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Revival Rock

When passion rules the game. I ain´t got no control, when my heart´s in flames.

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What are you waiting for ? (Pv. Sid)

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MessageSujet: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Mer 6 Juil - 2:35

Il faut une motivation à tout. Chez les animaux, ce sera l'instinct de conservation, c'est-à-dire la simple notion nécessaire pour déterminer quelle action il est préférable de poser pour survivre dans les conditions les plus favorables. Chez les hommes, bien que l'instinct de conservation ne soit pas complètement effacé, la motivation relève bien plus souvent qu'autrement du désir. Cela est entre autres l'effet d'une civilisation évoluée comme le connaissent la plupart des pays occidentaux. Étant donné qu'il n'est pas nécessaire de lutter pour survivre : pour trouver sa nourriture, pour se loger ou pour maintenir une sécurité acceptable, il devient alors possible, voire nécessaire de combler un autre type de besoin, ceux qu'on appelle les désirs. Il y en a donc de toutes les sortes et qu'importe s'ils sont importants ou plus discrets, c'est souvent ce qui fait la différence dans la manière de vivre une journée. Pour Samuel, c'est exactement comme ça que les choses se passent. Lorsqu'il se lève le matin sans trop savoir quelle est sa motivation, en d'autres mots son désir à combler, il n'a aucune énergie, aucun enthousiasme. L'absence de désir peut se faire momentanément, donc ne pas être forcément un problème à long terme. Elle peut survenir en raison de la fatigue, d'un découragement passager, ou simplement à la suite d'un moment un peu moins heureux. La majorité du temps, il n'y a strictement rien à faire pour y changer quoi que ce soit, sinon que d'accepter de laisser un peu de temps filer. N'est-ce pas d'ailleurs là le secret du bonheur tout simple ? Accepter qu'il ne peut pas être présent à tout instant, qu'il faut parfois l'attendre un peu. Quoi qu'il en soit, la sensation d'avoir manqué de motivation, de désirs à combler, a fait partie intégrante de la vie de Samuel ces derniers temps. Ironiquement, il a beaucoup de mal à identifier la cause de ce sentiment étant donné les circonstances assez positives dans lesquelles il se trouve présentement dans presque tous les aspects de sa vie.

Aujourd'hui est un jour différent en ce sens où Samuel est d'une humeur plutôt réjouie. Aujourd'hui, il a quelque chose après quoi attendre, quelque chose qui le motive pour toute la journée. Il n'y a ni répétition, ni concert, ni réunion, rien que du temps pour lui. Pour tout dire, les jours ainsi ne se présentent pas si souvent que cela et il en a profité pour aller faire un tour au cinéma où il travaillait encore il n'y a pas si longtemps pour voir un film. Cet instant de pause et de divertissement lui a fait du bien, spécialement dans la mesure où il lui a fait désirer un autre moment à venir au courant de sa soirée, un moment qu'il ne passerait assurément pas seul. Ce matin, il a appelé Sid pour lui proposer de venir passer la soirée chez lui. Ces derniers temps, ils se voient plus souvent qu'autrement entre deux titres durant les répétitions, c'est-à-dire qu'ils ont peu de temps pour ne profiter d'eux et que d'eux, de ce qui ne concerne personne d'autre. Il faut dire que Samuel n'est pas exactement enclin à se montrer intime avec le chanteur lorsqu'ils ne sont pas seuls. Mauvais concours de circonstances ! Du moins, cela ne signifie pas qu'il n'a pas envie de le voir et de passer un peu de temps seul à seul avec lui. Le malaise qu'il lui arrive de ressentir assez sérieusement lorsqu'ils sont avec d'autres n'a absolument pas lieu lorsqu'ils sont à l'écart, en privé. On peut presque parler de deux Samuel différents, complètement opposés. Les doutes ont ce don si particulier de transformer leur auteur du tout au tout.

Vers le dix-huit heures, heure du rendez-vous, le jeune homme est occupé à gratter les cordes de sa guitare acoustique. Il lui est essentiel, sinon vital, de laisser la musique occuper une place dans chaque jour de sa vie, même si ce n'est ainsi que pour se divertir et faire passer le temps un peu plus rapidement. Il s'arrête au moment où il entend cogner quelques cous à la porte de son appartement, toujours ce même studio qu'il a pris lorsqu'il a mis les pieds à Londres. Tout en reposant sa guitare sur son support et en se dirigeant vers l'entrée, il songe qu'il reste peut-être ici parce qu'il s'est véritablement attaché à l'endroit. Certes, il aurait les moyens de vivre dans un appartement beaucoup moins modeste que celui-là, mais il ne voit pas vraiment l'intérêt de vivre ailleurs si ce qu'il a lui convient déjà à la perfection. Ce n'est pas devenir musicien professionnel qui lui a fait changé ses principes et ses valeurs en tout cas.

Il adresse un immédiat sourire à Sid qui se tient là, juste derrière la porte qu'il ouvre. Pourtant, il se rend compte à la tête que lui tire ce dernier qu'il ne semble pas... comment dire... d'une superbe humeur. Peut-être qu'il se trompe et quoi qu'il en soit, Samuel n'est du style à perdre facilement son sourire. Durant quelques secondes il l'observe sans broncher, espérant peut-être voir un sourire décoché, mais rien. Il se recule pour le laisser entrer.

« Est-ce que t'as mangé ? »

Un détail dont ils n'ont pas parlé au téléphone, mais un détail de bien faible importance. Il lui fait plaisir d'accueillir Sid chez lui. Je dois dire qu'il a vraiment ressenti un manque aujourd'hui, en songeant qu'il le verrait ce soir. C'était sa motivation de la journée, son désir le plus profond. Disons pour le moment que les choses ne semblent pas commencer tel que prévu, mais il compte bien renverser la vapeur. À quelque part, il est parfaitement conscient de la difficulté qu'ils vivent dans leur relation dû au fait de travailler ensemble. Cela comporte des frustrations pour tout le monde. Ils n'en ont encore jamais parlé, mais il se demande bien souvent si Sid aurait préféré qu'ils s'affichent au grand jour, devant tous les autres.

« J'ai pas cessé de penser à toi aujourd'hui. » dit-il, finalement, avec le sourire de nouveau.

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Ven 8 Juil - 22:29

Sid B. Fergesson
& Samuel Hill




I know what it means to be alone, I sure do wish I was at home.
I don't care what the neighbors say, I'm gonna love you each and every day.
You can feel the beat within my heart.
Realize, sweet babe, we ain't ever gonna part.



    Se changer soi avant de changer le monde, tel est sans doute la phrase qui introduit au mieux le développement personnel chez n’importe quel individu. Je peux témoigner et dire sans retenue que Sid a changé, qu’il a su évoluer dans le bon sens du terme. Toutefois, dans ce changement, certaines découvertes l’ont plus marqué que d’autres. Ces découvertes le poussent toutes vers le doute. Savoir douter par esprit et par raison n'est pas si peu de chose qu'on le pense : car, il faut le dire ici, il y a bien de la différence entre douter et douter. On doute par emportement et par brutalité, par aveuglement et par malice ; et enfin par fantaisie, et parce que l'on veut douter. Mais on doute aussi par prudence et par défiance, par sagesse et par pénétration d'esprit... Le premier doute est un doute de ténèbres qui ne conduit point à la lumière, mais qui en éloigne toujours ; le second naît de la lumière et il aide en quelque façon à la produire à son tour. Le doute est un état, soit que notre propre fait nous y sommes plongés, soit qu’il ait été induit pas quelqu’un d’autre, par une personne malveillante qui s’est ingénié à nous égarer, à nous inquiéter en attaquant tout ce qui formait le socle de nos certitudes. Mais qu’en est-il alors du doute qui vient d’une personne qui n’est guère malveillante à notre égard ? Que dire de ce doute qui n’a pas d’explications claires, seulement des suspicions en tout genre ? Les réponses à ces questions restent vagues. Une chose est néanmoins sure : Vivre dans le doute, c’est sentir que tout se dérobe, que tout nous file entre les doigts, que rien ne reste. Il n’y a rien de certain, parce qu’il n’y a rien de stable.

    Ce doute sustente en Sid une étrange émotion. Et vient alors la question : à quoi sert exactement cette émotion ? Ou de façon plus globale, à quoi servent les émotions ? Les émotions servent à préparer le corps à l’action de façon instantanée en déclenchant toutes les sécrétions hormonales permettant une réponse adaptée à une situation nouvelle. On peut considérer que les émotions sont le résultat de l’évolution du vivant. Ainsi, un animal qui perçoit un danger va se terrer ou s’enfuir. Toutes les fonctions physiques qui permettent cette action seront petit à petit associées à une émotion. Dans ce cas, cette émotion sera la peur ; au fil des générations, elle sera transmise génétiquement pour devenir le déclencheur instantané des réactions physiques et hormonales nécessaires. Les émotions de base expriment nos instincts de survie et de reproduction. Ainsi notre comportement est à la base de la création des émotions. L’émotion est une faculté adaptative et évolutive. Tous les animaux connaissent les émotions de base que sont l’agressivité, la peur, la tristesse, l’attirance sexuelle, le dégoût, la joie, la surprise, la satiété. Ces émotions servent à la survie de l’animal pour trouver sa nourriture, se protéger d’éventuels prédateurs et pour se reproduire. Ces émotions sont déclenchées à la base du cerveau par le cerveau primitif, siège de la mémoire affective. Outre les émotions, le cerveau primitif commande également les fonctions vitales comme la respiration, les battements du cœur et le métabolisme des autres organes.

    Les émotions commandent les réactions instinctives nécessaires à la survie, elles ne passent pas par la raison et sont difficilement maîtrisables. Le cerveau, en se développant chez les animaux supérieurs, en grossissant autour du cerveau primitif, par des couches successives de matière grise appelées néocortex, a permis la création de nouvelles émotions comme le rire, la honte, la fierté, la jalousie ou l’amour qui n’apparaissent que chez très peu d’animaux supérieurs. Les émotions sont d’abord le résultat d’une adaptation à une situation avant de devenir instinctives et transmises génétiquement. Parmi les émotions, la peur est la première, on peut dire qu’elle est « précâblée » dans le cerveau, elle est innée car nécessaire à la survie. Elle engendre, selon les situations, un comportement de fuite ou d’attaque, modifiant l’émotion de peur en émotion de honte ou de colère, selon le choix, pour adapter la réponse corporelle. Toutes les autres émotions lui sont soumises et n’apparaissent qu’avec l’expérience et l’évolution. J’en viens donc à dire que Sid a peur. De qui ? De quoi ? Pourquoi ? Tout ceci peut se résumer en un seul mot, en un seul prénom plus distinctement : Samuel. Il a peur parce qu’il en couple, et parce qu’il commence à se rendre compte qu’il est tombé amoureux, et qu’il ne sait si Sam est sincère tant il a l’impression qu’il le fuit presque ces derniers temps. A chaque étape de la vie de couple, la peur intervient. Car l’expérience de la vie à deux est celle qui bouleverse le plus notre identité profonde. Contrairement aux idées reçues, le couple se construit sur le risque et dans l’insécurité. Bien sûr, les peurs varient selon l’âge, l’expérience et le niveau de confiance en soi de chacun des partenaires. Pourtant, pour les jeunes couples comme pour les anciens, la peur n’est pas seulement un frein. Elle est souvent un moteur, un indicateur de nos émotions profondes. Le problème, c’est son degré d’intensité : quand elle devient paralysante, elle peut être fatale à la relation.

    C’est donc avec le doute et la peur que Sid se rendit chez Samuel. Sa mine ne présageait rien de réjouissant. Et lorsque la porte de l’appartement du jeune homme s’ouvre et qu’il lui fait face. Le sourire qu’il observe le déstabiliserait presque, je dis bien presque. Car Sid ne change point d’expression et se contente d’entrer en silence. Il repense à ce que lui avait dit Damian, qu’il est préférable d’en parler avec le principal intéressé.

    « Je n’ai pas faim. »

    Donnait-il pour réponse. Remarquez là, qu’il ne répond pas comme il se doit. La réponse la plus naturelle aurait été plutôt un « oui » ou un « non » auxquels se seraient accordés d’autres mots. Tiqué, il se tourne intrigué vers Samuel en l’observant un moment comme étonné par ce qu’il venait d’entendre, ne s’y attendant pas. Il se dirige vers le canapé et y prend place sans attendre un signe de Sam. Toujours dans le silence, il finit par demander…

    « Et, t’as pensé à autre chose aussi ? » Ou voulait-il en venir ? Il l’ignorait lui-même au moment ou il posa la question. « Est-ce qu’il t’arrive de penser …A ce que tu ferais en ce moment si tu n’étais pas avec moi ? » C’est encore moins clair, à croire qu’il ne sait engager un sujet sérieux avec délicatesse, il remonta son regard bleu et demanda directement. « Est-ce qu’il t’arrive de penser…aux femmes ? Est-ce que ça te manque ? »

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Sam 16 Juil - 17:26

Il y a cette incessante difficulté à comprendre les autres, en raison du fait que quoi qu'on fasse, peu importe la bonne volonté qui nous habite ou même un sens profond de la compassion, il n'y a pas deux êtres qui pensent de la très exacte même façon. Certains diront que oui, que tous raisonnements poussent forcément vers les mêmes objectifs d'un point de vue rationnel et humain (exemple : l'homme cherche le bonheur, c'est cette quête qui motivera toutes ses actions), mais je persiste à croire que c'est faux. Certes, nous sommes à peu près tous à la recherche d'une seule et même chose, soit l'idée de vivre heureux, mais le bonheur ne se définit pas de la même façon chez tous les individus. Cela se rapporte entre autres, si ce n'est pas exclusivement, à nos expériences passées. Pour celui ou celle qui est orphelin, la famille représentera peut-être l'élément le plus important au bonheur, tandis que pour un autre qui aura grandi à entendre des groupes de musiques qu'il admire, le fait de percer dans le domaine pourrait être l'accomplissement ultime et désiré. Quoi qu'il en soit de tout cela, Samuel et Sid partagent sans le moindre doute la même envie d'être heureux et de l'être ensemble. Si tel n'était pas le cas, ils ne seraient pas aujourd'hui ce que l'on appelle, et je ne vous apprends rien, un couple. Qui plus est, ils ne seraient pas l'un en face de l'autre dans l'appartement de Samuel, jamais ils n'auraient pris la peine de se donner un rendez-vous en cette soirée qui n'a à l'origine rien de si exceptionnel sinon que d'être le moment présent. Cela a en tout cas pour finalité de faire comprendre que malgré tout, Samuel se trouve dans la complète incapacité de déterminer ce qui se passe derrière le regard un peu sombre de Sid, qui vient d'arriver enfin. Au départ, il n'a pas vraiment cherché à percer le mystère, songeant qu'il était de loin préférable de seulement se montrer sincère et ouvert, mais il se rend bien rapidement compte que Sid n'entend pas les choses ainsi. Il ne lui en veut pas, mais il se trouve plutôt un peu surpris. Il serait bien faux de dire qu'il n'a absolument pas conscience du fait que certaines choses sont un peu confuses entre eux ces derniers temps, mais vraisemblablement, il ne s'attendait pas du tout à une entrée aussi fracassante. Il lui faudra se rappeler que Sid restera toujours Sid et qu'il sera toujours... complètement imprévisible.

Ses paroles sont... comment dire ? Distantes et légèrement froides. Tout droit sortie du Pôle Nord, y'a pas mieux à dire. Samuel l'observe calmement, ne sachant pas exactement quelle attitude adopter face à la direction que prend un peu trop rapidement leur tête à tête. Il ne sent pas véritablement d'agressivité de la part de Sid même s'il n'est visiblement pas d'une excellente humeur, mais la brusquerie dont il fait preuve le pique un peu : l'art de se faire mettre au pied du mur en deux temps, trois mouvements. Mais enfin, maintenant que la soirée a été entamée de cette façon, il ne lui reste plus qu'à plonger et à tenter de ne pas se noyer dans tout cela. Il n'a plus vraiment le choix de toute façon.

« J'ai certainement pensé à un tas de choses. » Déclare-t-il d'une voix douce, parlant un peu comme si l'évidence était sous leur nez, mais il réalise rapidement que ce n'est pas de la sorte qu'il a envie d'entrer dans cette conversation qui, finalement, se devait bien d'être mise sur le tapis. Samuel regarde son compagnon dans les yeux quelques instants sans rien ajouter, toujours réfléchissant, puis il le rejoint sur le canapé où il a pris place avec une rapidité qui n'a rien à envier à un coureur de marathon olympique. « Mais pas à ça, non. C'est pas un peu dingue comme question ? »

Absolument très loin de lui l'envie de vexer Sid, car ça ne fait ni partie de ses plaisirs, ni des choses très pratiques à faire. En effet, Samuel est l'un de ceux à être parfaitement au courant de ce que cela peut donner d'être en froid avec lui ! Néanmoins, sa principale préoccupation est qu'il a bien tout, sauf envie d'être en froid avec lui quelles qu'en soient les raisons. Pour être bien honnête, il n'avait pas vraiment envie que cette soirée se transforme comme ça en conversation sérieuse et pénible, mais il savait que cela devrait arriver tôt ou tard. Il n'est plus temps de reculer, donc. Il reprend tranquillement ses esprits, essayant de chercher au fond de lui ce qu'il y a vraiment à répondre aux questionnements du grand blond.

« Sid, je... pourrais te poser la même question dans ton optique de pensée. Si je n'étais pas avec toi, je ferais assurément autre chose que d'être avec toi ce soir, mais je doute que ça impliquerait qui que ce soit, ou une femme, ou n'importe quoi ! »

Non, bien sincèrement, il n'a pas envie d'aborder ce sujet et ce n'est pas un manque de confiance envers Sid. Seulement, ça reste quelque chose d'extrêmement délicat. Samuel aime les femmes, voilà une chose officielle et avouée, mais il n'en a pas moins aimé Sid également. Ce fait même est confus pour lui, mais il a avec le temps cessé de chercher à en trouver une explication cohérente. Ne dit-on pas que l'amour n'a rien de logique, de cohérent ou de rationnel ? Assurément ! Et cette simple affirmation en explique une tonne d'autres, sur lesquelles on pourrait sinon passer une existence toute entière à bloquer. De plus, la véritable réponse est que non, il ne s'est pas vraiment surpris à se rendre compte que les femmes lui manquent plus particulièrement qu'autre chose. Si Sid n'était pas là, il y a fort à parier qu'il serait célibataire et il ne s'en trouverait pas plus désireux ou moins d'une compagnie féminine. Samuel est bien entendu un homme normalement constitué, mais il n'a jamais été très friand des fréquentations ou des relations à côté, pour combler des vides.

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Lun 18 Juil - 20:24

    « Il y a une vérité dont la connaissance me semble fort utile : qui est que, bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on est, en effet, l'une des parties de l'univers, et plus particulièrement encore l'une des parties de cette terre, l'une des parties de cet État, de cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier... » Magnifique. C’est une clé. Bien plus qu’une recommandation morale, c’est une vérité métaphysique. Nos désirs les plus vrais, nos préférences les plus intimes n’ont jamais eu d’autre objet que l’amour de ce qui est. Pas le culte de la petite personne. Jamais nous ne nous sommes sentis libre que dans le dévouement en réponse à ce qui est. Jamais nous n’avons disposé d’autant d’énergie que lorsque nos intentions se joignaient à l’unité de l’Intention. Ce qui ne veut pas dire qu’alors il ne peut plus y avoir d’adversité. Non. Mais de cette manière, après avoir fait ce que nous pouvions faire, l’attente et le souci des résultats cessaient de nous obséder. Une fois l’intention émise et l’action effectuée, le mouvement suit son cours et il ne nous appartient plus. Comme une ride qui se répand à la surface d’un lac, l’intention rejoint l’univers qui lui fait écho et lui donne sa résonance. Cela ne dépend plus de toi dirait Épictète ! Ce qui dépendait de toi, l’embrasement de ton amour et la profondeur de ton intention… la suite appartient à l’Histoire et au jeu éternel du Devenir.

    Nous ne devrions jamais sous-estimer la puissance de l’intention – et surtout pas au nom des petits revers et des contrariétés que rencontrent nos désirs personnels ! L’intention, nourrie par l’attention consciente et dépouillée des caprices de la petite personne, possède un pouvoir d’organisation capable d’orchestrer une infinité d’événements spatio-temporels. L’intention agit comme une cause formelle et elle possède une puissance formatrice. Le corps n’est pas semblable à une chose, mais à une rivière d’énergie maintenant une forme ; de même, la conscience est encore moins une chose, mais aussi une énergie. Ainsi l’intention, qu’elle soit consciente ou inconsciente, œuvre-t-elle dans le corps dans une constante interrelation. Si nous acceptions un instant de laisser tomber les présupposés liés au paradigme mécaniste, nous serions certainement plus ouverts à l’idée d’une interaction énergétique entre les niveaux les plus fins de la pensée et le corps comme entité physique. Cependant, la puissance de l’intention n’est pas séparable de l’état de conscience dans lequel elle est émise. Nous comprenons aisément que dans l’état de rêve l’intention puisse fleurir sans difficulté et c’est ce qui fait du rêve, comme l’a vu Freud, la réalisation de désirs sur le plan imaginaire. L’intention opère dans le rêve comme par magie, à l’image d’une création absolue, appelée traditionnellement ex nihilo. Il en est autrement dans l’état de veille dans lequel la concrétisation de l’intention mobilise le corps de chair, demande une application soutenue, un travail, implique du temps, et se déploie dans un monde commun qui offre bien plus de résistances que le monde onirique. L’opération de l’intention dans le monde de la veille est une création relative, comme celle de l’artisan qui travaille une matière jusqu’à lui donner sa forme définitive. Aussi reconnaissons-nous sans difficulté que la pensée qui s’évade des contraintes de l’état de veille puisse préformer directement dans le rêve sa matière et déborde d’imagination ; tandis qu’elle ne peut dans l’état de veille qu’initier le processus créateur et ensuite influencer indirectement la matière en conduisant sa mise en forme. Dans la conscience ordinaire, le frénétique du désir qui n’a pas la patience du temps, le déçu et l’impatient, celui qui renonce et s’estime raté, - quand d’autres réussissent tout ce qu’ils entreprennent ! - n’aura donc, faute de savoir éduquer ses désirs, plus qu’une voie de garage, celle de la compensation imaginaire : c’est une des leçons du pessimisme freudien. La lutte perdue d’avance entre principe du plaisir et principe de réalité.

    À moins que… à moins que… cet état de conscience ordinaire ne soit lui-même changé et que nous apprenions à vivre le désir d’une manière complètement différente, au plus près de l’intention, et pas du tout fixé sur une attente ou identifié à un résultat. Mais toutes ces choses sur l’intention et tout les sens qu’elle exprime pourraient être résumé, par exemple, par l’action de Sid. Par la question « dingue » qu’il pose à Samuel. Par ce manque, cette envie, cette précipitation, ces sentiments qui ne cessent de prendre des proportions auxquels il ne s’attendait pas, et de là, qui sèment bien des doutes et bien des questions dans son esprit. Tout désir commence par une intention, ou autrement dit ; le pouvoir de l’intention oriente un courant de conscience susceptible d’être converti en désir, en vouloir. Il existe une puissance secrète et créative de l’intention. Ceci explique cela donc. Et ceci témoigne d’à quel point l’attachement peut être chose mystique et insupportable. Mystique, car il est si agréable de se penser appartenir à un autre dans le secret. Insupportable, car lorsque l’on ne peut profiter de l’autre, l’attente pèse et les choses prennent une tournure désagréable. Car oui, il est désagréable pour lui d’avancer avec la tête bourrée de questions sans réponses. Désagréable pourraient devenir ses sentiments qu’il ne peut, et ne pourra pas stopper. S’il tire une tête agacée face à la question de Samuel, c’est sans doute car il espérait quelque chose, il ne sait pas quoi, mais certainement pas qu’on lui dise que c’est dingue ce qu’il demande, même si cela s’avérait être concrètement le cas.

    Certainement qu’il n’a jamais été doué pour parler de certaines choses. Aussi sur également qu’il s’y prend de la mauvaise façon. Mais c’est tout ce qu’il peut, et sait faire pour le moment. Alors comment demander ? Comment lancer le bon mot, la bonne phrase, la bonne somme de mots pour avoir le résultat voulu ? Il soupire, il passe une main dans ses cheveux blonds tout en détournant le regard de Samuel…Comment s’y prendre ?

    « Parfois, j’ai juste l’impression que tu m’évites…Ou que tu serais prêt à me dire à la seconde que t’as décidé de me quitter, moi, ton boulot, les autres…Tout ce qui te relie à moi. »

    Cela demeure direct, mais cela est surtout nettement plus clair. Le regard ne se portant toujours pas sur le jeune homme, il poursuivit avec une anxiété dans la voix, et les mains presque moites qui se frottent l’une à l’autre…

    « Alors, je me demande si tu te lasses, si…C’était qu’une envie passagère pour toi. J’ai dépassé une limite que je n’avais jamais connue…tu n’es plus le simple pantin de mes fantasmes, tu sais résister à mes aspirations solitaires en te refusant au moule de mes délires personnels, pour m’envoyer en pleine gueule que tu es toi, bien toi, et que ta présence est un véritable présent … bon, en fait, c’est encore mieux que ça, mais je ne sais pas le dire... comment dire une rencontre pareille ? »

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Dim 24 Juil - 22:36

Cette situation fait partie de celles à être particulièrement délicates et explosives, dira-t-on, car la vérité semble à son esprit tout aussi confuse et fausse que de vaines tentatives de rassurer Sid pourraient l'être elles-aussi. Doit-il se lancer dans une tirade sans fin visant à expliquer le fond des choses ? Il n'y a qu'une certitude, et c'est que Sid n'est pas du tout bête, par conséquent qu'il s'est rendu compte que ça ne tourne pas complètement rond ces derniers temps au niveau de l'attitude de Samuel. La moindre des choses est d'être parfaitement honnête envers lui, mais le contraire n'a pas même traversé l'esprit de Sam. Être en couple n'est certainement pas quelque chose de facile ni de rationnel ou de toujours cohérent, mais cela implique au moins d'avoir conscience des obligations que l'on a envers l'autre, son partenaire. De plus, lorsque les sentiments sont sincères, il ne devrait même pas y avoir de questions à se poser de ce côté-là : il n'y a rien d'autre que l'on souhaite faire sinon que d'être sincère. Quelques fois, il y a bien à se demander à quoi cela sert-il finalement de former un couple, sachant que dans la plus grande majorité des cas, ceux-ci ne durent pas éternellement (et encore, voilà une bien jolie façon de le dire sans être trop choquant!) Pourtant, c'est aussi simple que de dire bonjour. Quand on aime, il n'y a strictement rien d'autre à faire. Voilà une question à présent résolue, du moins dans l'esprit du guitariste : s'il est avec Sid en ce moment et depuis quelques temps, c'est pour nulle autre raison que parce qu'il éprouve pour lui de véritables sentiments amoureux. La manière de le montrer n'est peut-être pas toujours la plus concrète et la plus évidente, mais le fait demeure. Il est aussi bien étrange de constater à quel point on fait parfois si mal les choses à vouloir si bien les faire. Quoi qu'on en dise, et malgré les croyances un peu romantiques sur le sujet, le coeur a besoin d'apprendre. Sam n'a pas la plus grande expérience en ce qui concerne la présente situation dans laquelle il se trouve. Parfois, il reste bien difficile pour lui de déterminer ce qui est bien ou pas de faire. Certes, il pense énormément à Sid, mais il ne sait pas toujours s'il doit le lui faire ou savoir ou plutôt le laisser tranquille à ses choses qui ne le concernent pas. Après tout, les meilleurs couples sont ceux qui permettent aux deux partenaires de demeurer complètement eux-mêmes. " Il n'y a pas de je dans nous " est complètement faux. En tout cas, c'est ainsi que Sam espère les choses et quelques fois, il lui arrive de se rendre compte que le fait de travailler auprès de la personne avec qui il s'investit dans la vie privée est d'une difficulté incroyable !

Revenons en pourtant au moment présent. Devant lui, il y a Sid qui attend des explications et en lui-même, il sait qu'il ne mentira à propos de rien. La difficulté réside alors dans le fait d'être sincère sans s'emmêler. Il est toujours largement plus difficile de vouloir se montrer parfaitement authentique que de modifier la réalité. Son regard s'attarde sur celui de son compagnon, empreint d'une tendresse apparente, mais incertaine. Non, ce n'est pas de ses sentiments qu'il doute, mais bien de la direction à prendre dans la vie ! Ce n'est pas facile à comprendre, et ce ne l'est même pas pour lui, mais il a bien du mal à déterminer ce qu'il veut, dans la vie, justement. Même ce qu'il ne veut pas n'est pas aussi facile à identifier. C'est uniquement lorsque l'on commence à vivre d'engagements que l'on se rend compte à quel point ceux-ci sont exigeants et demandent une implication qui change tout. Tout cela, bien loin pourtant de dire qu'il n'en est pas heureux ! Au contraire, mais il est seulement incertain de bien des choses... mais pas de ses sentiments. Il soupire, car il y peu d'autres choses à faire pour tout dire. Il éprouve un léger sentiment de malaise face à cette conversation inévitable qui s'engage.

« Je n'ai pas l'intention de te quitter ! » Répond-il avec une certaine fougue, ou peut-être seulement un léger désespoir de se voir mis en doute ainsi par Sid. Il ne peut pourtant rien lui reprocher, sachant que les doutes existent vraiment même s'il ne semble pas identifier concrètement leur provenance... « Sid... » Commence-t-il cette fois beaucoup plus calmement, mais visiblement il est toujours occupé à chercher les mots justes. « Je ne me lasse de rien. Tout ce que j'ai qui me relie à toi ne fait que rendre mes jours meilleurs. »

Vrai ! Absolue vérité. Le seul pépin est qu'il y a un mais. Ce n'est pas un "mais" que l'on place ainsi dans une conversation de façon bien stratégique, ayant au préalable pris soin d'indiquer de jolies qualités prêtes à mettre en confiance son interlocuteur. Non, c'est un mais une fois de plus sincère et directe, craché du fond du coeur avec toute la force dont le peut un homme amoureux, mais incertain, et encore plus incertain mis face à l'incertitude de son partenaire.

« J'ai simplement du mal à gérer les deux, tu comprends ? Je veux dire que mêler le boulot au domaine privé n'est pas ce qu'il y a de plus évident et de plus équilibré. Tu le vois toi-même, avec la façon dont les choses se passent avec les autres... Il n'y en a pas un qui ne se pose pas de questions, qui ne se moque pas... Devant toi, ils se tiennent bien, mais quand tu as le dos tourné, c'est une autre histoire. Je n'ai pas honte de ce qui se passe entre toi et moi, mais je... c'est dur à gérer en situation de "travail". »

Malgré tout, cette conversation a installé un malaise et celui-ci est palpable. Sam est assis sur le même canapé que Sid, mais la distance physique se fait assez évidente. Ce n'est pas l'envie qui lui manque de s'approcher, de le prendre dans ses bras, de l'embrasser... mais c'est un peu comme si le moment ne s'y prêtait pas ou plus. Il relève finalement un peu la tête vers lui, l'observant de nouveau durant quelques instants. Ce qu'a dit Sid au sujet de la façon dont les choses se passaient entre eux, que c'était largement différent de ce qu'il avait connu avec d'autres, a réellement touché Samuel. D'une part, il aurait aimé pouvoir mordre à ces affirmations et y répondre. Pourtant, il se sent paralysé sur place. Il fait alors le pas, attrapant délicatement la main de Sid.

« T'es pénible d'arriver chez moi comme ça en me faisant la gueule. Tu m'as véritablement manqué, pas seulement aujourd'hui. » Dit-il doucement, sincèrement, tendrement.

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Mar 26 Juil - 21:08

    Il est toujours difficile de le dire, encore plus lorsqu’on n’a pas encore connu de cas aussi particulier. Longtemps, Sid s’est demandé maintes fois si cela n’était qu’un désir un peu trop poussé. Car beaucoup confondent désir et amour en manque d’expériences du genre. L’amour se réduit-il au désir et à la recherche du plaisir ? Le désir engendre l’attachement qui, pour la plupart d’entre nous, est effectivement confondu avec l’amour. On dit que l’on aime quelqu’un tant qu’il répond à notre demande affective, notre demande de sécurité : quand il nous appartient. Au moment où il se détourne de nous, apparaît la jalousie, le mépris et la haine. L’attachement tisse des liens serrés qui étouffent et emprisonne. Il ligote l’un et l’autre, il interdit l’amour. Il interdit la liberté de l’autre, aussi est-il perpétuellement remis en cause. L’attachement engendre l’amour passionnel et l’amour passionnel se mue en haine passionnelle. Ce que je dis en fait, peut être résumé en cette expression: « Tant que vous m’appartenez, je vous aime, dès l’instant où vous ne m’appartenez plus je vous hais » ! ! L’attachement est possessif, il est aussi prédateur que le désir dont il est la manifestation directe. Est-ce cela l’amour ? Si nous aimions vraiment, nous saurions laisser l’autre libre car lorsque l’on aime, il faut être libre, non seulement de l’autre personne, mais par rapport à soi. Faut-il faire de l’amour un devoir ? Lorsque l’on agit par devoir, y a-t-il de l’amour ? Ce qui est fait par devoir n’est pas fait avec le cœur. L’amour n’est pas comme le respect moral, il ne se commande pas. Tant que l’on s’oblige à agir par devoir, on n’aime pas ce que l’on fait. Inversement, quand l’amour est réellement présent, il y a aussi le respect, car il l'enveloppe.

    Quand on aime, on respecte celui que l’on aime dans la chaleur de l’affection. Cela ne veut pas dire pour autant que l’amour soit émotionnel, au sens d’une réaction sentimentale, telles que les larmes du chagrin. Par exemple, quand nous perdons un être aimé, nous pleurons. Mais pour qui pleurons-nous ? Est-ce sur nous-mêmes, parce que nous sommes privés de l’autre en qui nous avions investi une affection ? Mais se prendre soi-même en pitié et pleurer sur soi n’est pas de l’amour. Lorsque vous pleurez votre amour mort, que ce soit donc pour lui. Il vous est facile de pleurer pour vous en pensant qu’il est parti. En apparence, vous pleurez parce que votre cœur est blessé, mais ce n’est pas pour votre amour que vous souffrez, c’est pour vous, car vous vous prenez en pitié et cette pitié vous endurcit, vous replie sur vous—mêmes, vous rend terne et stupide. Le déballage de sentimentalisme émotionnel, quand il n’a d’objet que l’ego, n’est pas de l’amour. Dois-je conclure que Sid n’avait jamais aimé personne auparavant car tous les amours qu’il a pu avoir rentrent dans le cadre de ceux cités plus haut ? Oh que non, cela serait un bien trop gros mensonge totalement absurde ! Cependant, en ce moment, il vit quelque chose de si différent qu’il est difficile de lui accorder un nom précis… Si nous pouvons voir toutes ces confusions et laver en quelque sorte notre compréhension de l’amour que reste-t-il ? Sûrement pas une discipline que nous devrions cultiver. Ce qui peut-être cultivé, c’est la politesse, la gentillesse, le respect. L’amour se donne comme sentiment, il ne se cultive pas comme une vertu. L’amour est le don du soi du cœur qui n’attend pas de retour, qui n’exige pas la réciprocité, le don qui trouve sa joie dans le seul fait de se donner…Laissez-moi simplement dire que, grâce à Samuel, Sid a réussi à renouer avec lui-même, qu’il a réussi à bâtir un lien, une relation ! A ses cotés, il réapprend à aimer !

    C’est vrai qu’au départ, peut-être bien qu’on est amoureux, mais on n’aime pas encore. On rêve, on fantasme, on imagine à quel point on sera heureux quand on sera enfin deux, mutuellement séduits... On rêve, on fantasme, on imagine à quel point l’autre saura nous reconnaître et révéler à la face du monde notre inestimable valeur... Du coup, évidemment, comme il nous apparaît grand, beau et intelligent cet homme qu’on voudrait séduire ! Comme on en est amoureux ! Mais on est encore tout seul, certes avec ses rêves plein la tête, et là ; la rencontre a lieu. Et vous savez ce que se disait Sid au fur et à mesure que le temps passait auprès de Samuel ? Savez-vous ce qu’il aurait voulu pouvoir dire mais qu’il ne pouvait formuler aisément ? Savez-vous ce qu’il pense réellement ? Et bien, les pensées de Sid sont celles-ci : « Parce que, ce qui se passe alors, sans que je puisse encore prétendre y comprendre quoi que ce soit, c’est que, malgré le rongeant désir (oui, c'est vrai, aussi un peu grâce à lui quand même...), je commence à découvrir que l’homme tant aimé, toi, tu es tout autre chose que ce que j’en avait rêvé (ô déception !), que, ô combien incroyable, tu m’offres des choses telles que je n’aurais jamais pu me les imaginer à moi tout seul. Je me sens généreux de prendre tout ce que tu me donnes, de te regarder, de t’écouter, de te donner toute mon attention, de t’aimer ; et quand je sens que je te donne, quand c’est toi qui m’écoutes, c’est comme si c’était toi qui me le donnais, toi qui as transfiguré mon être au point de le rendre capable d’une telle générosité... » Toutefois, ces mots n’ont encore jamais traversé la barrière de ses lèvres. Se donnant à l’exercice de l’écoute, il ne se sentait point plus rassuré. Tant que la négativité subsistera, ou peut être tant qu’il n’a pas su dire tout ce qu’il voulait dire, vivra alors un doute constant. Un doute, qui est là, toujours prêt à s’agripper à la première phrase susceptible de le maintenir en vie. Cette main a beau se faire affectueuse et sincère, les mots suivant cherchent un contact moins lourd… Pourtant, et pourtant, Sid ne réagit toujours pas. Il se lève même, quittant ainsi le canapé et et le contact que cherchait à instaurer Samuel. Pas qu’il ne soit pas touché par toutes les belles paroles qui vont droit au cœur. C’est seulement qu’il s’accroche au pépin, au « mais », ce « mais » qui gâche souvent les meilleures choses.

    « Tu aimerais pouvoir choisir, c’est ça ? » Demanda t-il dos à lui. Bon, Sid a l’habitude de casser les ambiances par pu plaisir de gâcher quelque chose afin de nourrir son égo. Mais ce Sid là ne s’exprime plus, il s’est peu à peu effacé pour laisse ressortir les facettes cachées de sa profonde personnalité. Présentement, il ne fait rien d’autre que vouloir des réponses, chercher des solutions, avec cette envie de pouvoir s’exprimer totalement, sans retenue. Il se tourne finalement vers Samuel et poursuit en posant son regard bleu sur le sien après un soupire, suivit d’une inspiration laissant enfin place aux mots…

    « Tu ne peux pas gérer d’être avec moi, à la fois professionnellement et personnellement …Le truc tu vois c’est que… Je suis bouleversé, décentré, impuissant, voilà que je n’ai plus peur ! On n’est plus du tout du tout dans l’économique, pour une fois ! Je me confie corps et âme à toi, parce que maintenant je me fais confiance, puisque je te fais confiance et que tu me fais confiance. Je peux me donner à toi, parce que, grâce à toi... Je t'aime, quoi ! Et je n’arrive plus à concevoir la moindre chose sans toi…Personnelle ou professionnelle…»


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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Dim 31 Juil - 19:00

Dire que Samuel essaie d'échapper à la conversation qui se profile est tout à fait faux, malgré son effort évident de conserver une note positive pour le temps qu'ils ont à passer ensemble. Au fond, peut-on dire que l'un d'eux tient plus à l'autre ou inversement ? Non, tout est seulement dans la manière de voir les choses et de vivre les émotions. Du plus loin qu'il puisse se souvenir, Samuel a toujours eu cette tendance à prendre les choses du bon côté, même lorsqu'il y a très peu de positif à en retirer. C'est ainsi qu'il a souvent été considéré comme un clown que rien n'affecte et qui ne se laisse atterré par rien au monde, qui n'est jamais maussade ni quoi que ce soit d'autre. La vérité en est bien loin, car bon nombre de choses faisant partie de cette existence le perturbent, le blessent ou l'énervent, mais sa manière d'agir va en le sens du célèbre proverbe qui dit que « Vaut mieux en rire qu'en pleurer ». En ce moment par exemple, on ne peut pas dire sans mentir que Samuel ne se pose pas un million de questions au moins sur ce dont sera constitué son avenir dans bien des domaines, sur les choix qu'il aura peut-être à faire pour continuer de construire sa vie de manière à en être pleinement satisfait et à se sentir épanoui, mais il sait aussi les laisser de côté le temps de profiter d'un moment. Peut-être est-ce par peur qu'il agit ainsi, par peur d'un engagement plus grand que tout ce qu'il ne s'est jamais figuré. C'est bien connu, que les hommes fuient généralement ce type d'investissement. Pourtant, Samuel n'est pas de ce genre, mais il serait bien faux de nier que la grandeur des sentiments qu'il partage en ce moment avec Sid ne l'effraie pas quelques fois. Pour tout dire, il fait partie de ceux à ne pas vraiment savoir ce qu'il veut dans la vie, à prôner une certaine spontanéité dans toutes choses, au risque de parfois s'y perdre un peu ! Ce qu'il vit en ce moment est tout ce qu'il y a de plus spontané, mais ça l'implique à tellement plus. Jamais ils n'ont échangé verbalement leur point de vue sur leur situation, mais il est bien conscient du sérieux de leur relation et de tout ce qui va avec. S'il n'en avait pas voulu, il aurait très certainement agi en conséquences depuis le début. Ce qu'il est important de comprendre, c'est que malgré les doutes qui l'assènent inévitablement - et au fond, peut-on passer à côté dans une relation amoureuse ayant le moindrement de sérieux ? -, il est là où il veut être. Il y a aussi ce concept bien simple et pourtant tellement véritable encore une fois dans toutes relations. Il y en a toujours un qui court davantage après l'autre. Dans leur cas, je crois que Samuel ne ressent pas tout à fait le besoin d'aller constamment se rassurer auprès de Sid, quelle ironie ! Dire qu'au départ, il doutait tellement du simple fait que ce dernier pourrait être sincère et ne pas seulement vouloir l'humilier d'une quelconque façon, une fois ayant obtenu tout ce qu'il désirait avoir ! Les choses ont bien changé et il a appris à connaître le blondinet non pas de la façon que tous le connaissent, mais beaucoup plus personnellement que ça. Il a pu découvrir sa sensibilité profonde, sa grandeur d'âme, et il a parfaitement confiance en lui.

Et Sid, a-t-il confiance en lui ? Les propos qu'il tient semblent tout indiquer que oui, mais qu'il a besoin de se faire confirmer qu'il peut bel et bien maintenir cette confiance. Alors, Sam s'interroge à savoir si dans sa grande volonté de ne jamais briser l'instant présent, il n'aurait pas un peu hypothéquer le futur immédiat. Dans ce domaine, c'est l'équilibre qu'il faut tenter d'atteindre, c'est même la seule méthode pour se tenir debout et ne pas flancher. Il est heureux que Sid lui en parle somme toute, car s'il ne l'aurait pas fait, les choses auraient fini par exploser beaucoup plus dramatiquement que ce n'est présentement le cas. Il réalise aussi que lui-même aurait dû faire part de ce qui le tracassait bien avant maintenant, avant qu'il ne le fasse y étant forcé par l'inquiétude de son compagnon. Il est vrai, même indiscutable, qu'il ne donne pas une très bonne impression à Sid. Pourtant, il n'y a jamais eu de mauvaise volonté dans ce qu'il a fait, ou ce qu'il n'a pas fait. D'ailleurs Sid s'est éloigné, repoussant l'effort de Samuel de briser cette distance physique, mais aussi d'esprit, qui s'était installée entre eux depuis son arrivée dans son logement. Cet échec ne décourage pas Sam, mais il l'attriste un peu. Il y a beau avoir la volonté, parfois on ne sait vraisemblablement pas comment recoller les morceaux, comment répondre correctement. C'est exactement le sentiment qu'il a face aux paroles du jeune homme.

« Arrête, c'est faux... » Commence-t-il doucement, en réponse à l'affirmation selon laquelle Sid ne peut concevoir rien du tout sans lui, quel que soit le niveau. Ces paroles le choquent particulièrement venant de lui, sachant qu'il a toujours eu à l'esprit un Sid capable de tout sans devoir compter sur personne. Mais bien vite, la surprise et le choc ressentis font place à une tendresse infinie. Son unique désir est de rassurer Sid autant que possible, sans non plus mentir et se diriger dans des voies qu'il n'approuve pas complètement, mais seulement de lui signifier à quel point il est là et bel et bien là auprès de lui. Dire « je t'aime » est d'une difficulté infinie, quand même bien qu'on le pense et le ressente jusque dans nos tripes. Sid l'a prononcé, il a su par la même occasion le toucher en plein coeur. « Je suis là... Je ne suis pas parti... » Murmure-t-il alors d'une toute petite voix, laissant son regard s'évader dans le vide à la recherche d'une quelconque réflexion qui lui permettrait de reprendre le dessus sur tout ça, mais rien n'y fait bien sûr.

« Je ne veux pas que tu t'inquiètes comme ça, tu te fais inutilement du mal et ça nous en fait à tous les deux. Fais moi confiance, Sid, s'il y avait quelque chose qui posait véritablement problème, tu le saurais. Je ne dis pas que je veux partir, je dis que je ne sais pas comment gérer ça pour le moment. C'est nouveau, c'est inhabituel et franchement déstabilisant. » Il marque une pause de quelques secondes, beaucoup plus pour se laisser à lui-même le temps de reprendre ses esprits que pour autre chose. « Je t'aime moi aussi, Sid. Et ça, ça fait en sorte que tu peux être certain que je ne disparaitrai pas du jour au lendemain sans prévenir. »

Est-ce suffisant pour le rassurer, pour le combler ? Malgré tout, Samuel ne se pose pas cette question là, car les mots sortent comme ils viennent dans leur plus grande sincérité. C'est ainsi qu'il pense les choses, qu'il pense la vie, l'amour, le moment présent. Non, il ne croit pas se trouver dans la posture la plus adaptée à un bonheur inconditionnel en ce sens où, comme il l'a mentionné un peu plus tôt, le secret de leur relation lui pèse autant que la perspective du grand jour l'effraie et lui est encore inconcevable. Vrai, voilà la plus pure vérité telle que pensée, telle qu'existante. Il n'empêche qu'il aime et qu'il ne fuira pas celui qu'il aime sur un coup de tête.

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Jeu 4 Aoû - 1:39

    C’est très étrange, je ne peux le nier. Comment quelqu’un d’aussi confiant que Sid, peut-il d’un seul coup dire qu’il ne se fait à présent confiance que parce que Samuel a confiance en lui ? (je sais, le mot confiance est trop répétitif) C’est simple à considérer en réalité. Il y a des gens qui ont une confiance aveugle en eux-mêmes mais dés qu’un élément perturbateur vient à se mettre sur leur chemin, les choses peuvent légèrement basculer. Dans le contexte de Sid, il a petit à petit été déstabilisé par ce qu’il développer comme sentiments à l’égard de Samuel. Dans ce cheminement, il perdit une part de confiance en lui, et au lieu d’avoir des doutes raisonnables, ce fut des doutes chambardant qui prirent possession de lui, et de sa relation avec Samuel. Cependant, c’est seulement en exprimant réellement ce qu’il ressentait qu’il pouvait libérer ainsi les doutes et construire une autre forme de confiance, celle qui se ressent et se transmet à deux. L’exercice le plus difficile pour lui étant l’expression de la pensée, dire ce qu’il en est, ne pas en rougir, ne pas craindre de se dévoiler, ne pas regretter d’avoir dit « je t’aime » et d’avoir partagé les incertitudes et les sentiments. Libérer la vraie pensée, ne plus la retenir.

    C’est en réalité un réflexe propre à beaucoup d’entre-nous. De façon générale, pour nous protéger des assauts du monde, nous avons toujours la ressource de prendre refuge dans nos pensées. Le repli sur soi peut donner le sentiment que « je me comprends », parce que je me possède toujours moi-même, parce que ma pensée m'appartient, parce que j'y suis immergé. Mais cette intimité du moi est-elle vraiment intelligente et consciente d'elle-même ? Peut-il y avoir une pensée claire là où il n’y a pas d’expression ? Le repli sur soi pourrait tout aussi bien relever du mutisme et de la confusion. Il est bien facile de prétendre que l’homme peut s’exprimer parce qu’il « pense », mais encore faudrait-il que cette pensée soit consciente d’elle-même. Mais peut-elle être consciente en-deçà de l’expression dans un langage ? Étrangement, la position inverse est tout aussi problématique. La linguistique, forte de ses succès, portée par la mode du structuralisme, a tenté de ramener toute la pensée au langage. Elle en vient à dire que l’homme ne pense-t-il que parce qu’il parle et qu'il est "parlé" par la langue. Mais un esprit rempli de mots et confus verbalise aussi beaucoup ! Comme l’écrit Sartre : « Il fut un temps où l’on définissait la pensée indépendamment du langage, comme quelque chose d’insaisissable, d’ineffable qui préexistait à l’expression, Aujourd’hui, on tombe dans l’erreur inverse: on voudrait nous faire croire que la pensée est seulement du langage, comme si le langage n’était pas lui-même parlé ».

    Le premier point à considérer est la relation entre le vécu et le langage. Distinguons les termes. Par vécu il faut entendre le pâtir immédiat de la conscience, ce que la subjectivité éprouve, ce dont elle fait immédiatement l’expérience. Le langage, comme système de signes, semble relever d’emblée de ce qui est au contraire médiat, il est un intermédiaire dont se servent des sujets pour communiquer entre eux. Le langage est donc plus extérieur à soi que ne l’est le vécu. Allons plus loin. Le vécu est-il la même chose que la pensée ? La plupart du temps, ce sont deux termes qui sont pris comme des équivalents. Le mot pensée désigne les constructions mentales. A titre d’exemple ; Les modes de conscience : ma perception de la pluie sur les carreaux ou ma démarche d’addition de mes comptes mensuels. Une image, un souvenir, sont mes « pensées ». Plus précisément, le mot pensée peut s’entendre comme les concepts, les idées, sur lesquels porte la réflexion. Cet état de nature où l'habitude réduit la pensée, comme elle y ramène la volonté et le mouvement, c'est la condition et la source première de toute pensée distincte, comme c'est celle de toute volonté expresse et de tout mouvement déterminé. Comment délibérer de saisir dans le présent ou de ressaisir dans le passé une idée absente ? Ou l'on cherche ce que l'on sait, ou l'on ne sait ce que l'on cherche. Avant l'idée distincte que cherche la réflexion, avant la réflexion, il faut quelque idée irréfléchie et indistincte, qui ne soit l'occasion et la matière, d'où l'on parte, où on s'appuie. La réflexion se replierait vainement sur elle-même, se poursuivant et se fuyant à l'infini. La pensée réfléchie implique dont l'immédiation antécédente de quelque intuition confuse où l'idée n'est pas distinguée du sujet qui la pense, non plus que de la pensée. C'est dans le courant non interrompu de la spontanéité involontaire, coulant sans bruit au fond de l'âme, que la volonté arrête des limites et détermine des formes. Dans sa volonté, Sid n’a pas voulu dire ce qu’il y à dire, il a voulu exprimer une retenue, un refus d’avouer, de s’ouvrir, de dire ce qu’il en est vraiment.

    Pour résumer et cesser de chercher des relations entre la pensée, le langage la confiance et les sentiments…Il suffira de dire que la plupart des gens dont fait partie Sid et qui « évitent l'amour » essaient « d'éviter des peurs ». Les plus fréquentes sont: la peur de perdre, la peur de l'engagement, la peur de l'intimité, la peur du rejet, la peur de se faire avoir par les sentiments, la peur de ne pas faire le bon choix. Éviter l’amour comme moyen pour éviter des peurs procure « l'illusion » d'une certaine stabilité et empêche l’amour d’être présent dans la vie d’un grand nombre de gens. Chaque fois que le besoin d'amour se fait sentir, les peurs reviennent. Cette situation peut se reproduire durant des années jusqu’au jour où les peurs sont éliminées et remplacées par un plus grand amour de soi. C’est un objectif qui peut facilement être atteint par un changement de croyances. L'amour est un besoin naturel de tout être humain, même chez ceux et celles qui ont cessé d'y croire. L'amour se construit à partir des sentiments positifs que nous avons face à nous-mêmes, face aux autres et face aux diverses expériences de la vie. La confiance en soi, le plaisir, la joie de vivre, la tendresse, la douceur, la bonté, l’amabilité, l'enthousiasme, le bonheur sont quelques-uns des sentiments positifs propres aux gens en amour. Alors pourquoi, mais pourquoi Sid a-t-il autant de mal à les ressentir présentement ? Pourquoi est-ce qu’une certaine forme de doute persiste, malgré les mots et la sincérité de Samuel, le doute ? Pourquoi ne dit-il toujours rien alors qu’il est profondément touché en plein cœur par les paroles de son compagnon ? Alors qu’il n’a qu’une seule envie : le prendre dans ses bras et l’embrasser. Pourquoi ne fait-il rien de tout cela ?

    « Mais qu’est ce que je pourrais faire pour que ça ne soit plus déstabilisant pour toi ? Et pourquoi est-ce que tu ne m’en as pas parlé avant ? » Il ne cherchait pas à compliquer là ou il ne pouvait y avoir de complications. Il voulait à son tour savoir rassurer. Son corps agit à la place des mots, il finit par se rapprocher de Samuel et posa l’une de ses mains sur sa joue, brièvement…ajoutant doucement en baissant les yeux. « Tu m’as laissé croire que tu ne voulais plus de moi et c’est moi qui aurait disparu à ce moment, Samuel. Si t’as des choses à me dire, je veux que tu le fasses qu’importe la nature de ces choses… » Oui mais, il n’empêche qu’il n’osait toujours pas le regarder dans les yeux, pas jusqu’à cette phrase… « A part ça, tu me proposes quoi à manger ? » Il eut un sourire n posant d’un coup une question n’ayant aucun rapport avec le sérieux de ces précédents mots. Mais il posait enfin son regard sur le sien. « Parce que je t’avoue que t’es bien appétissant surtout quand tu dis je t’aime. » Et ce n'est pas aujourd'hui qu'il va oublier ce fait. Mais ce n'est pas pour autant qu'il a oublié le hic qui gêne Samuel...Non, toujours pas. Toutefois, il faut savoir baisser le ton aussi et ...Dire ce qu'on a sur le cœur sur le moment présent même si cela est tout-à-fait puéril.

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Mer 10 Aoû - 4:11

Il y a fort à parier qu'il n'existe aucune situation, aucun domaine, dans lequel on ne se retrouve jamais confronter à des doutes au cours de l'existence. Il faut, au contraire, constamment passer par là, que ce soit auprès de sa famille qui n'est pas forcément telle que l'on aurait choisi si l'on en avait eu la possibilité, parmi les copains qui s'approchent et s'éloignent au gré d'évènements qui nous dépassent bien souvent, dans son parcours professionnel où l'on doit faire la part des choses entre passions, intérêts et besoins, et bien entendu dans ses relations amoureuses, où tous les repères ne semblent jamais tenir plus de trois secondes. D'ailleurs, qui peut vraiment dire où se situe le commencement d'une véritable histoire d'amour ? Qu'est-ce même une "véritable" histoire à côté d'une "superficielle" ou tous autres termes que l'on pourrait employer ? Il va sans dire qu'encore une fois, tout dépend de la perception que l'on veut bien avoir de la chose, et d'une question d'attitude vis-à-vis de celle-ci. Pour certains, un couple solide est celui qui aura d'abord su passer par l'étape de l'amitié et pas n'importe laquelle ; une amitié forte, complice et solidement bâtie sur des bases de confiance et de respect, alors quoi et seulement à ce moment, le couple a des chances de durabilité. D'autres, au contraire, parleront plutôt d'une étincelle de passion enflammée plus qu'essentielle à la vie à deux, celle-ci étant en quelque sorte la colle qui maintient les vies des deux partenaires étroitement liées ensemble. Si l'on posait la même question à Samuel, à savoir ce qu'est réellement une relation solide à son avis, il répondrait tout simplement que c'est lorsqu'on a envie d'être auprès de l'autre coûte qu'il en coûte, au delà des doutes qui sont inévitables, au delà des craintes que l'on rencontre de part et d'autre, au delà des tentations extérieures et des habitudes brisées. Ce sont tous des éléments qui appartiennent très exactement à la relation qui unie Sid et Samuel l'un à l'autre et pour le deuxième, c'est aussi la preuve qu'ils sont ensemble pour les bonnes raisons. Jamais, les doutes ne cesseront d'exister. Cela lui rappelle d'ailleurs un souvenir quelque peu vague de son enfance, alors qu'il était sur un bateau de pêche avec son père et son grand-père, activité qui en grandissant, lui avait plus que fortement déplu. Le jeune Samuel avait à l'époque demandé à son père pour quelle raison ce dernier avait épousé sa mère. À ce moment là, ses parents n'avaient pas encore divorcé, ce qui s'était produit presque exactement cinq ans plus tard. À la question de l'enfant, le père avait répondu avec un sourire évasif : « Je n'ai jamais été sur de rien. Encore aujourd'hui, j'ignore si j'ai pris la bonne décision, mais j'aime ta maman et tant que je le penserai de cette façon, je saurai que je n'ai aucune raison de m'en faire. » Il ne lui avait pas été donné d'immédiatement comprendre le véritable sens des paroles de son père et il s'était à l'époque contenter d'être heureux d'entendre que ses parents étaient amoureux l'un de l'autre, malgré les disputes assez fréquentes dont il était témoin. Aujourd'hui pourtant, il lui semblait plus facile de comprendre tout cela. D'une certaine façon, plus ses doutes étaient grands, ce qui n'avait pourtant aucune influence sur son envie d'être auprès du jeune homme, plus il savait qu'il était au bon endroit.

Force lui est tout de même d'admettre qu'il lui reste bien des choses encore à apprendre sur tout cela, sur la vie, sur lui-même et sur Sid. Le mystère a parfois quelque chose de séduisant, mais il est également important de savoir reconnaitre les moments où il vaut mieux être simplement sincère. Il y a même certaines fois, comme celle-ci, où le mensonge n'a rien à voir avec le manque de sincérité et vice versa. Si Samuel n'a encore jamais parlé de tout cela à Sid, c'est pour toutes sortes de raisons qui n'ont strictement rien à voir avec le manque de confiance. C'est plutôt de l'ordre de la crainte de ne pas savoir comment s'exprimer, d'être mal compris ou carrément incompris. Aux mots de Sid, lorsque celui-ci l'interroge à savoir comment il pourrait faire en sorte de le rendre plus à l'aise, et également lorsqu'il insinue qu'il aurait véritablement dû le lui dire avant aujourd'hui, avant que le sujet ne soit presque amené de force, Samuel le réalise pleinement. Oui, il aurait dû, il aurait dû. Toutefois, les regrets n'ont bien peu de valeur et pas du tout de poids. Il n'y a rien d'autre à faire que se concentrer sur le présent et sur les chances disponibles qu'il y a de continuer à présent sur une voie meilleure.

« T'as raison. » dit-il doucement, non pas sur le ton d'excuses qu'on lancerait en l'air pour seulement calmer le jeu, mais bien du fond du coeur. « Je n'en sais rien, je crois qu'il faudrait que j'assume un beau jour, les secrets me tuent, mais je ne me sens pas prêt à les faire disparaitre pour de bon. » Cette fois, il n'y a pas plus simple et plus honnête comme façon de dire comment il voit et ressent les choses en ce moment. Le temps, le bon, sans doute viendra tôt ou tard, tout en espérant que ce soit plus tôt que tard, question de ne pas avoir à vivre avec ces doutes trop longtemps. Ils font autant de mal d'un côté comme de l'autre, parce qu'ils ne sont pas résolus et parce qu'ils ne laissent pas en paix.

Aux paroles suivantes de Sid, Samuel éprouve comme un élan brutal d'affection envers lui, non pas que ce n'était pas déjà le cas, au contraire. Il y a des moments comme ça où l'autre semble deviner parfaitement les mots à dire, l'attitude à adopter, et trouve le moyen de mettre le tout en pratique pile de la bonne méthode. Malgré que les éclaircissements étaient plus que nécessaires entre eux, Sam n'avait pas tellement envie que l'ambiance de leur soirée soit complètement gâchée. Il s'était senti légèrement agacé de voir les choses tomber si vite dans le dramatique/sérieux, quoi qu'admettant la nécessité lui-même si ce n'est le besoin, mais voilà qu'après avoir passé par l'essentiel, Sid trouvait les mots exacts pour ramener la paix et rallumer la flamme. Ces moments sont assez rares dans l'existence, mais ô combien ils font chaud au coeur : la maman qui devine d'instinct le repas qui fait plaisir à son enfant après une dure journée d'examens scolaires, l'ami qui comprend immédiatement qu'on attend de lui qu'il nous laisse auprès d'une charmante demoiselle rencontrée par hasard dans un pub, l'amoureuse qui décide de sortir avec les copines lorsqu'elle sait que son homme a envie d'écouter une partie de foot à la maison avec ses copains, le collègue qui trouve le bon mot pour éviter le tête à tête désagréable avec le patron... Tous ces exemples relèvent simplement de la générosité d'un envers un autre, selon différents degrés et selon la nature de la relation. Il s'agit de voir au delà de soi-même pour offrir un peu à l'autre, pas forcément quelque chose d'énorme ! C'est en comprenant l'autre, bien souvent, qu'on peut l'aimer et non en cherchant simplement et de façon brut à l'aimer. Il y a une subtilité.

« Ça dépend de quoi t'as envie... » Répond-t-il alors, un petit sourire amusé sur les lèvres. Amusé, mais tendre. À l'instant, il se sent parfaitement bien et à l'aise, loin du moindre tracas. « En tout cas, moi j'ai bien envie de t'embrasser, et de te le dire encore. »

Même s'il ne le dit pas tout haut, il est clair pour Samuel aussi que le sujet de leur conversation n'est pas fermé à tout jamais. Il lui faudra voir, essayer de faire mieux dans l'avenir et surtout, ne pas cacher l'état des choses à Sid. Il n'y a rien de plus important pour leur avenir à tous les deux et il en a maintenant pris pleinement conscience... ainsi que de la grandeur de ses sentiments à son égard.

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Ven 12 Aoû - 22:43

    Cela ne voulait pas dire que tout est arrangé. Que la page est tournée, et ainsi cette conversation ne reviendra plus sur le marché. Ils auront sans le moindre doute à refaire connaissance avec ce genre de doutes, ce type de questions, cette espèce de discussion. Seulement, il faut savoir alléger les charges et laisser place à ce qui recherche contentement sur le moment présent. Détendre l’atmosphère n’est pas un mal, bien au contraire. Il est incroyable ici de remarquer à quel point les émotions peuvent changer de cap d’un moment à un autre en un si petit laps de temps. Da la peur, à l’envie par exemple. De la peine à la joie, et ainsi de suite…Les émotions servent à préparer le corps à l’action de façon instantanée en déclenchant toutes les sécrétions hormonales permettant une réponse adaptée à une situation nouvelle. On peut considérer que les émotions sont le résultat de l’évolution du vivant. Ainsi, un animal qui perçoit un danger va se terrer ou s’enfuir. Toutes les fonctions physiques qui permettent cette action seront petit à petit associées à une émotion. Dans ce cas, cette émotion sera la peur ; au fil des générations, elle sera transmise génétiquement pour devenir le déclencheur instantané des réactions physiques et hormonales nécessaires. Les émotions de base expriment nos instincts de survie et de reproduction. Ainsi notre comportement est à la base de la création des émotions. L’émotion est une faculté adaptative et évolutive. Tous les animaux connaissent les émotions de base que sont l’agressivité, la peur, la tristesse, l’attirance sexuelle, le dégoût, la joie, la surprise, la satiété. Ces émotions servent à la survie de l’animal pour trouver sa nourriture, se protéger d’éventuels prédateurs et pour se reproduire. Ces émotions sont déclenchées à la base du cerveau par le cerveau primitif, siège de la mémoire affective. Outre les émotions, le cerveau primitif commande également les fonctions vitales comme la respiration, les battements du cœur et le métabolisme des autres organes. Les émotions commandent les réactions instinctives nécessaires à la survie, elles ne passent pas par la raison et sont difficilement maîtrisables. Le cerveau, en se développant chez les animaux supérieurs, en grossissant autour du cerveau primitif, par des couches successives de matière grise appelées néocortex, a permis la création de nouvelles émotions comme le rire, la honte, la fierté, la jalousie ou l’amour qui n’apparaissent que chez très peu d’animaux supérieurs. L’hypothalamus nous fait réagir instantanément, tandis que le néocortex, plus lent mais mieux informé, déploie un plan de réaction plus élaboré. Les émotions sont d’abord le résultat d’une adaptation à une situation avant de devenir instinctives et transmises génétiquement.

    Ses émotions actuelles le poussent vers un élan de spontanéité, de désir également. Etrange, je trouve. Qu’est-ce que je trouve étrange ? Et bien, le fait qu’il vive un moment présent tout en désirant. Vous savez ce que veut réellement dire le mot « désir » ? Pour en revenir à la source linguistique du latin, c’est une étoile- qui dans la langue des augures évoquait une sorte de constatation : l’absence d’un astre, accompagnée d’une forte idée de regret. Le désir serait ainsi de l’ordre d’un manque dont on fait l’expérience douloureuse... le désir, dans sa temporalité, n’aurait guère le choix qu’entre la nostalgie (le manque du passé) et l’espérance (le manque de l’avenir). Car le présent, lui, ne manque jamais... Mais n’allons pas trop vite. L’étymologie, en l’occurrence, correspond à la définition la plus usuelle du désir : il serait un manque. Une définition dont tout le monde a connaissance je pense. Chez Platon d’ailleurs et sur ce sujet, le texte de référence, c’est Le Banquet. Ce dialogue porte sur l’amour et non pas sur le désir, mais cela revient au même : quand Socrate prend à son tour la parole, à la question : « Qu’est-ce que l’amour ? », il répond en substance : l’amour est désir et le désir est manque. « Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour. ». C’est une définition qui semble vraie, dans la mesure où très souvent, peut-être le plus souvent, nous désirons en effet ce que nous n’avons pas, ce qui nous manque. Une définition qui n’est que souvent vraie est une définition fausse. Définir le désir comme manque n’est donc juste que si, et seulement si, tout désir est manque.

    Or, il nous arrive très souvent de désirer ce qui ne manque pas... J’en donnerai deux exemples. D’abord l’appétit, et plus précisément le plaisir de manger de bon appétit. Il y a une différence entre la faim et l’appétit, que bien des dictionnaires philosophiques méconnaissent, comme si l’appétit aussi était un manque, comme si on ne désirait manger que lorsqu’on a faim, que lorsqu’on manque de nourriture ! Alors que l’expérience que nous avons de manger de bon appétit, c’est justement le plaisir de manger quelque chose qui ne manque pas, puisqu’on le mange, mais dont on jouit. Deuxième exemple, la sexualité. J’ai grand peine à concevoir le désir sexuel comme un manque : c’est l’impuissant, la frigide ou le frustré qui manquent de quelque chose, pas les amants comblés et dispos ! Mais afin de remettre les choses dans leur actuel contexte. Je dirais simplement que l’émotion nouvelle qui tend vers un élan de spontanéité pousse Sid à avoir envie de Samuel. Pas physiquement, juste d’être là et de profiter de sa présence qu’importe la façon. En même temps, cela ne veut pas dire qu’il n’en avait pas envie depuis le tout départ. Malgré le fait qu’il opta en premier lieu pour un comportement distant. Il ne cherchait rien d’autre que des réponses pour apaiser un minimum les doutes qui ne cessaient de grandir en lui. Si cela n’avait pas trouvé le chemin d’une certaine quiétude, soyez certains qu’il aurait sans doute claqué la porte plutôt que d’avancer vers Samuel sur un sourire en s’adressant à lui de cette façon…Capricieux ? Il s’avère qu’il ne l’a pas du tout été aujourd’hui. Il a juste écouté, pour une rare fois dans sa vie, ses véritables émotions profondes. Sa main joua furtivement avec l’une des boucles de Samuel avant qu’il ne s’avance davantage et lui murmure doucement sur un sourire aguicheur, leurs lèvres n'étaient plus séparées que par quelques millimètres… « Qu’est ce que tu attends pour le faire, alors ? » N’est-ce pas la plus belle fin ? Conclure une discussion quelque peur prise de tête avec un baiser et quelques mots d’amour…

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? (Pv. Sid) Mar 16 Aoû - 4:55

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