps. Pour parvenir à tenir à un endroit fixe, il avait besoin de se raccrochait à la chose qu’il aimait le plus faire : être sur scène, vivre de la comédie. Il enchaina les auditions, les pièces de théâtre, moderne ou classique. Il se créa des affinités particulières avec certains acteurs, certains metteurs en scène, certains techniciens ou même encore avec le serveurs qu’il croisait quotidiennement. Et quand la routine de faisait trop pesante, il s’accordait un long voyage.
- Londres te plait ? Ou New York te manque déjà??
Avant de porter son choix sur Londres, Kieran avait beaucoup réfléchis sur l’endroit le plus idéal pour commencer un nouveau style de vie. Il était question qu’il y reste longtemps, il fallait qu’il soit certain que la ville ne l’ennuierait pas. Comme c’était un véritable nouveau départ, il ne voulu pas que ça soit une ville dans laquelle il avait déjà vécu. Et dernière contrainte, il fallait une ville qui lui permettrait de vivre du théâtre. Quand il réfléchit à tout ça, Kieran se trouvait en Amérique à ce moment-là. Il aurait pu portait son choix sur des villes comme Los Angeles ou New York, ville où il aurait très bien pu vivre de son métier. Mais Los Angeles il connaissait déjà et ce n’est pas le style de vie qu’il s’imaginait vivre sur une longue période. New York l’intéressa longtemps.. Mais quitte à vivre dans une ville où il fat froid, autant retourner en Grande-Bretagne. Et puis, il voulait également tenter de se rapprocher de son frère et sa sœur. Il avait suffisamment longtemps été le fils passager de la famille. Les deux vivant déjà en Angleterre, c’est pour ce pays qu’il opta. Il n’avait pas vraiment envi de revenir dans son pays natal. Londres fut la ville où l’emménagent fut le plus simple. Plusieurs compagnies de théâtre cherchaient de nouveaux membres, il ne réfléchit pas plus longtemps et s’y installa. Ce n’est pas par coup de temps qu’il choisit d’y vivre. Pour lui toutes les villes étaient à près les mêmes. Mais Jour après jour, il se plait à être à Londres. Au fur et à mesure, la ville se transforma en une ville unique et particulière pour lui. Il sait qu’à présent il est particulièrement attaché à cette ville.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Dim 11 Déc - 11:58
Jamais ô grand jamais, Janice n'avait un jour pensé qu'elle allait devoir quitter sa ville natale. Pour elle, New-York était tout simplement le paradis sur Terre. Il y avait tout la bas, tout ce dont elle avait besoin pour se sentir bien ; sa famille, des repères. Elle avait passé toute sa vie de l'autre coté de l'Atlantique. Avant, il n'y avait aucune raison valable, pour elle, d'être séparer de la Grosse Pomme. Même lorsqu'elle était encore qu'une enfant, et que ses parents avaient décidé de partir à l'autre bout du pays pour les vacances, Janice, elle, faisait un caprice pour rester à New-York, ne supportant même pas l'éventualité de devoir partir, même pour une toute petite semaine. En grandissant, cela ne s'est guère arrangé, elle faisait toujours des montagnes dès qu'il s'agissait de partir loin, même s'il s'agissait de tournée avec une troupe de théâtre. Pour elle, être séparée de sa ville natale était tout simplement une déchirure. Comme si on la privait d'une partie de son corps, d'une partie vitale. Elle avait toujours du mal à le supporter. Mais ça, c'était avant de rencontrer cet homme, qui a complètement bouleversé sa vie. Même si leur passion n'a duré que quelques mois, Janice acceptait de partir avec lui, de lui laisser l'emmener visiter de merveilleuses villes, de somptueux endroits, que seule elle n'aurait jamais souhaité voir, tant la distance qui la séparait de New-York était importante. C'était une grande révolution, pour elle. Malheureusement, cela n'a guère duré bien longtemps. Une fois sa grossesse annoncée, cet homme parti, et son avortement subi, la jeune femme a commencé à ressentir une sorte de dégout pour cette ville, qu'elle avait pourtant toujours vénérer jusqu'alors. Cet évènement avait été tellement douloureux pour elle, qu'elle ne pouvait plus supporter de rester. Il lui fallait plier bagages, et vite. Et pourtant, elle aimait toujours New-York. Mais les rues, les immeubles, tout là bas lui rappelait ce qu'elle avait vécu, et dont elle ne s'était toujours pas remise. Il fallait à tout pris que Janice change d'air. Même si la séparation fut plus douloureuse qu'à son habitude.
Oui, dans le cas de Janice, l'exil s'était avéré nécessaire. Alors, lorsqu'elle entend Kieran dire le plus légèrement du monde « C’est en grande partie pour le théâtre que je me suis installé ici. » ça lui fait un petit choc. Oui, le théâtre a également toujours été une passion pour elle, mais elle n'avait vu les choses sur cet angle. Lorsque l'on aime tellement quelque chose, que l'on est capable de tout, pour elle. Comme de tout plaquer, de mettre les voiles, peu importe le reste. Et ce point de là, la jeune américaine l'adorait. Kieran avait totalement raison, c'est ainsi qu'il fallait voir les choses. Elle avait l'habitude de voir son arrivée à Londres comme une obligation, comme quelque chose qu'elle devait subir. Pour elle, la capitale Britannique avait tous les défauts du monde, et elle s'était juré de ne jamais l'aimer. Mais grâce au jeune irlandais, elle venait de se rendre compte qu'elle avait tord de de réagir ainsi. Oui, il fallait qu'elle regarde Londres avec un œil nouveau. Après tout, cela était une belle opportunité pour elle. Tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. En effet, c'était bien la première fois que Janice se trouvait en Europe. Ainsi, elle voyait de nouveaux paysages, découvrait de nouvelles coutumes, et rencontrait de nouvelles têtes. Il ne fait aucun doute que cela était plus que bénéfique pour elle. Et puis, l'Angleterre était le pays de Shakespeare ! Et c'est bien à Londres, que se trouvait son théâtre. Si on y réfléchissait bien, cette ville avait tout pour rendre la jeune femme heureuse. Oui, elle avait tout pour qu'elle s'y sente bien, comme chez elle.
« Londres te plait ? Ou New York te manque déjà?? » Janice ne connaissait pas du tout Kieran, mais elle remarqua déjà qu'il était du genre curieux. Toutefois, elle ne trouvait pas cela dérangeant ou indiscret, bien au contraire. Elle était flattée de l'intérêt qu'il lui portait, même si elle disait qu'il s'en fichait complètement, et cherchait juste à être poli, à faire la conversation. Peu importe. Janice n'avait pas franchement eut l'occasion de parler avec beaucoup de personnes, mis à part son demi-frère. Alors, ça lui faisait du bien d'avoir de nouvelles relations. C'était comme une bouffée d'air frais. La jeune femme était très souriante, sans toutefois qu'elle ne se force. C'était naturel, agréable de parler avec Kieran. Elle se disait que travailler avec lui serait vraiment sympa, que l'ambiance serait bon enfant ; elle commençait même à avoir hâte. « J'ai toujours vécu à New-York. Alors, les premières semaines ont été dures. Mais je n'ai plus rien à faire là bas, c'est pour cela que je vis ici, chez mon demi frère. » Pour l'instant, elle ne se sentait pas encore assez à l'aise dans sa nouvelle ville pour se chercher son propre appartement. De plus, elle n'avait certainement pas assez de moyen pour pouvoir en louer un. Elle avait dans l'idée d'attendre un peu, tant pour s'habituer à Londres, pour avoir ses repères, que pour mettre de l'argent de côté. Tout cela n'était qu'une question de temps. « Et bien, pour être honnête, je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter Londres ... Mon frère a pas mal de travail, je ne veux pas le déranger d'avantage. Et je ne connais personne d'autre ici, donc ... » Pour elle, ce n'était pas très grave. Elle aura bien le temps de visiter sa ville d'adoption un de ses jours. Rien ne pressait.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Ven 16 Déc - 21:16
Dublin, Édimbourg, Southampton, Berlin, Paris, et cetera… Kieran avait vécu dans chacune de ses villes et dans d’autres encore, sur des périodes plus ou moins longues. Et parmi cette petite liste, la seule ville pour laquelle il avait eu du mal à partir était celle où il était né, à savoir Dublin. Le premier déménagement fut particulièrement difficile parce qu’il n’avait vécu que là-bas jusqu’à présent, il ne connaissait rien d’autre. Dans ses réflexions de petit garçon, c’était même impossible de vivre ailleurs. Le départ fut donc assez perturbant pour lui et ses frères et sœurs, il était en colère rien qu’en pensant à l’idée que d’autres personnes viendraient habiter dans leur maison, qu’un autre garçon dormirait dans sa chambre ou jouerait dans la cabane du jardin. Les semaines qui précédèrent et suivirent le déménagement, Kieran en voulu énormément à son père. A cette époque, il pensait passer le reste de sa vie à Dublin. C’est probablement normal à cet âge, il ne connaissait rien d’autre. Mais si aujourd’hui, on lui demandait de choisir une des villes dans laquelle il aimerait retourner vivre, il pourrait facilement toutes le villes à l’exception de Dublin.
L’amour qu’on peut éprouver pour un lieu repose sur les souvenirs qu’on s’y créés. C’est en fonction des heureux ou mauvais moment vécus qu’on va être à même d’aimer ou haïr un endroit. Ce n’est pas pour la ville en elle même. Une ville ce n’est qu’un regroupement de maisons et de magasins. Des murs et des toits en somme ! Tout ce qu’il y a de plus vides et sans vie sur terre. L’âme d’une ville tient de ces habitant présents et passés, de son histoire créé par ses hommes, de ce qu’en font la population, de l’image qu’ils en créé. Si on n’aime pas une ville c’est bien souvent parce qu’on y a connu des déceptions, des journée horribles, que rien de bon ne s’y est produit. Par exemple on se rend pour la première fois à New York. On prend le métro, par malchance c’est l’heure de pointe, on se retrouve collé à des centaines de personnes dans un wagon soudainement très étroit. On sort, des souterrains, il pleut, tout est gris et semble triste. On se fait bousculer par les gens qui court à la recherche d’un abri. Pour combler le tout, on atterrît dans un hôtel où le personnel n’est pas sous son bon jour et n’est pas très accueillant. La chambre semble très étroite, mal isolé, mal insonorisé. Forcément avec un démarrage comme celui-ci difficile de garder un bon souvenir de la mégalopole, encore moins d’avoir envi d’y retourner.
Notre attachement à des lieux n’est pas du aux bâtisses mais aux choses que l’on y fait, aux souvenirs qu’on s’y construit. Si Kieran n’avait pas envi de retourner dans la capitale irlandaise, c’est parce qu’avec le temps, quand il regardait en arrière sur son passé, les souvenirs n’avaient plus rien de joyeux. Il existait bien sur des moment agréables à se remémorer mais ils apparaissent tellement insipides par rapport aux déceptions survenus. Des déceptions qui n’ont fait que grandir à force d’y repenser pendant son adolescence
Découvrant que la jeune femme n’avait vécu qu’à new York jusqu’à présent, Kieran pensait comprendre pourquoi ses premières semaines lui semblaient dures. Il ne pouvait pas en être certain, parce qu’il n’avait jamais été du type sédentaire. Il pouvait s’imaginer l’attachement qu’on puisse ressentir pour une ville quand on y vie tellement de temps. Mais ce n’est pas quelque chose qu’il a connu alors il ne peux pas être sur que ce qu’il imagine corresponde à ce que ressent vraiment Janice à ce moment exacte. Et puis la jeune comédienne évoqua d’une certaine façon les raisons qui l’avaient poussé à quitter sa ville pour Londres. En l’écoutant Kieran n’avait pas l’impression que c’était le moment idéal pour chercher à en savoir plus. C‘est radicale d’affirmer qu’on a plus rien à faire dans une ville, cela sous-entend qu’on entrevoit plus aucun évolution possible, que toutes les routes nous on été barrés. Kieran était dans l’optique de faire connaissance avec Janice parce qu’il allait passer énormément de temps. C’était plus agréable de travailler en sachant qui était la personne, pour déterminer les terrains d’entente, ce qu’il fallait éviter d’aborder. Et à ce stade de leur rencontre, il jugea que la questionner encore plus à ce sujet serait beaucoup trop indiscret. Il préféra la laisser continuer, ce qu’elle fit en axant la conversation sur Londres. Quand elle expliqua ne rien connaitre de la capitale anglaise, spontanément Kieran répliqua :
- Si tu veux, je peux te faire une petite visite du quartier maintenant…
A force des voyages, Kieran passait beaucoup de temps à visiter les endroits de la ville, à repérer très facilement les bons endroits. En tout cas dans chaque quartier de Londres, il avait en tête des bonnes adresses, que ce soit en bars, restaurants, boutiques de musique, librairies… Et il ne pensait pas que le fruit de ses longues heures d’errance dans la capitale doit être gardé secret. Parce qu’encore une fois, s’il appréciait ces lieux, c’est grâce aux personnes avec qui ils y étaient allés ou qu’il avait pu rencontrer. On ne s’attache pas à un pub pour la qualité de ses tables et chaises, mais pour l’ambiance qui s’y dégage quand il est rempli.
- Je n’ai absolument rien d’autre à faire jusqu’à ce soir, donc ça ne me dérangerait pas du tout de te montrer quelques endroits sympas dans le coin…
Il se sentit d’ajouter cette précision avant qu’elle ne réponde. Il devinait avec facilité qu’elle pourrait refuser par peur de le déranger. Hors, Kieran n’était très certainement pas le genre de personne à proposer quelque chose si cela l’embarrassait.
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Sujet: Re: Be not afraid of greatness Lun 2 Jan - 13:21
« Si tu veux, je peux te faire une petite visite du quartier maintenant… » La proposition faite par Kieran enthousiasma Janice. Plus les minutes défilaient, plus elle éprouvait comme une sorte de sympathie à son égard. En même temps, il faisait tout pour se montrer le plus serviable et gentil, afin qu'elle se sente à l'aise avec lui. Et cela allait s'avérerait plus qu'utile lorsque les répétitions allaient commencer ! Il fallait à tout prix que la jeune femme se familiarise avec toute l'équipe, toute la troupe, afin que le travail se passe pour le mieux. Elle avait l'habitude, de ce genre de marathon qui précédait les premières répétitions, faire la connaissance de tout le monde. Mais, même si elle l'avait fait plus d'une vingtaine de fois, ce n'est pas pour autant qu'elle y parvenait correctement ! Et pourtant, elle s'y appliquait, et faisait du mieux qu'elle pouvait pour s'adapter. Mais, Janice avait toujours eut des difficultés pour se mêler aux autres, surtout en ce qui concerne des inconnus, hélas. Cela la gênait quelque peu dans son travail, mais parfois, elle parvenait à se lier avec des personnes, avec qui elle avait joué plusieurs fois. Ce n'était pas des relations durables et fortes, elles se bornaient aux limites professionnelles, et ne dépassaient guère ce stade, au grand malheur de l'américaine. A croire qu'elle était de ces femmes, qui brillaient au travail, illuminaient leurs collègues, forgeaient l'admiration de tous, mais qui s'éteignaient une fois de retour chez elle, qui restaient seules, avec leur banal quotidien, et leur solitude. Oui, elle avait l'impression d'être ainsi, que son travail était la seule chose d'intéressante chez elle, et que le reste ne procurait que de l'ennui chez les autres. A New-York, elle n'avait guère beaucoup d'amis. Et le peu qu'elle en avait, elle ne les voyait pas très souvent, inventant toujours des excuses pour ne pas sortir, pour rester à la maison de ses parents, plongeant son nez dans les livres, dans les pièces de théâtre, répétant toujours de son côté. Après tout, c'est ce que la jeune femme savait faire de mieux. Même si toutefois, ses parents et sa famille insistaient pour la voir sortir plus souvent, pour qu'elle parvienne enfin à se lier aux autres, sans grand résultat. Alors, la décision de Janice de quitter New-York pour aller s'installer à Londres en surpris plus d'un. Elle s'envolait du nid familial, s'aventurait vers l'inconnu. Ni son père, ni sa mère, ne protesta face au choix de leur fille, se disant que cela ne pourrait lui faire que du bien. Que cela lui donnerait l'occasion de rencontrer de nouvelles têtes, que ce changement d'environnement la pousserait peut être à s'ouvrir aux autres.
Et ils n'avaient sûrement pas idée à quel point leurs paroles allaient s'avérer vraies. Puisque Jared n'était quasiment jamais, toujours à travailler, il fallait bien que la jeune femme se débrouille toute seule. Ainsi, elle sortait pour postuler à des rôles, pour ses cours de théâtre, et pour faire quelques courses. En effet, elle faisait ce qu'elle pouvait pour aider son frère dans les tâches ménagères, afin de le remercier pour l'hébergement qu'il lui offre. Bref, tout cela la forçait à s'adresser à de parfaits inconnus, la mettait chaque jour à peu plus à l'aise dans sa nouvelle ville, dans sa nouvelle vie. Et comme ses parents le lui avaient recommandé, elle faisait des efforts pour s'ouvrir à autrui. Alors, lorsque la jeune femme entendis la proposition que Kieran venait de lui faire, elle sourit. Même si tout d'abord, elle avait programmé de la décliner gentiment, tout cela parce qu'elle avait peur de le déranger, il insista avant même qu'elle puisse protester. « Je n’ai absolument rien d’autre à faire jusqu’à ce soir, donc ça ne me dérangerait pas du tout de te montrer quelques endroits sympas dans le coin…» Le sourire que Janice avait aux lèvres s'agrandit d'un seul coup. Elle ne put s'empêcher de rougir, tant elle était gênée, et en même temps ravie par le fait que son nouveau collègue insiste à jouer le rôle de guide. Elle ne connaissait quasiment rien, de Londres, et se priver d'une visite guidée, serait vraiment du gâchis. Surtout lorsqu'elle était menée par quelqu'un, qu'au premier abord, elle appréciait bien. Décidément, il n'y avait aucune raison pour qu'elle refuse la proposition de Kieran. Les joues encore bien rosit, elle dit « Bon, si tu es sûr que cela ne te dérange pas, c'est d'accord ! » Intérieurement, elle se demanda s'il existait seulement quelqu'un dans ce monde qui avait déjà réussis à refuser quelque chose au jeune homme qui savait se montrer persuasif, sans toutefois donner l'impression à son interlocuteur d'être pris au piège, ou que l'on lui force la main. Ce que Janice appréciait beaucoup. Kieran semblait très sincère, lorsqu'il précisait que le fait de lui faire visiter le coin ne le dérangeait aucunement. Et puis, il inspirait la confiance. Janice a toujours été de celle qui donnait aveuglement leur confiance à quiconque. Bien entendu, elle s'est déjà fait avoir par de nombreuses personnes, ce qui eut pour effet qu'elle commençait à se méfier de tout le monde, mais là, c'était différent. En regardant Kieran, elle ne ressentait pas la moindre méfiance. De plus, pourquoi lui mentirait-il ? C'était ridicule.
« Et bien, je suis le guide. C'est parti ! » Lança-t-elle d'un ton plus qu'enjoué. Enfin, elle allait véritablement visiter Londres. Enfin, elle avait fait la connaissance de quelqu'un, qui promettait d'être le début d'une belle coopération. Janice commençait à ne plus regretter de s'être installée dans la capitale britannique.
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