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Sujet: These Are My Twisted Words [PV] Ven 19 Aoû - 16:44
« La vérité existe. On n'invente que le mensonge. »
Contrôler, c'est vouloir tout diriger à notre façon en voulant que le résultat soit selon nos désirs et nos croyances. Lâcher prise, c'est agir tout en n'étant pas attaché au résultat. C'est laisser aller, faire confiance aux autres, en tout ce qui vit. C'est demeurer ouvert pour laisser venir des solutions non prévues. Chaque fois qu'il y a une retenue, des attentes, de la résistance, de l'impatience, de l'inquiétude, c'est du contrôle. Austin a toujours voulu contrôler les résultats. Une personne peut diriger, c'est-à-dire donner une direction à quelque chose ou à quelqu'un tout en acceptant que le résultat ne soit pas comme elle veut. Cette personne peut lâcher prise. Une autre qui ressent un échec lorsque le résultat n’est pas comme elle veut est perfectionniste, mais tout dans le contrôle. Alors, Austin a commencé à se dire, pourquoi pas ? Lui aussi avait le droit de lâcher prise et c’est ce qu’il avait fait en s’adonnant à toutes ces parties de Poker. C’était sa façon à lui de lâcher-prise suite aux tensions au Label. Lâcher prise ne vous empêche pas de faire vos demandes et de garder vos préférences en tête, c’est bien ce qu’on dit généralement sur le sujet, non ? Cela ne veut pas dire ne plus rien faire et être soumis. Au contraire, vous continuez à agir, à faire des actions, mais lorsque les choses ne vont pas comme vous aviez prévu, souvenez-vous que votre dieu intérieur en sait plus que votre mental. En faisant confiance à notre dieu intérieur et en acceptant un résultat différent, nous nous ouvrons à du nouveau, à quelque chose que nous n'aurions pas envisagé par nous-mêmes. Vous aurez l'agréable surprise de découvrir que les obstacles ne vous semblent plus des obstacles. Vous les surmonterez plus facilement. De plus, vous vivrez beaucoup moins d'émotions et votre paix intérieure se reflétera partout autour de vous…Et mon œil ? Lui aussi il peut lâcher prise ? Parce que ces histoires ne lui ont rien fait d’autre que brouiller l’esprit, jusqu’à se perdre lui-même et ne plus comprendre ce qu’il faisait.
La tête est baissée, posée sur ses deux mains liées. Austin est ainsi dans cette position depuis une heure au moins. Non loin, son portable, il le fixe presque de temps à autre comme pour se dire que ça ne peut être vrai. Depuis son retour des Etats-Unis, il avait tout fait pour que l’explication à cet argent envolé vienne éclairer le sujet. Une enquête discrète fut mise en œuvre sous sa demande, remontant ainsi sur chacune de ses dépenses, chacun de ses retraits. Et l’explication est venue à lui aujourd’hui. Dans une heure à peine, il devait déjeuner avec Nancy. Dans une heure à peine, il devait être honnête. Au point ou il en est, Austin se sentait parfaitement incapable d’inventer un mensonge qui puisse donner une signification à la mine qu’il a en ce moment. Et il va s’en dire qu’il ne peut pas non plus faire semblant et effacer cette expression. A la fois totalement abattu et grandement en colère. Il n’était pas beau à voir. Il se leva de son siège finalement et quitta son bureau en emportant son téléphone avec lui. Il informa sa secrétaire qu’il ne reviendra pas de la journée. Une fois devant sa voiture, Austin hésite à prendre cette dernière, il jette un œil vers sa montre et décide de se rendre au restaurant en marchant. Marcher seul, en silence, en prenant conscience attentivement de son corps ... de chaque mouvement, même le plus imperceptible, de chaque muscle ... de l'équilibre du corps.... Mais aussi en pleine communion avec ce qui pourrait l’entourer. Austin ne marche pas pour arriver quelque part, mais pour la marche elle-même. Il tentait comme une espèce de méditation qui puisse le détendre un minimum avant de n’avoir à faire face à Nancy.
Dans le petit prince de Saint-Exupéry: Le renard explique au petit prince que sur la terre les gens se dépêchent pour gagner du temps. Et toi, demande le renard au petit prince, que ferais-tu du temps que tu aurais gagné? Et le petit prince répond: « je marcherais lentement jusqu'à une fontaine.... ». Pour Austin, la fontaine serait représentée par un verre d’alcool fort. Un bon whisky ou un bon scotch qui pourrait faire relâcher ses muscles car apparemment, la volonté de méditer tranquillement ne fonctionne pas. Il s’en retrouve que plus tourmenté. C’est à mi-chemin qu’il décide d’arrêter un taxi. Et puis, il n’avait pas spécialement envie d’arriver en retard. En effet, selon lui, être à l’avance permet toujours une adaptation progressif à l’environnement qu’il ne pourra pas trouver rapidement une fois en compagnie de Nancy. Sans oublier qu’il ne pouvait s’empêcher de monter en tête toutes sortes de scénarios pour finir par se dire que la meilleure chose à faire serait de lui dire la vérité simplement.
A présent sur la péniche. Austin est conduit vers la table réservée mais il préfère d’abord faire un tour par le bar qui accueille bien peu de monde à l’heure de midi. Les gens qui y sont installés ne commandent pas ce qu’il s’apprêtait à demander devant un barman qui se disait sans doute : « Si tôt ? ». Et oui, il avait besoin de ressentir cette brulure et cette sensation de chaleur dans le corps. Il ingurgite ce verre de whisky d’un coup sec ! Il paye la consommation et retourne à la table en faisant son possible pour détendre les traits de son visage en attendant l’arrivée de Nancy…
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Sam 27 Aoû - 2:57
How happy is the blameless Vestal's lot! The world forgetting, by the world forgot; Eternal sunshine of the spotless mind! Each pray'r accepted, and each wish resign'd.
Voici quatre lignes tirées d’un poème d’Alexander Pope. Des vers cités à un moment dans le plus célèbre long-métrage du réalisateur français Michel Gondry. Parmi ces quatre lignes, se retrouve d’ailleurs le vers qui a donné le titre au film : Eternal sunshine of the spotless mind ! Ce film, tantôt classé parmi les films d’auteurs, les films expérimentaux ou encore parmi les mélodrames et films d’histoires d’amour est tout simplement le récit de Joel (Jim Carrey) qui découvre que sa petite amie Clémentine (Kate Winslet) après une nouvelle dispute a choisi d’effacer sa mémoire. Mais elle n’efface pas tout, elle supprime juste tous les moindres souvenirs de leur relation. Pour elle c’est comme si elle n’avait jamais fait la rencontre de Joel, comme si tous les deux n’avaient jamais vécu une histoire ensemble. Bouleversé par cette découverte et désespéré, Joel décide de faire la même chose et contacte le médecin à l’origine de cela. Cependant pour procéder à la disparition des souvenirs, Joel doit revivre les moments passés avec Clémentine pour les voir se détruire, de désintégraient petit à petit, un peu à la manière des rêves qui s’effondrent dans le film Inception. C’est alors que le protagoniste se rend compte qu’il ne veut pas l’oublier, il ne veut pas oublier qu’il l’a aimé et qu’il l’aime toujours. Commence alors une lutte intérieur dans son subconscient pour empêcher la destruction du souvenir de Clémentine.
Le film part d’une idée très simple : un couple que tout oppose se déchire. Cela pourrait être un énième film dramatique comme il en existe déjà mais le scénariste choisit de compliquer les choses en intégrant cette machine à effacer la mémoire. L’idée est complètement absurde mais on y croit. On adhère facilement au concept et on se passionne pour Joel qui tente de luter contre la machine. La majorité du film se déroule dans l’esprit du protagoniste, ce qui permet donc la mise en place de scènes totalement surréalistes et délirantes. Des scènes qui participent à la magie du film.
Au réveil, Joel se retrouve sans plus aucun souvenir de son ancien amour et pourtant quand il la recroise, plus ou moins par hasard, il est incontestablement attiré par elle. Joel et Clémentine retombe amoureux comme s’ils étaient malgré tout fait pour être ensemble…
Quand la jeune Nancy pensait à ce film et à l’incroyable histoire d’amour qui unissait Joel et Clémentine, elle se demandait toujours si elle et Austin finiraient eux aussi par se retrouver de la même manière dans le cas où ils s’oubliaient l’un l’autre. Si c’était le cas, cela voudrait dire pour elle qu’ils étaient bel et bien destinés à être ensemble. C’est un peu le genre de pensées qu’elle avait depuis qu’ils s’étaient remis ensemble. Nancy était du genre rêveuse et romantique. Elle avait envi de croire que rien ne parviendrait à les séparer, qu’ils se retrouveraient toujours quoi qu’ils arrivent. Parfois elle se trouvait un peu idiote à penser ainsi. Elle avait conscience que c’était naïf et enfantin. Mais après tout elle avait le droit d’y croire puisque ça la rendait heureuse et souriante surtout ça lui procurait du courage en plus quand les choses se compliquaient entre elle et Austin. Ces pensées la confortait quand elle avait l’impression qu’il fallait un peu plus se battre pour maintenir l’harmonie dans leur couple.
Voilà pourquoi elle restait souriante à chaque fois qu’elle avait un nouveau rendez-vous de prévu avec Austin. La fin de leurs dernières vacances ne l’avait pas abattu ou découragée. Même si le problème principal qui était l’argent n’était pas du tout réglé, la colère, la tension, les doutes s’étaient rapidement volatilisés. Pas totalement mais presque. Alors Nancy garda le même sourire spontanée et heureux quand elle aperçut Austin déjà installé à leur table sur la péniche du Jason's Canal Boat. Tout n’était pas parfait dans le quotidien de leur vie, mais elle ressentait toujours cet enthousiasme à passer du temps avec lui que ce soit chez eux, dans la rue ou sur une péniche.
Elle s’approcha de lui dans une démarche légère et joyeuse. Dès qu’elle fut suffisamment proche de lui, elle se pressa de l’embrasser comme à son habitude en lui posant la classique question de savoir s’il allait bien. Immédiatement après elle prit place face au beau jeune homme. Et toujours très ravie, elle s’exclama :
- c’est vraiment chouette de manger sur cette péniche ! si le temps ne se dégrade pas trop et si tu as le temps, on pourra peut-être faire un tour dans Camden après si ça te tente.
La petite excursion sur la péniche les faisait partir de Little Venice pour les faire terminer à Camden. Hors ce quartier de Londres était le préféré de Nancy pour son marché et son ambiance. Elle y trouvait toutes sortes de vêtements et accessoires à son gout. Et même si elle n’avait rien envi d’acheter, elle adorait s’y balader.
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Lun 29 Aoû - 0:24
Il y a ce qu’on appelle : les mythes amoureux. Une personne aussi réaliste qu’Austin ne peut pas y croire totalement, ni en rêver. Car ce coté rêveur qui caractérise Nancy, est inexistant chez Austin. Pourtant, la notion de grand amour a toujours eu une place dans son esprit, malgré le fait qu’il a été longtemps un garçon à ne pas chercher d’attache (c’est peut être que la bonne personne allait croiser à nouveau son chemin un jour). Mais il n’est pas facile non plus de s’attaquer à ce sujet c’est pour ça qu’il n’en parle presque jamais. En effet, il y aurait tellement de choses à dire! Et puis c'est un domaine particulièrement explosif: chacun a, sur la question, des opinions auxquelles il est très attaché et qu'il défend avec vigueur lorsqu'elles sont remises en question. En fait, de la naissance à la mort, l'amour est une des dimensions les plus importantes de notre vie. C'est par lui que nous approchons le plus du bonheur auquel nous aspirons tous. C'est aussi par son absence que notre vie devient le plus rapidement vide de sens. Lorsqu'on veut s'en passer, on n'y parvient qu'au prix d'une importante perte de vitalité. L'amour, sous une forme ou une autre, est vraiment au cœur de notre vie et de nos plus grandes satisfactions. C'est à cause de cette importance cruciale que tant de conceptions erronées circulent à son sujet. L'amour est, il me semble, le domaine où on rencontre la plus grande variété d'idées fausses persistantes.
Ces erreurs peuvent apparaître sans importance; après tout, chacun a droit à ses opinions et ce ne sont que des idées qui ne changent rien aux faits. Mais en réalité, elles sont d'une grande gravité car elles nous servent à la fois de normes pour guider notre comportement et de critères pour évaluer les événements de notre vie. Nous appliquons ces normes et ces critères non seulement à nous-mêmes mais également aux personnes auxquelles nous accordons le plus d'importance. Ces fausses visions de l'amour ont donc une influence réelle sur notre vie, sur le développement de nos relations importantes et sur notre satisfaction en général. En nous amenant à appliquer des normes irréalistes et à évaluer notre réalité avec des instruments faussés, elles contribuent largement à nous compliquer la vie et nous empêchent de développer des relations harmonieuses. Elles sont également à la source de bien des pertes de temps en tentatives vouées à l'échec. La relation entre Nancy et Austin a connu plusieurs faux pas, plusieurs problèmes, mais ils ont toujours fini par trouver la solution. Et aussi loin qu’il puisse s’en souvenir, la solution a toujours été trouvée à deux. Du moins, la grande majorité du temps. S’il n’avait rien pu faire face à la pression de ses parents lorsqu’elle n’était encore qu’une mineure. Il s’était promis de se rattraper une fois leur relation remise au gout du jour. Quelque part, leur couple pourrait correspondre à ce mythe amoureux. Celui qui raconte qu’on ne peut réellement aimer qu’une seule personne, que c’est elle et uniquement elle qui est faite pour soi, pour vivre avec, pour vieillir à ses cotés. Une personne qu’on pourrait connaitre, puis perdre de vue, puis renouer avec elle.
Est-ce qu’Austin y croit ? Il pense surtout qu’il ne pourrait pas à nouveau partager quelque chose d’aussi authentique avec une autre personne que Nancy. C’est impensable même, dans sa vision des choses. Parce qu’elle l’a rendu meilleur. Ce qui a fait tenir leur couple jusqu’ici ? Peut être le fait qu’ils ne s’appuient pas jusqu’ici sur des attentes irréalistes et impose, à la relation comme aux deux partenaires, des critères auxquels personne ne peut correspondre réellement, même à court terme. Enfin, cela a été le cas durant des mois. Aujourd’hui Austin cherche à s’imposer certains codes. Il refuse de se confronter un jour à la déception. Une déception qu’il fera subir à Nancy malgré lui. Que cela soit par l’un de ses choix, de ses comportement, ou encore l’une de ses bavures. C’est sa nature perfectionniste qui vient le rattraper dans son couple. Pour cette raison précise, il stresse à l’idée de lui dire la vérité sur cet argent envolé. Il a peur de lire sur son visage, dans ses yeux, quelque chose qui le laissera se dire : « ça fait mal, ça fait très mal ! ». Austin ne pouvait s’empêcher d’y penser. Jusqu’à ce qu’elle apparaisse, qu’il doive faire bonne figure. Il l’embrasse brièvement à son tour et répond d’un simple « oui, maintenant que t’es là. ». Menteur sur le coup, maintenant qu’elle est lé, il stresse davantage. Même si c’est toujours un bonheur pour lui de la voir…Il prête attention à ce qu’elle lui disait et certaines idées se mirent à s’enchainer dans sa tête. Il se posait à présent cette question : « Attendre d’être à Camden ou pas ? ». C’est encore plus compliqué qu’un « be or not to be ».
- Bien sur, je ne compte pas retourner au bureau pour le reste de la journée.
Répondit-il en souriant alors qu’un serveur se trouvait déjà là, menus en mains. Austin réceptionna le sien et le remercia brièvement avant d’observer Nancy quelques secondes, oubliant le menu du coup, voulant prendre la température exacte…
- T’as passé une bonne journée ? Ça s’arrange un peu avec la maison de disques pour les Black Stones ?
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Dim 4 Sep - 1:32
Dès la sortie du métro, l’ambiance underground et électrique se ressent dans le quartier de Camden. Là bas, les bâtisses sont vieilles et faites de briques rouges typique. Les magasins le long de la rue principale abordent avec excentricité des devantures les plus extravagantes qu’il soit. On peut par exemple se laisser fasciné par une converse géante qui sort du mur au dessus d’une boutique de chaussures bien évidemment. Juste à coté des jambes sans corps sont suspendues entre les fenêtres de l’étage et encore à côté une poupée gothique accueille macabrement les futurs clients… Tous les mouvements underground passent par là. Camden c’est la rencontre du Punk, du Gothisme, du vintage et des petites anglaises fashion. A chaque coin de rues, il est possible de se faire aborder par un tatoueur à la recherche de nouveaux clients. On peut y rencontrer des jeunes et moins jeunes punks aux crêtes fluorescentes, des gothiques piercés de partout dans des longues vestes noires, de crasseux rockeurs aux longs cheveux avec une pinte en main, ou encore des clones anorexiques d’Amy Winehouse. L’organisation des marchés semble chaotique. L’excentricité y est presque de rigueur au point que ça en est devenu une forme de business, d’attrape touriste. Et tous ces mélanges de culture font de Camden un quartier atypique ou l’atmosphère reste très agréable. C’est l’un des quartiers les plus vivants et originales de Londres et pour toutes ces raisons Nancy l’adorait. Elle connaissait les moindres boutiques par cœur que ce soit des magasins de jeunes créateurs, des boutiques vintages, des disquaires, des libraires ou des restos. A force de trainer dans cette zone, elle était quasiment certaine d’être entrer au moins une fois dans chaque pub, que ce soit simplement pour boire un verre en vitesse ou pour assister à un concert de nouveaux groupes anglais. Elle avait beau tout connaître, elle trouvait toujours un truc pour la surprendre. Et maintenant que Austin avait accepter d’y faire un tour, elle se réjouissait déjà d’y être.
- Génial ! s’exclama-t-elle au même moment que le serveur lui confia son menu.
Elle remercia le jeune homme qui s’en alla et plongea directement ses yeux sur la liste des plats servis. Elle n’avait pas excessivement faim alors elle ne savait pas vraiment si elle préférait se diriger sur de la viande, du poisson ou quelque chose comme des pâtes. Cependant les questions l’interrompirent dans ses études attentives des plats. Très naturellement, elle releva son visage vers lui avec un sourire et un léger étonnement. Cela la surprenait qu’Austin la questionne avant de consulter son menu.
- La situation ne change pas vraiment. Même si le retour de Parker sur Londres ne fait plus de doute, aucune décision n’est prise pour le moment. Enfin ceci dit la matinée était plutôt détendue. J’étais quasiment tout le temps avec Tallulah dans un studio de répétition. Faith est passé également, donc on a plus rigolé que travaillé…
Elle termina avec un sourire appuyé. Nancy avait pris l’habitude de raconter tout ce qu’elle faisait dans son travail à Austin. Il savait presque tout sur ce qu’elle faisait pour les Black Stones et des problèmes actuels du groupe. Et forcément comme elle lui confiait tout, il avait souvent celui qui la rassurait quand les évènements la dépassaient. La dernière fois en date qu’elle était rentrée paniqué à l’appartement c’est quand elle avait croisé Parker dans les studios. Normalement ce moment aurait du être placé sous le signe du soulagement et de la joie. Il fut tout l’inverse. Elle ne reconnu pas Parker dans son attitude. Elle avait l’impression d’avoir eu affaire à un tout autre homme. Elle le trouva méchant et détestable. Elle se sentit très mal dès qu’elle se retrouva à nouveau seule et immédiatement après cette furtive entrevue, elle appela Brandon. Elle eut du mal à retenir ses larmes. Mais à la fin de la conversation, elle avait retrouvé de l’espoir. Même si l’avenir du groupe avec Parker semblait de plus en plus compromis, elle su avec certitude que Brandon ne lâchait pas la machine. Il lui avait affirmé tout faire pour continuer à faire tourner le groupe et cela allégea Nancy d’un poids. La chose qu’elle craignait le plus, était que les Black Stones se termine si tristement. Elle rentra chez elle rassuré mais dès lors qu’elle raconta tout ce qu’il s’était passé à Austin, elle fondit à nouveau en larmes. Les conflits avec Parker la peinaient énormément, c’était quelqu’un qu’elle avait toujours considérait comme un membre de sa famille. Et elle ne le reconnaissait plus. Elle détestait presque la personne qu’il était devenu. Depuis elle se forçait à ne plus penser à cet événement. Elle cherchait à concentrer son intention sur les trois autres membres toujours présents.
- Et pour toi ? Tout s’est bien passé ce matin au label ?
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Mer 7 Sep - 2:07
Gérer sa relation de couple ne signifie pas « gérer l’autre » mais bien composer avec les différences, désirs et fonctionnements de chacun. Au-delà des reproches, critiques ou jugements, il peut être possible de penser, d’échanger et de vivre dans une relative bienveillance avec l’autre. Pour cela, il est important que la parole soit libre y compris dans les périodes de tensions et de difficultés… Il est important aussi d’apprendre à se priver de certaines choses afin de se laisser aller aux occupations qu’apprécie l’autre. C’est toujours au final être de moins en moins égoïste. Mais est-ce que cela voudrait dire pour autant : permission de mentir car en parlant de ses problèmes, on pense à soi et on devient égoïste ? Non, bien sur que non. Ce serait bête de penser ainsi. La personne qui pense ainsi est bête…Alors pourquoi Austin se mettait-il à se poser ce genre de questions ? Le jeune homme se disait qu’il devait à tout prix avoir l’air naturel tout au long du déjeuner. Puis se rendre à Camden avec Nancy, l’ambiance qui règne là-bas l’aidant à se détendre…Il finira par ne rien lui dire de la journée, et encore moins de la soirée en rentrant. Et l’excuse qu’il se sortira ressemblera à : « C’était une journée que je ne pouvais pas gâcher, Nancy avait l’air si ravie ! ».
Austin pouvait le faire…S’il était en compagnie d’une autre personne. Le simple fait qu’il hésite, prouve venant d’une personne aussi déterminée que lui que Nancy a une telle importance dans sa vie, cela le pousse à changer ses habitudes et même sa façon de penser parfois. A partir du moment où nous cessons de vivre seuls, nous devons renoncer à certaines de nos habitudes. Autrefois heureux seuls et sans autres normes que les nôtres, nous devons désormais apprendre à laisser filer un peu de notre liberté. Avant toute histoire sérieuse, il est indispensable d'avoir expérimenté un moment de solitude. En effet, savoir que l'on arrive à vivre « avec soi » permet de commencer une relation avec plus de stabilité et de sérénité. Bien des histoires échouent car les amoureux attendaient de leur partenaire qu'il les protège de la solitude plus qu'il ne les aime. Pour pouvoir entrer en relation, il nous faut arriver à une certaine tranquillité intérieure. Sinon, nous risquons de rejouer nos blocages et nos schémas inconscients. L'amour est beaucoup plus vaste et beaucoup plus profond s'il n'est pas seulement un rempart contre nos manques et nos angoisses d'abandon. Tomber amoureux suppose que nous soyons capables d'aimer l'autre, c'est-à-dire de nous détourner de notre personne propre. Pour s'enrichir et s'étoffer, notre histoire d'amour réclame qu'avec notre partenaire nous délimitions un espace commun. Il est le cadre dans lequel nous le retrouvons et où s'expriment notre tendresse et notre sensualité. Cette zone amoureuse partagée exige d'être créée. Hormis lors du « coup de foudre », cette construction s'établit dans la négociation. Chacun des membres du couple transige sur ses exigences et dispose d'une certaine plasticité. Il nous faut apprendre à renoncer à certains de nos « manies ». En ce moment, c’est la manie de détourner les sujets et finir par mentir qui gratte très sérieusement Austin. Bien qu’il porte un grand intérêt à ce qu’elle lui répondait, ce serait un mensonge que de dire qu’une partie de son esprit n’est pas connectée ailleurs…
Austin se concentre du mieux qu’il peut sur chaque mot prononcé par sa petite amie. Il porte même de l’attention aux mouvements de ses lèvres, à la dilatation de ses pupilles. A ses traits qui se détendent. Au moindre cheveu soulevé par un vent qui sort de nulle part. Il s’efforce en quelques sortes de toujours garder son objectif en tête. Mais le problème est que ce dernier se brouille et laisse place à d’autres sous-objectifs, qui n’ont rien d’autre comme utilité que de l’éloigner du vrai but. Chaque chose en son temps se disait-il intérieurement. Il lui faudra y aller doucement mais surement…Éviter la révélation directe. La repousser peut être même !
- Je suis content d’apprendre que les tensions diminuent, j’espère qu’il y en aura plus…Et que le reste de tes …matinées se passeront aussi mieux que celle d’aujourd’hui !
Il avait très bien fait de dire « matinée », et non « journée ». Il avait presque hésité, prenant le soin de placer dans cette réponse vraiment sincère, le bon mot pour le déroulement de la suite. Parce qu’au moment ou la question fut renvoyée à savoir comment, lui, avait vécu sa matinée…Austin commençait à stresser sérieusement à nouveau. Il mit énormément de temps à répondra, faisant exprès de prêter plus d’attention à son menu. Il ne pouvait pas se laisser faire par ses doutes, ni continuer à rester silencieux ainsi en survolant les noms des plats alors qu’il n’avait le moindre appétit…Austin ne pouvait pas, tout le temps, tout contrôler !
- Le Label…c’est fatigant parfois…
Ses yeux bleus toujours rivés sur son menu, il finit par laisser tomber ce dernier, ses lèvres se tordant l’espace d’une seconde, il se mordit en réalité la lèvre comme pour s’empêcher de dire quelque chose, choisir les bons mots…
- Ce matin c’était…..Vraiment parfait !
Il releva finalement son regard et le posa sur Nancy, laissant encore deux petites secondes de silence se faire une place avant de tout déballer…
- Dans le sens d’une mauvaise perfection…parfaitement mauvais quoi, enfin je me répète…T’as choisi quoi comme plat ? Je me dis que je devrais prendre la même chose que toi…
Il repose son regard sur le menu, encore une fois. Austin est une personne confiante, généralement, il inspire la confiance aux autres et les poussent à le croire. Là…On aurait dit un gars perdu, c’est peut être ce qu’il est. Sans doute ce qu’il ne veut pas être…Il agit bizarrement en tout cas en déclarant sur un ton très calme, presque absent…
- C’est à cause de moi les comptes bloqués, j’ai reçu la nouvelle ce matin !
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Jeu 15 Sep - 0:05
Depuis que la jeune Harrison avait fait la rencontre d'Austin, elle était constamment en train d'apprendre à le connaitre. Ils avaient beau se fréquenter depuis des années maintenant et se parler jour après jour, elle n'avait pas une connaissance absolue sur son petit ami. Et heureusement. Le jeune homme conservait encore des parts de mystères en lui. Nancy aimait ces moments où il lui relevait de nouvelles choses sur lui, ou quand elle remarquait de nouveaux tics jusque-là imperceptibles. La jeune femme voulait connaître le maximum de choses sur lui. S’il elle le pouvait elle aimerait tout savoir de lui cela est une chose impossible. Au fur et à mesure qu’elle connaissait mieux Austin, elle sentait qu’elle approchait d’une intimité unique mais qui restera en même temps un mystère renouvelé.
La première raison à ce mystère constant est que l'autre évolue constamment. Il ne faut pas rester sur ses acquis et se dire, j'en sais assez. Les choses changent, la façon de penser se développe avec les évènements, avec le vécu. Il faut donc sans cesse être curieux de l'autre et découvrir comment il évolue. C'est une chose cruciale d'ailleurs dans un couple. Parce que même dans une relation amoureuse, les partenaires restent deux entités à part. Chacun à son bout de chemin à tracer, son évolue à suivre. Quand les deux prétendants se rencontrent et qu'ils se rendent compte qu'ils sont faits pour s'entendre, ils se rapprochent et parcourent un bout de chemin ensemble. Mais cela ne veut pas forcément dire que le chemin est le même pour les deux. Si aucun ne fait d'efforts pour comprendre le développement psychique de l'autre, un jour après des années de silence, il se rend compte qu’ils n’ont plus rien en commun et que pendant tout ce temps le couple a tenu sur des ressemblances qui n’existe plus depuis longtemps. Les deux partenaires ne sont, tout simplement, plus sur la même longueur d’onde. Une découverte qui peut être un choc. Alors que si on est sans cesse en train de s'interroger sur l'autre, pas dans le sens du doute mais vraiment par plaisir de découvrir, alors on est apte à déterminer si son évolution personnelle s’accorde avec celle du partenaire.
L’autre raison pour laquelle Nancy ne pouvait connaître parfaitement Austin, est que chaque individu a sa propre intimité et qu’il fasse vraiment confiance à l’autre ou non, il y a toujours des choses qu’il ne voudra pas relever et garder pour lui seul. Alors finalement ce qu’on connaît de l’autre, ce n’est seulement que ce qu’il accepte de révéler. L’homme a en effet la capacité de dissimuler, de retenir ses émotions quand il sent que cela est nécessaire où qu’il en ressent le besoin. On ne peut connaître de l’autre, que ce qu’il ose dévoiler. Après il faut aussi savoir observer l’autre pour comprendre ses attitudes. Avec de l’expérience et un regard lucide, on peut parvenir à démasquer la dissimulation et les simulations. La pose artificielle est une des choses les plus évidentes quand on connaît suffisamment l’autre. Il y a de la retenue, un masque qui ne passe pas toujours inaperçu. C’est bien souvent un geste maladroit de la main ou un pied qui se balance avec impatience qui nous en dit plus qu’à travers un long discours.
Nancy avait rejoint Austin dans une parfaite tranquillité d’état d’esprit. La conversation s’était engagée sur des questions habituelles qui n’alertèrent pas vraiment son attention ou en tout cas qui ne perturbèrent pas sa sérénité du moment. Pour elle c’était un repas en tête à tête comme bien d’autre. Sauf qu’à un moment donné, elle perçut quelque chose d’étrange chez Austin. Il hésita sur un mot, il marqua un long silence alors qu’elle ne faisait que lui retourner la question. Alors que lui s’était mis à consulter la carte. Nancy gardait son regard curieux fixé sur lui. Il commençait à l’intriguer. Tout ces paroles et faits et gestes n’étaient pas totalement naturels. Austin n’agissait pas comme à son habitude. C’était à peine perceptible, mais Nancy remarqua le masque de la dissimulation et cela réveilla un signal d’alarme en elle. Son attention sur les mots d’Austin était à son maximum. Et puis, il répondit enfin à la question mais Nancy trouva tout d’un coup les réponses très vagues. Le label le fatiguait, sa matinée était « parfaite ». Il annonçait des choses d’une façon si dégagé, si lasse que forcément Nancy en fut intriguée. Il ne disait pas tout. C’était comme s’il ne voulait pas tout dire et forcément il en disait déjà trop. Du coup, Nancy voulait en savoir plus. Elle le regardait d’avec cette curiosité, une inquiétude mais aussi une certaine impatience dans les yeux. Elle allait lui demandait ce qu’il voulait dire par « parfait » mais il donna l’explication de lui même avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche. Enfin l’explication.. Ce n’était pas vraiment ça, il précisait simplement que sa tournure était ironique avant de directement dévier la discussion sur son choix de plats. Un revirement qui surprit Nancy. Prise au dépourvu par cette question, elle se pressa de chercher la réponse dans son menu un peu comme une élève cherche désespérément la réponse dans son manuel quand son professeur l’interroge sur une leçon alors qu’elle était perdue dans ses rêveries..
- Ha euh…. J’hésite entre le filet de saumon ou des lasagnes.
Bien qu’elle donnait sa réponse et que la faim l’avait tiraillé toute la fin de la matinée, ce qu’elle pensait déguster était devenu le cadet de ses soucis. Elle répondit parce qu’il lui avait posé la question et elle se devait de répondre comme une sérieuse élève interrogée. Pourtant son esprit était concentré sur autre chose. Austin agissait de plus en plus bizarrement. Et puis lui non plus, ne semblait pas attaché à la question de leur déjeuner. Son regard était porté sur le menu, mais il apparaissait clairement qu’il ne le lisait pas. Et puis toute la situation s’expliqua. Par la dernière phrase d’Austin, elle comprit pourquoi il y avait cette air étrange. Ce qui avait été un grand sujet de froid entre eux devait refaire surface. Nancy aurait aimé jouer à l’autruche et ne plus aborder à nouveau cette question d’argent, faire comme si cela n’avait jamais eu lieu et comme si il n’y avait aucun problème bancaire. Mais c’était faut et honnêtement elle en était incapable. A chaque fois qu’elle avait du sortir sa carte de crédit ou payer quelque chose, cela lui revenait à la tête. Elle se demandait si sa carte allait être rejetée quand bien même elle payait avec sa propre carte dont le compte été toujours suffisamment approvisionné. Il fallait que cette histoire se règle et que l’explication éclate au grand jour. Une décision qu’Austin avait déjà prise…
- En quoi ça serait de ta faute ?
Inconsciemment, elle avait baissé le ton de sa voix et s’était rapprochée de la table. Les histoire d’argent était une sujet de conversation très privé pour elle, une thème qu’on aborde par en public. Alors elle fit tout pour être discrète sans même sans rendre compte. Elle avait jusque-là voulu croire que c’était une simple erreur de la par des systèmes bancaires. Cela aurait une réponse facile. Elle ne comprenait pas comment Austin aurait pu être à la base de la disparition de tout cette argent. Elle attendait avec impatience sa prochaine réponse.
- Qu’est ce que le banquier t’a dit ?
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Dim 25 Sep - 19:57
Si seulement il n’avait pas à faire une fixation sur ce mot « parfait », et tous ces dérivés. Si seulement il pouvait la regarder en face, sans mentir, sans stresser, donnant la vérité pure et simple et ne pas se sentir …misérable ! C’est la plus grande partie de lui-même qu’Austin a du mal à assumer à ce moment. En effet, c’est la partie qui échoue, qui tombe, qui est loin d’être une perfection, une partie qu’il trouve détestable. Le jeune homme a l'obsession du petit truc qui lui fait souvent oublier le résultat final. Cette horreur de la faille, du manque, s'étend à des domaines variés chez lui : le savoir, mais aussi l'argent ; le perfectionniste s'arrange souvent pour en dépenser le moins possible. Il est tout-à-fait normal qu’il se sente minable aujourd’hui face à ce qui venait de lui sauter aux yeux suite à l’appel du banquier. Ce dernier n’avait pas donné la raison exacte, Austin l’avait déduit de lui-même. Le banquier n’avait rien fait que préciser les jours, les sommes, les heures exactes durant lesquelles furent retirés des milliers d’euros à chaque fois. En fait, Austin est un grand angoissé, d'où son fanatisme de l'hyper-contrôle, d’où ce sentiment qui le ronge en cet instant précis ou il tente de jouer sur les apparences, sans rencontrer le moindre succès dans cette activité. Il aura beau faire semblant, viendra d’une façon ou d’une autre un geste, un automatisme ou une parole qui laissera Nancy se poser des questions sur sa véritable humeur du jour.
La quête de la perfection est un piège vicieux. Elle s’apparenterait à vouloir atteindre la lune en construisant un immeuble géant. Vous montez progressivement, mais la lune semble toujours aussi loin. Pour vous rassurer, vous regarder vers le bas et vous remarquez que vous vous éloignez de la terre ferme. Rassuré, vous continuez à grimper sans même réfléchir. Comprenez par là que l’humain n’a pas la possibilité d’atteindre la perfection… Puisque celle-ci n’existe tout simplement pas en ce bas monde. Nous sommes des êtres humains, imparfaits de nature. Nos constructions, nos sociétés, nos lois et nos comportements sont imparfaits. Tout ce que l’homme a fait et construit part d’une nature subjective et non objective. Vous serez d’accord avec moi si je dis que la perfection subjective est un pur contresens. Viser la perfection, c’est vouloir atteindre quelque chose que nous ne pourrons jamais atteindre. Finalement, agir pour la perfection, c’est agir sans vouloir de résultat satisfaisant. Austin a pourtant toujours vécu avec cette étiquette de personne « succesful » qui est parti de rien et qui d’apparence est aujourd’hui parfait. Il a beau être issu d’une famille riche, son argent et sa réussite, il ne les doit qu’à lui-même. Ses parents lui avaient tourné le dos lorsqu’il leur fit part de ses projets d’avenir. C’est lui-même qui s’est bâtit cette vie et cette obsession. Cela n’est pas quelque chose d’héréditaire ou qui a fait partie de son éducation. C’est juste lui qui est comme ça. C’est ce qui rend la chute encore plus difficile à accepter, à avaler, et puis à confier à une personne qu’on aime profondément et qui est concernée par tout cela. Non pas parce que Nancy a quelque chose à faire là-dedans, mais elle doit être au courant. Austin a fait le choix de partager sa vie avec elle, leur couple n’est pas une amourette de passage, il dure depuis des années maintenant et il s’est toujours promis d’être le plus honnête avec elle. Ça n’a pas toujours été le cas, mais certaines circonstances qui engendrent certaines conséquences doivent à tout prix être dites.
Accepter les erreurs, de s’être trompé, de devoir recommencer ? C’est ça la torture vraie de chez vraie pour lui. Austin a tenté maintes fois de faire avec, cela a toujours été très difficile pour lui de s’en sortir, ça prend souvent des mois, voire des années. C’est un peu comme se dire « je veux faire 1h30 de sport », c’est si facile de se le dire. Par contre il est difficile de les faire à moins d’être très motivé. Seulement, la motivation n’est pas quelque chose qui s’enclenche à l’aide d’un bouton « On/Off ». La motivation s’entretient par le respect de lui-même mais aussi par la considération qu’il est « juste dans la moyenne » et qu’il doit d’abord « faire ses preuves » avant de viser la lune. En quelques sortes, c’est un peu comme l’insulter. Pourtant, ce n’est pas du narcissisme, seulement une phobie de l’échec, surtout lorsque ce dernier déçoit ses proches.
- Je crois que je prendrai des lasagnes…
Malgré ses phrases étranges, Nancy répondit à sa question sur un ton qu’il avait deviné soucieux. « Ça commence. » Pensa t-il, bientôt, il aura droit aux questions et non aux réponses. Il ne regardait pas Nancy, fixant encore du regard ces lettres, ces noms de plats alors que son esprit se trouvait ailleurs. Voilà, elle vient cette question, et elle baisse le ton ce qui interpelle tout de suite Austin, il relève son regard derrière son menu, puis finit par poser ce dernier sur la table tout en le refermant. Une gestuelle presque naturelle, mais c’est sans savoir que ses muscles se contractent et qu’il se sent presque étourdi à l’idée de devoir cracher le morceau, si tôt !
- Le banquier n’a rient dit sur la véritable raison…J’ai juste été aveugle…
Derrière ses propos, Austin détache son regard de la jeune femme et passe une main sur sa nuque. L’angoisse le ronge de l’intérieur, si ses membres ne sont pas paralysés, il a cette nette impression que c’est pourtant le cas. Ça ne sert à rien de repousser, ni de mentir, ça ne sert à rien au point ou il en est…C’est pour cette raison qu’il repose son regard bleu et suivant le même ton tenu par Nancy, il répondit non sans appréhension…
- Depuis le début de l’été, j’ai perdu toutes les parties…Plus je perdais, plus j’avais la conviction de gagner au tour suivant…J’aimais ça, cette sensation de me dépasser, de pas lâcher le morceau…Je ne comptais plus les sommes que je devais à chaque fois donné, je m’en foutais éperdument de ça, il n y avait que le jeu et l’envie de gagner qui comptait pour moi… Son regard se baissa, il se mordit méchamment la joue tout en hochant de la tête par dépit et indignation face à ses propres paroles. C’est devenu une drogue, même après notre retour de vacances, j’ai joué…Et je serai capable d’y aller ce soir en me disant que je retrouverai tout cet argent perdu !
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Mar 27 Sep - 23:21
Impossible pour la jeune fille de regarder autre chose que le visage de son petit ami. Elle observait tout, étudiait presque la gestuelle du jeune homme. Elle le voit poser sa carte des menus sur la table calmement. Elle fixe ses lèvres quand il avoue avoir été aveugle. Elle scrute la main nerveuse d’Austin quand il la passe derrière sa tête. Nancy fait attention aux moindres faits et gestes de son petit ami, elle est d’une certaine manière à l’affut de ces prochains mots, à la fois impatiente et anxieuse de l’explication qui ne va pas tarder à suivre. Il n’y a en fait une chose qui tenaille son esprit à ce moment-là. Le souvenir de ce qu’Austin lui demanda quand toute cette situation avait commencé accaparait ses pensées. A vrai dire tout avait probablement commencé avant ça mais c’est lors de leur voyage aux États-Unis que Nancy fut avertie des premiers signes de dangers financiers dans leur couple. Et à partir de ce qu’elle crue être une simple erreur bancaire, une dispute éclata dans le couple parce qu’elle voulait comprendre pourquoi il y avait eu cet incident et qu’Austin n’avait pas forcément envie de prolonger la discussion. Nancy se rappelait parfaitement qu’au moment où la tension se dissipa entre eux, Austin lui avait demandé de lui ne pas lui en vouloir. Les mots exacts furent « Si jamais il s’avère que je sois responsable d’autres choses dans un avenir proche ou lointain…Je voudrais que tu me pardonnes ». Cette demande particulière avait hanté l’esprit de Nancy depuis et malgré cela elle n’avait pas cherché plus que ça à savoir si la raison du refus de carte s’expliquait, ni pour quelles raisons Austin aurait pu se retrouver responsable. Les habitudes londoniennes revinrent très vite pour la manager, si bien que cela était très aisé pour elle de mettre de coté ce problème pourtant important. Elle agissait presque comme si cela n’avait jamais eu lieu et au fond d’elle, Nancy avait parfaitement conscience que c’était une grosse erreur de sa part. Dans leur vie de couple, la jeune fille s’était toujours reposée sur Austin pour tout gérer et le laisser assumer les responsabilités de couple. Elle se confortait dans le rôle de l’insouciante du couple, un comportement qui à force du temps peut s’avérer dangereux. Et puis, elle évitait volontairement de comprendre les problèmes financiers par peur de trouver de la souffrance dans les réponses qu’elle pourrait découvrir… Austin lui avait demandé de lui pardonner si jamais il la décevait. Quelque part, elle craignait de connaître cette déception puisqu’elle était prévenue que cela puisse arriver. Elle voulait la fuir à tout prix quitte à vivre dans une sorte d’ignorance et de mensonge. Mais cette attitude était égoïste. Pendant qu’elle se complaisait à avancer dans son insouciance Austin lui devait subir les remords s’il s’avérait responsable de quelque chose. Et il n’y avait rien de juste là-dedans.
Tout en gardant à l’esprit les mots qu’Austin avait prononcé à l’aéroport, Nancy écouta la suite, ses explications, les fameuses raisons de tous leurs soucis financiers. Austin avouait sans le dire vraiment les véritables causes. C’était son amour pour le poker qui était responsable de tout mais jamais Austin ne le dit concrètement. Mais cela était suffisamment explicite pour que Nancy comprenne et deux sensations bien distinctes gagnèrent la jeune femme. D’une part, elle était soulagée qu’il ne s’agissait pas d’un quelconque trafic dans lequel il aurait pu s’enliser et être la victime d’une mafia. Et pusi d’un autre côté, elle tombait de haut. Elle n’arrivait pas à croire que seul le poker pouvait faire perdre autant d’argent. C’était pour elle surréaliste de miser de grande somme d’argent sur un jeu de carte. En fait, elle avait beau essayé, elle n’accrochait pas à l’univers des jeux d’argent. Elle appréciait le poker mais à petit dose et lorsqu’il s’agissait de partie entre amis. Elle avait tenté à un moment de comprendre tout l’engouement qu’il existait pour ce jeu, mais elle ne parvenait pas à adhérer. Elle s’était simplement dit que ce n’était pas son truc tout comme d’autre personnes ne parviendrait jamais à apprécier les concert ou la musique comme elle. Ceci dit, même si elle n’aimait pas le poker et tous les tournoi, elle ne voyait aucun problème à ce que Austin aime ce jeu… jusqu’à aujourd’hui peut-être…
- tout pourrait vraiment encore jouer ce soir tout en sachant ça?
Elle posa la question impulsivement et un peu candidement aussi, stupéfaite par la dernière phrase d’Austin. Elle réalisait qu’elle était loin d’adhérer au concept du jeu d’argent. C’était vraiment quelque chose d’étranger pour elle. Et puis elle se refocalisa sur le fait qu’il ait perdu plutôt sur le fait qu’il puisse rejouer. Pour vider ses compte, il devait avoir jouer énormément. Cela lui faisait peur de découvrir combien d’argent il était prêt à parier sur une simple paire d’as…
- Comment s’est possible de pouvoir jouer autant d’argent ? ce n’est qu’un jeu de carte…
Pour la première fois elle avait l’impression que quelque chose l’éloignait finalement d’Austin. Ils n’étaient pas absolument pas d’accord sur tout, c’est normal mais elle comprenait toujours les raisons pour lesquelles il ne pouvait pas être d’accord avec elle ou ne pas apprécier une chose de la même façon qu’elle. Mais pour le poker et le fait de e rendre compte à quel point le jeu le consumer, c’était une chose qu’elle avait du mal à concevoir. Mais le besoin de jouer était secondaire pour le moment. La questions de l’argent paraissaient plus importante.
- Tu as joué beaucoup d’argent mais est ce que tu t’es endetté ? Tu as fait des prêt ? tu dois vendre l’appartement ou le label ?
En fait Nancy n’était pas foncièrement en colère. Rien dans ces questions ne laissaient entendre qu’elle pouvait être énervée ou déçue. Pour le moment c’était surtout de la surprise et de l’appréhension. Elle n’arrivait pas à estimer si la situation était catastrophique. La question de l’argent était toujours délicate. Elle était capable de vivre avec moins d’argent. Elle faisait partie des gens qui affirment que l’argent ne fait pas le bonheur. Ceci dit elle savait que s’il ne faisait pas le bonheur, il pouvait en revanche être source de grands malheurs. Le manque d’argent, l’endettement pouvait être responsable de grand déchirements et être la cause de mésententes et d’éloignements.
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Ven 30 Sep - 1:33
Austin était tout simplement tombé dans le piège de l’addiction. Une journée sans poker était devenue quasiment impensable ! Alors oui, on peut dire qu’il est accro. Accro, drogué, dépendant... Le poker fait partie intégrante de sa vie. Pour le meilleur et pour le pire. Et surtout pour le pire dernièrement. Le jeune homme garde encore une chose en tête qui l’empêche d’ouvrir les yeux : il se dit que tomber, c’est se relever pour la suite. Alors même qu’il enchaine les parties perdues, alors même qu’il a perdu d’importantes sommes d’argent, il espère toujours faire mieux à la prochaine et ne pas perdre. C’est tout le piment du poker. On peut exceller dans le bluff, posséder la meilleure main possible, jouer magnifiquement, et pourtant perdre sur un terrible coup du sort : le très redouté bad beat (il sert à l’adversaire la carte inattendue qui le fait gagner). Les bad beats sont comme une petite mort, pourrait assurer Austin. D’autant que juste avant que le couperet ne tombe, le joueur se sent invincible, comme lui la plupart du temps alors qu’il prend doucement le chemin de la défaite. Le hasard, c’est l’épreuve de réalité. Le paramètre qui met un coup d’arrêt à la mégalomanie. Il est très difficile de reprendre la partie après une telle déception, qui, de plus, fait perdre beaucoup d’argent. Indéniablement, les bad beats forgent le caractère : il faut apprendre à tomber et à se relever. Cela dit, je ne crois pas qu’ils préparent à encaisser les vrais mauvais coups de l’existence. Et c’est ce que réserve l’avenir à Austin, un bien grand mauvais coup, si énorme que cette fois, il tomberas bas, très très bas et ne pourra plus s’en relever.
Le hasard est l’élément qui oblige les joueurs à prendre leurs responsabilités. Une formule, « la malchance est une excuse facile », est devenue célèbre chez les professionnels. C’est comme dans la vie, il y a ceux qui se plaignent de ne pas avoir eu de bol et ceux qui se battent pour améliorer leur sort. Souvent, le hasard est invoqué pour ne pas se remettre en question. Le hasard n’est plus du coté d’Austin depuis des semaines. Certains vivent la défaite comme une profonde blessure d’amour-propre. C’est très douloureux parce qu’ils se sentent tout à coup complètement dévalorisés. Quand la plupart rient de leur maladresse, les mauvais perdants la vivent comme un échec personnel. Chaque point donné à l’adversaire est l’occasion de se dire qu’ils sont nuls. Certains vont chercher dans le jeu une reconnaissance qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Ils ont besoin de vérifier constamment qu’ils sont bien les meilleurs. Pour eux, comme c’est exactement le cas pour Austin, la vie est une compétition permanente. Le jeu n’y échappe pas, au contraire. Ce n’est qu’un jeu ? Non, ce n’est jamais que ça. Pour le mauvais perdant, c’est bien plus que cela. Le jeu n’est pas le contraire du sérieux pour lui. C’est l’inverse de la réalité, un espace où l’on réinvente sa vie. C’est un laboratoire révélateur de la personnalité de chacun. Dès l’enfance, jouer tient une place prépondérante dans la construction de son identité. On fait semblant, « on dirait que… », On joue aux grands, on se projette. Plus on grandit, plus on prend pied dans le réel. La vie entière est un jeu, diront alors de nombreuses personnes. Un long pari, un grand défi : vivre, c’est chercher la victoire, ne serait-ce que contre la mort. Dans l’histoire de l’homme, seuls les plus forts ont eu des chances de survivre. Certains trouvent donc dans le jeu une façon de tester leurs capacités de résistance. Un peu comme s’il s’agissait de la vie en minuscule : c’est le « je » sur la sellette. La logique est imparable : « Je joue ma vie, si je perds, je meurs ». Mais Austin en vient pas de connaitre la mort sur une partie de poker aujourd’hui, il venait de la connaitre dans les propres de Nancy. Une défaite, un échec de plus. Un mal absolu !
- Ce n’est pas qu’un jeu de cartes… Ce n’est jamais qu’un jeu de cartes.
Voici sa première réponse, donnée sur un ton calme mais glacial. Il savait qu’elle ne comprendrait pas de toute façon, il en était persuadé. Il ne lui en voulait pas, c’est lui le fautif dans l’histoire mais se faire balancer à la figure que ce n’est qu’un jeu de cartes est beaucoup plus difficile à encaisser qu’il ne l’avait pensé. A quoi il pense exactement lors qu’il se met à se ronger l’ongle du pouce tout en détournant le regard ? Il pense à ce qu’il lui avait dit à l’aéroport. Il pense à sa demande. Il se dit que c’est bon, il vient de la décevoir au plus haut point. Il vient d’atteindre la limite qui ne devait pas être touchée. Il commence déjà à tout perdre. Et le « tout », ce n’est rien d’autre que Nancy ! Austin se sentait comme un moins que rien à cet instant, un raté comme pourrait le dire son père. Il réalisait ce qu’il pouvait vraiment perdre. Se sentir misérable au fond de soi, parce qu'on a fait une erreur, une bêtise ou une faute. Larmes et morve, misère. Se sentir découragé d'être soi comme ça, à nouveau, malgré tout ce qu'on a fait de bien dans sa vie et qu'il ne s'agit pas de mettre à la poubelle par dépit.
- Faut que je prenne l’air !
S’exclama t-il en quittant sa chaise comme une furie ! Il se faufila entre les tables avec rapidité et hâte afin d’atteindre enfin l’extérieure de la péniche et de sentir un vent quelque peu froid venir calmer ses nerfs à vif ! Austin s’avance jusqu’à la rambarde et pose fermement et intensément ses mains dessus. Il s’y accroche comme si cela allait lui faire du bien, comme si cela allait lui apporter une réponse, une solution, une nouvelle lueur d’espoir. Car même si Nancy n’avait rien di de fâcheux, il a senti que c’était l’erreur à ne pas commettre ! Seul, il commença alors à dire à haute voix…Comme brulé par ce besoin de se punir lui-même ne prononçant ses pensées et se les faire entendre sur un ton désespéré.
- Je savais que j’allais finir par tout foiré ! Je savais que j’allais finir par la décevoir….
Ce qu’ignorait Austin en réalité, c’est que Nancy était là, juste derrière lui…
Spoiler:
Pas certaine pour la fin. tu me dis si ça te convient ou pas =)
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Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Sam 8 Oct - 1:15
Au même titre que la cocaïne, l’héroïne ou le cannabis, les jeux d’argent dans notre société actuelle sont reconnus comme de véritables drogues à part entière. Alors certes, le drogué ne consomme aucune substance psychoactive qui agit directement sur son système nerveux mais le résultat est le même. Quand le joueur entre dans une salle de jeux, s’installe devant une machine à sous ou à une table de paris, il éprouve des sensations apparentées au plaisir. Et plus il joue, plus il a besoin d’augmenter les doses, en accroissant les mises. Cela va de paire, les petites mises à force ne provoquent presque plus d’effet. La dépendance au jeu est réelle. Difficile à comprendre pour certains parce qu’elle ne s’explique pas chimiquement mais elle est bel et bien réelle. Quand un joueur ne peut plus parier, l’état de manque se manifeste. Le jeu devient une obsession. Il s’irrite plus fréquemment et plus facilement. Il perd le gout de tout ce qui s’éloigne du jeu. En fait il ne peut plus s’empêcher de jouer. Ca dépasse le but premier qui était de se divertir ou de gagner de l’argent. L’addiction devient petit à petit une pathologie parce qu’elle génère de véritables problèmes dans la vie de la personne. L’argent mis en jeu ne se récupère pas et dans la plupart des cas, il devait servir à autres choses. A acheter de la nourriture, à payer l’électricité, à se payer de nouveaux vêtement… Ce qui est fondamentale dans une vie, passe en second plan, d’abord vient le jeu ensuite le reste. L’addiction au jeu endette des familles entières. Pour pouvoir survenir à ses besoins, le joueur finit par faire un premier prêt bancaire, généralement en secret. Sauf qu’au lieu d’utiliser cet argent pour véritablement survenir à ses besoins, il l’utilise pour rejouer encore plus dans l’espoir de se rattraper une fois pour toute. Le pire des situations, c’est quand l’accro au jeu, a déjà connu une situation de gros gain. S’il a connu ce moment de victoire, il croit dur comme fer qu’il sera capable de recommencer et même de faire mieux. L’endettement ne fait que croitre. Toute l’argent du premier prêt est misé… alors on en fait un deuxième, un qui soit un peu plus élevé pour racheter le premier et pour avoir de quoi rejouer. Et c’est ainsi de suite jusqu’à n’en plus finir. Enfin non, jusqu’à ce qu’on se retrouve au point de non retour où on doit tout avouer à ses proches. Généralement, la famille est au courant de l’amour du jeu mais elle ignore tout du côté addictif. Et quand elle découvre les sommes mises en jeu, elle tombe de haut. Elles peuvent se sentir désemparées, choquées, déçues, en colère. Dans les familles les plus unies, l’entraide se met en place, on se porte garant pour le malade, on l’aide à rembourser. Mais cela ne change rien à la maladie. Malgré le sentiment de honte qu’il a connu en dévoilant sa situation, cela n’a rien changé. Il a toujours envi de rejouer, se s’endetter encore un peu plus. Ce n’est pas une situation où retenir la leçon suffit. C’est maladif. Le seul remède est une désintoxication, une thérapie. Cette maladie peut détruire des familles entières d’abord financièrement mais aussi au niveau de la confiance. Dès lors qu’on a conscience de l’addiction, les doutes, les méfiances sont là en permanence et ronge petit à petit les relations. Cela fait naitre une tension qui quand elle n’est pas correctement abordée fait exploser tous les rapport. Cela ne concerne pas que dans la relation qui relie le joueur à ces proches cela va même jusqu’à détériorer la bonne entente entre les proches eux même. Chacun au bout d’un moment accuse l’autre de ne pas s’impliquer autant, d’être complice du joueur, de ne pas suffisamment participer aux remboursements, à la guérison du joueur.
La situation n’était pas si catastrophique dans le couple Austin/Nancy . Et c’est justement ce qu’elle cherchait à établir en posant ses questions à Austin. Elle avait envi d’avoir une estimation des dépenses d’Austin. C’était son côté organisationnel qui prenait le dessus. On fait le bilan de la casse avant et on panique ensuite. En fait, la jeune femme ne réalisait le côté addictif, elle avait besoin qu’Austin estime ses dépenses de jeu pour comprendre cela, pour comprendre à quel point la passion du poker pouvait être dangereuse. Pour elle les cartes rester au niveau du divertissement, et à travers ses questions peut-être maladroite, elle voulait comprendre ce qui avait fait qu’Austin dépense autant. La seule réponse qu’elle obtient ne l’aider pas vraiment à saisir la passion. L’impression qu’une distance naissait entre eux sur un point s’accroissait avec cette réponse. C’est comme si il lui avait sèchement dit ‘tu ne peux pas comprendre, tu ne le pourras ». D’emblée elle se sentait éjectée, même légèrement vexée.
- C’est quoi alors ? Explique moi !
Elle posa les questions, mais elle avait l’impression qu’Austin ne l’avait même pas entendu. Son regard était ailleurs, il s’acharnait sur ses mains et puis il quitta tout simplement la table. Nancy était abasourdie. Il l’a laissé là dans son incompréhension totale. Elle resta immobile quelques seconds irritée mais à la fois inquiète. Le mal-être d’Austin était saisissant, elle ne pouvait pas rester assise sans rien faire, à attendre qu’il culpabilise de l’avoir abandonner à leur table. Elle suivit donc ses traces et se rendit sur le pont de la péniche. Elle parvint à son niveau en toute discrétion au moment même où il se parla à lui même. Le ton de désespoir d’Austin déchira Nancy. Plus question de manifester son irritation. Elle trouvait cela trop cruel de pouvoir agir ainsi. Elle était incapable de se montrer ainsi peu importe le degré de son énervement.
- la seule et unique raison pour laquelle je pourrais être déçue à ce moment précis, c’est parce que tu me crois incapable de comprendre. Cesse de vouloir que tout soit absolument parfait et dis moi juste les choses telle qu’elle sont.
Elle était resté derrière lui sans manifester sans présence par un bruit annonciateur. Elle s’exprima d’une manière suppliante. Elle avait envi de faire comprendre à Austin, qu’il n’avait pas besoin d’être irréprochable à tout moment. Son côté perfectionniste devenait de plus imposant dans leur relation si bien que Nancy avait l’impression qu’il finissait par culpabiliser de tout même si c’était pour les détails insignifiant. Certes, dans la situation actuelle c’était loin d’être un léger détail mais le problème était le même.
- Avant tu ne jouais pas autant… qu’est ce qui a déclenché ce besoin de … miser de plus en plus ? Explique moi !
Elle s’était cette fois ci légèrement avancé pour être à ses côtés. Elle voulait voir son visage et non sa nuque. Si elle voulait parvenir à comprendre, cela devait commencer par le début, l’origine de sa dépendance. Une addiction survient toujours pour combler un manque. Nancy avait besoin d’au moins comprendre qu’elle était ce manque.
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Lead me to the truth & I Will follow you with my whole life
Lets Talk About Love: The best thing about me is you.
Playlist: Radiohead - Airbag + Karma Police + Exit Music + Paranoid Android, Owen Campbell - In Like The Rose + Love Burns + Weapon Of Choice, Billie Holiday - Strange Fruit, Ray Charles - What i'd say, The Clash - London Calling, Blur - Song 2, Heiress - Sober, Black Rebel Motorcycle Club - Annabelle Lee
Mood: Worried/Happy
Tell Us Relationship: Age du personnage: 25 ans Proposition de sujet : off
Sujet: Re: These Are My Twisted Words [PV] Lun 10 Oct - 19:23
Il y a ceux qui se droguent à toutes sortes de poudrettes magiques. D’autres qui préfèrent l’alcool ou même certains vices sexuels. Et il y a ces gens, à l’image d’Austin, pour qui le jeun et LA grande addiction. Ils ne sont pas différents des autres, lorsqu’ils ne savent plus dire « stop », eux aussi sont contraints de suivre un traitement, une thérapie. D’entrer dans un centre de désintox’ fait pour leur cas. De revoir leur vision de certaines choses, de laisser tomber les mauvaises habitudes. Isolement social, mise en danger financière, mise en danger psychologique. On peut le comparer à n’importe quelle drogue. Mais en y réfléchissant, c’est aussi très comparable à une religion. Une religion avec ses icônes: Phil Ivey, Doyle Brunson, Gus Hansen et tous les pros. Une religion avec ses courants: “Moi je suis texas holdemiste et toi? Moi je suis Studiste.” Une religion avec ses églises: Pokerstars, Partypoker, Winamax et consœurs, une religion avec son Jérusalem: Las Vegas. Comme beaucoup de croyants, le joueur connait la crise de foi. (Certains aussi la crise de foie mais pas pour les mêmes raisons): pourquoi je joue? Pourquoi alors que je suis un pratiquant assidu et dévoué, je ne gagne pas? Le dieu poker existe-t-il? La comparaison se tient presque. Et si Austin se mettait à chercher réponse à ces questions. Il se dira sans doute qu’il avait longtemps trouvé du réconfort là-dedans. Qu’il avait maintes fois gagné et qu’à un moment, il devait bien perdre la main. En effet, ce sont des réponses un peu futiles, mêmes incompréhensibles et sans aucune objectivité. N’est pas ce que les vrais religieux ont comme caractéristiques par moment ? Ils sont là, ils y croient dur comme fer, mais ils n’ont pourtant pas réponse à tout. Imaginez alors ce que cela doit être pour Austin, à la fois grand pratiquant du poker et perfectionniste dans l’âme. C’est un énorme paradoxe finalement qu’il représente lui-même. Et surtout cette question : Comment se fait-il qu’il ne s’était rendu compte de rien ? C’est pourtant simple : Tant qu’on y prend du plaisir, on ne se rend compte de rien !
Tout le monde n'est pas susceptible de devenir dépendant aux jeux mais certains sont plus fragiles que d'autres. Il faut savoir que dans la majorité des cas, l'addiction au jeu n'est pas une cause mais une conséquence de mal être, car tout le monde quelque part souffre ou a souffert de son propre vécu. Le poker était son « briseur de soucis ». Il en avait besoin lorsque le Label allait au plus mal, et plus encore suite à la fausse-couche de Nancy. Le poker lui a permis de dédramatiser son malheur. Ce qui n’était au départ qu’une passion s’était avéré comme un traitement (avant de ne finir en addiction). C’est aussi ce qui lui permettait de se voiler la face sur bien des détails qui l’auraient rendu malade avec son perfectionnisme. La suite peut être une chose qu’on connait tous, car l'on tente à tout prix de se faire plaisir pour fuir les soucis. Certaines personnes plus que d’autres, de toute évidence. Celles qui essayent de vivre uniquement dans le plaisir car elles sont malheureuses, alors, chaque bonheur artificiel créé ou réuni, leurs font oublier leur vie, ce sont des personnes qui ont toujours envie d'aller faire la fête, au resto, en boite de nuit, qui sont en perpétuelle recherche d'un amusement quelconque, bien-sur ces personnes ne peuvent se contenter d'un instant sympathique, l'excès est toujours de rigueur, enfin l'usage des stupéfiants ou autres tranquillisants qui les rendent insensibles. Cette course après la jouissance, mais aussi comme protection à leur propre souffrance où l'un ou l'autre de ces moyens leur devient indispensable pour supporter leur fardeau.
Cela signifie bel et bien que ce n'est pas le produit qui fait « l'addicté », que ce n'est pas l'alcool qui fait l'alcoolique, ni la drogue le toxicomane, mais avant tout : la fragilité psychique préexistante d'un sujet. Alors, ce n’est pas le poker qui fait d’Austin un accro, c’est ce qu’il a connu comme mal être qui a déclenché tout le processus, jusqu’à touché le fond aujourd’hui. En effet, même avec ce qu’il sait, il verra toujours le jeu comme la solution, il voudra jouer encore. Lorsque la voix de Nancy se fit entendre juste derrière lui. Il en fut paralysé ! Figé, à l’image d’une statue de pierre. Il l’écouta tout en se maudissant intérieurement. Si ce n’est de dire qu’il se haïssait d’en être arrivé à ce point. Sa tête finit par faire un mouvement, elle se baissa, observant l’eau du fleuve…Le ton de Nancy lui déchira le cœur, il avait le sentiment que même s’il se rattrapait, il y aura toujours une marque, une fausse note quelque part. Austin n’est pas un pessimiste, c’est un réaliste, et cela le pousse à envisager le meilleur comme le pire. Le jeune homme se mordit méchamment la lèvre, restant silencieux jusqu’à ce que Nancy vienne à sa hauteur…Il refusait de la regarder en face. Il se sentait trop indigne de poser son regard sur elle. Austin et ses manies de refuser l’échec font souvent que ces réactions restent aussi réservées que poussées. Il est profondément minable à cet instant…
« J’en sais rien… » Dit-il tout d’abord en serrant les dents. Cette réponse allait la décevoir, alors il poursuivit… « Ça a commencé quand le groupe phare du Label a décidé de quitter la scène musicale…Puis ça a continué avec d’autres…J’avais l’impression d’avoir que des junkies à produire et qu’ils finiraient tous par se foutre en l’air un jour…Je les ai tous mis à la porte, et aujourd’hui encore je doute de la capacité à tenir de ceux qui restent…J’ai perdu le contrôle… » Ajouta t-il sur une petite voix. « J’ai perdu le contrôle sur absolument tout…Je me sentais inapte à faire du bon boulot. Et puis, il y a eu…ta fausse couche…J’avais plus rien, j’avais le sentiment que tout le monde avait quelque chose. Et que moi j’en perdais de plus en plus…Je me sentais impuissant face à toi, avec ce sentiment de ne pas faire ce qu’il fallait…Le poker a toujours été là dans ma vie. Et cette fois, il a été plus présent que quiconque … »
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Limb by limb and tooth by tooth Tearing up inside of me Every day every hour I wish that I was bullet proof