Tell Us Relationship: Age du personnage: Proposition de sujet :
Sujet: VIII. Chapitre 7 Jeu 9 Juin - 1:40
CHAPITRE 7 On ne peut pas tout contrôler !
Brandon – Alors, dis moi, comment vas-tu ? Owen – Comme on peut aller à l’heure d’aujourd’hui, rétorqua le musicien en haussant nonchalamment les épaules.
Duncan – Ni bien, ni mal… Luke – Je vois ce que tu veux dire !
Le hasard se manifeste parfois de manière étrange et tout bonnement inexplicable. Laissant apparaître tant de nouveautés spectaculaires que des nouvelles aussi traditionnelles, tout ne se régissait que selon son bon vouloir et sans que nous n’en n’ayons réellement conscience. En ce début d’après-midi, le hasard avait voulu que deux personnes aussi proches qu’éloignées se retrouvent chacune dans un pub londonien, face à un de leurs amis, face à un de leurs proches, attablé dans un coin calme dudit lieu en train de s’offrir un moment de calme et de légèreté avec l’interlocuteur désiré. Deux êtres séparés, deux êtres se fuyant… Et pourtant deux êtres qui se retrouvèrent en face d’un membre des Black Stones et partageant exactement les mêmes mots s’échappant de leurs lèvres. Les phrases de l’un complétaient celles de l’autre… Au même titre que les déclarations de l’autre offraient une vision sincère et réaliste des pensées de l’un. Un simple fait du hasard dont ils n’avaient nullement conscience, chacun enfermé dans cet instant présent.
Owen et Brandon, c’est une histoire que tout le monde connaît déjà ! Une amitié franche et sincère qui n’a cessé de gagner en intensité depuis toutes les années où ils se connaissaient désormais. Un lien qui s’était construit par la musique, qui avait grandi pour la musique pour finalement atteindre son apogée dans la musique. Deux artistes, deux êtres à part entière se vouant un respect et un attachement aussi profond que sans faille. De leur côté, Duncan Livingstone et Luke Smith avaient eu la chance de faire connaissance dans l’une des ruelles où Duncan prospectait sa marchandise. Une journée traditionnelle parmi tant d’autres, le jeune Luke arriva, au fait de la vente de marchandise qu’opérait notre cher Duncan. Ils firent affaires et commencèrent alors à se revoir par le biais de leur commerce ou de quelques soirées imprévues avant de tisser de profond lien d’entente et de compréhension. Il n’était pas réellement d’ordre d’amitié les concernant. Cela n’avait toujours été qu’une compréhension subliminale, naturelle, qui n’avait cessé de les amener à s’entendre et à partager différents instants en compagnie de l’un et de l’autre.
Luke – Tu as mauvaise mine, tu veux m’en parler ? Duncan – Mauvaise mine ? Simplement un manque de sommeil, rien de plus !
Brandon – À d’autres Owen, je te connais trop bien ! Owen – Et bien peut-être que tu te trompes pour une fois…
Le guitariste porta son verre à ses lèvres alors que, autre part, plus loin dans les rues de Londres, le batteur écrasa sa cigarette tout en soupirant. Leurs regards vides d’expression traduisaient expressément ce besoin de ne pas entrer dans un long débat s’acharnant sur le fait que nous étions dans un tel ou tel état d’esprit. Le sourire n’était pas à la fête parce que le trouble et les interrogations berçaient les esprits. La bonne humeur ne faisait absolument pas partie de quelconques notions disparues mais n’avait pas sa place dans leur état de pensée actuel ! Lorsque Duncan et Owen se donnèrent l’un à l’autre, une montagne de désir et d’envie plus inavouée que jamais s’exprimèrent d’une force incommensurable et violente sous la déshinibition de la drogue qu’ils consommaient. La rationalité avait cédé la place à la folie, à l’assouvissement et à la liberté d’agir sans causes, sans conséquences, sans lendemains et les malaises que lesdits lendemains peuvent amener dans notre tête. Tout n’avait été qu’un voile obscur de chair et de luxure batifolant dans la plus interdite des ententes. Au-delà d’une simple connaissance de l’être nous faisant face, ils apprirent à découvrir de manière plus profonde et plus intime que jamais le corps et la personnalité de leur autre. Qu’on le veuille ou non, qu’on soit prêt à l’accepter ou bien que nous préférons nous mentir, cela importait peu… La relation de Duncan et d’Owen venait de connaître un tournant majeur qui ne pouvait qu’influencer leur entente et leur considération respective. Un climat de tension relativement chaotique et qui, afin de se solutionner, faisait toujours appel à une discussion ou une fréquentation. Toutefois, l’un comme l’autre semblait fuir ce moment de face à face où le rêve, où l’extase, ne serait plus que l’ombre d’une audace se teintant de véracité et de prise de conscience de pêchés peut-être longuement passé sous silence. Lorsque deux êtres d’une sexualité traditionnelle se découvrent une attirance commune et une jouissance jamais égalée en passant l’étape de la mise à l’épreuve, l’esprit ne pouvait en ressortir tout simplement indemne. Les séquelles marquantes de cet acte remirent une montagne de certitudes et d’affirmations que nous avions depuis tout petit jusqu’à aujourd’hui. Vingt années d’existence balayées d’un coup de cuillère à pot, comme si de rien n’était. En tout cas, tel était le cas pour Owen qui n’avait de cesse de revoir l’image de son visage se pressant contre celui de son dealer avant de subir chaque assaut de son corps. Une vision qui le hantait, jour et nuit, qui se manifestait sans la moindre parcimonie, le guidant presque à illusionner inconsciemment le visage de son amant d’un soir sur tous les hommes qu’il observait embrasser leur moitié. Oui, Owen n’arrivait à refouler cette nuit là… A l’inverse de Duncan qui préféra considérer qu’il ne s’était rien passé. Son expérience de la drogue et de la rue l’avait conduite à relativiser les faits en se convainquant que toute cette mascarade n’était que l’élucubration de deux junkies en train de planer et totalement irresponsables de leurs actes. Refouler ou voir la vérité en face ? Ni l’un, ni l’autre… Sans conversation, sans confrontation, espérer voir ce problème retomber dans l’anonymat du passé n’était que peine perdue !
Owen – Et bien, reprit-il après un silence de quelques secondes. Tu t’es déjà retrouvé face à cette sensation que ta vie est en train de basculer sans que tu ne puisses y changer quoique ce soit et que tu ne sais pas comment réagir ? Brandon – Comme… ?
Duncan – Comme si tout ce que tu avais cru, tout ce que tu pensais savoir et tout ce qui fait de toi ce que tu es s’écroulait tout à coup… Comme si tu ne te connaissais absolument pas et que tu devais faire face à la découverte de ton véritable toi. Luke – C’est un peu vague comme explication, en tout cas pour moi. Je pourrais te dire oui, comme je pourrais te dire non…
Brandon – Tout n’est qu’une question de cas par cas ! Owen – Sans doute…
Duncan – Enfin soit ! Conclut Duncan à sa réaction plusieurs longues secondes plus tard.
Luke posa son regard perçant sur le visage de son ami, espérant ainsi y déceler une quelconque trace d’indice ou d’explication que le dealer n’avait la force d’exposer à vive voix. Mais rien ne transparaissait dudit visage. Duncan était devenu un masque de réflexion mais, et surtout, un visage imperméable à toute tentative de déduction ou de compréhension, même pour un ami tel que le bassiste des Black Stones. Brandon, de son côté, laissa échapper un profond soupir tout en baissant son regard résigné sur sa tasse de café. Il connaissait Owen depuis assez longtemps pour savoir que ce langage aussi particulier symbolisait que l’ancien membre des BS ne laisserait filtrer aucune information quand à la nature même des évènements se bousculant dans sa tête. Lewis aurait pu tenter de les deviner, comme le faisait si bien Parker… Mais le secret de Campbell possédait une force très difficile à contrer : ce qui le traumatisait était fondé sur l’impensable et l’inattendu !
Owen – Parle moi plutôt de toi ! Comment ça se passe avec le groupe ? Brandon – On n’a pas à se plaindre… On continue les concerts par ci par là avant la véritable lancée de l’album.
Duncan – Et ça marche plutôt bien ? Luke – D’après ce que j’en sais, l’ambiance à Manchester du temps de leur ancien bassiste n’était pas triste mais, de ce que j’en vois tous les soirs, c’est une véritable folie !!! Rétorqua-t-il avec enthousiasme.
Owen écrasa sa cigarette tout en affichant un léger sourire. Sourire léger, certes, mais pourtant sincère. Il était profondément heureux de savoir que le renouveau des Black Stones se passait sous les meilleurs auspices. C’est tout ce qu’il pouvait leur souhaiter depuis son départ de Manchester et, accessoirement, la fin de leur première formation. Quelque part, il aurait bien donné sa chemise pour se glisser comme une petite souris au sein des studios de Spector Records. Revoir l’ambiance des répétitions, l’enthousiasme, le rire, la fureur et les quelques prises de tête occasionnelles. Un parfum qui ressemblait certainement au travail effectué par les Morten Bluz tous ensemble… Si ce n’est que les parfums de son ancien groupe ne lui aurait ni piquer le nez, et encore moins soulever le cœur ! Duncan n’avait pas la chance de faire partie d’une véritable formation musicale. Il lui arrivait de se mettre derrière sa batterie et de dépanner deux trois groupes à l’occasion mais cela ne durait jamais longtemps. Le laps de temps le plus conséquent qu’il resta auprès de camarades potentiels fut le temps de trois concerts et puis ‘au revoir l’artiste !’ On l’avait gentiment remercié et demandé de quitter les lieux comme si de rien n’était. Pendant une période, lui et Luke se ressemblaient plus que parfaitement sur ce point… Jusqu’à ce que le jeune Smith trouve un contrat à durée indéterminée et qu’il séduit un à un les membres du groupe. Une séduction puissante, fatale et parfaite : le charme de monsieur Smith avait apporté le reste pour qu’on le prenne ! Oui, Duncan aurait bien voulu avoir sa chance, Duncan aurait bien aimé assister à l’une de leurs répétitions et tenter de s’y frayer une place permanente.
Duncan – Tu en as de la chance…
Owen – Moi j’ai l’impression de stagner depuis que nous avons commencé à travailler sur le second album. Brandon – Tu as l’étoffe d’un joueur solo, ce n’est donc pas vraiment étonnant. Maintenant, ce n’est certainement qu’une mauvaise passe. Je suis persuadé qu’une fois l’album sorti, l’harmonie sera revenue !
Luke – Maintenant, la chance est aléatoire tu sais. Oui, c’est un plaisir que d’être ensemble et de pouvoir créer différents morceaux. Mais nous avons également tous cette envie d’individualité et d’être seul aux commandes, chacun de notre côté. En cela, jouer en solo est un avantage non négligeable. Duncan – Sans que cela en soit plus facile pour autant…
Brandon – Je te l’accorde… Le guitariste effectua un petit rictus compatissant en terminant le café qui était devant lui. Mais, oublions ça ! Si tu veux ravoir un peu de baume au cœur…
Luke – Passe nous voir à l’Electric Ballroom ce soir. On y donne un concert, à partir de vingt et une heures. Ca te fera du bien ! Duncan – Mouais…
Owen – Pourquoi pas ?! Brandon – Allez Wen, ne te fais pas prier… Et, si tu refuses, je m’arrange pour que Parker te harcèle afin de te voir ! Owen – Je vois que tu ne me laisses vraiment pas le choix, rit-il.
Luke – Tu me connais, non ? Je sais être impitoyable quand je le veux ! Duncan – Dans ce cas c’est d’accord.
Owen – Je serai là !
* **
Le ciel grisonnant, une fois de plus, de la capitale anglaise apportait une ambiance lourde et difficile sur l’ensemble de ses rues et de son horizon. Une nature troublée, perturbée, qui laissait à elle seule refléter la virtuosité d’une profonde nervosité jouant sur l’esprit de tout un chacun. Besoin de solitude, esprit embrumé, le cœur lourd et l’envie de hurler jusqu’à la mort pour exprimer ce que nous ressentions secrètement. Une ambiance ressentie par bien des personnes, par bien des londoniens… Une ambiance à laquelle ne pouvait échapper Owen. Après son entrevue avec Brandon, le guitariste des Morten avait quelque peu erré dans les rues de la capitale pour finalement retrouver l’abri sécurisant et renfermé de son appartement. Adossé contre un mur, assis par terre, le musicien s’était réfugié dans la contemplation du paysage à travers la grande baie vitrée décorant son salon. Silencieux, cigarette en bouche, il n’y avait rien à dire. Certes, son désir était de pouvoir laisser s’écouler les mots telle une pluie torrentielle. Des mots qu’il ne voulait coucher sur le papier et qu’il ne désirait partager avec personne, si ce n’est à une seule d’entre elle. Son portable en main, Duncan prenait conscience qu’il se voilait entièrement la face vis-à-vis de son ami. Renier, refouler, pour mieux ressentir la violence et l’envie du besoin s’exprimant à nouveau dans une ferveur jusque là inconnue. Pensait-il à Campbell ? C’était indéniable ! Pourquoi était-ce si difficile pour lui de presser sur le bouton d’appel afin de pouvoir discuter avec lui et, de préférence, mettre un terme à tout ceci ? Après plusieurs minutes, la sonnerie retentit… Mais la tonalité indiqua clairement que le numéro n’était ni joignable, ni disponible. Duncan soupira alors en jetant de manière évasive son téléphone sur le canapé pendant qu’Owen se retrouva face à la messagerie du batteur. Hésitant, il n’attendit même pas le bip significatif permettant de laisser un message pour raccrocher, fermant les yeux tout en soupirant, posant sa tête contre le mur. Les affres d’une douleur parcourant son ventre et l’ensemble de ses membres le tiraillaient de part en part. Il ne suffisait que d’une piqure, que d’une seule injection pour que l’esprit oublie, pour que l’esprit s’allège et que le mal actuel ne devienne qu’une simple histoire ancienne… Tout du moins pour quelques heures. Appliqué, Livingstone préparait sa dose avec soin. Son professionnalisme en la matière laissait présager de la qualité de cette forte quantité qu’il désirait s’infliger. Avec un tel shoot, il planerait très certainement jusque demain matin…
Owen – Duncan…
Soufflant ce prénom originaire de tous ses tourments, Owen regardait toujours à travers sa fenêtre, une aiguille posée à l’intersection de son bras, prêt à s’enfuir au creux de ses veines. La main ne tremblait pas, le geste était décidé, il ne manquait plus qu’une simple pression qui se fit attendre… Durant de longues secondes… Durant de longues minutes…
Duncan – Va te faire foutre Owen !
Incapable de presser la seringue, il la déposa d’un geste brusque sur sa table. Se droguer en pensant à lui était impossible. Presser ladite seringue en cet instant équivalait à revivre tous les gestes et toutes les sensations ressenties durant cette nuit interdite. Bien que succombant toujours au démon de la drogue, une force le retenait, une force l’empêchait de pouvoir agir à sa guise, bridant sa volonté propre. L’aiguille tomba et roula sur le sol, le bras de Campbell vierge d’une nouvelle trace de piqure. Alors que son corps n’hésitait pas, sa main avait finalement relâché la seringue de manière aussi subite que soudaine, laissant l’esprit du musicien ne pas accéder à ce monde de rêve et de perdition au profit d’une réalité sanglante envers laquelle on ne pouvait tricher ! Difficile dés lors de trouver un apaisement une fois que la drogue échoue dans cette grosse entreprise. Quand l’univers de fuite que vous vous êtes bâti depuis des années s’écoule en une seule seconde, vous vous sentez perdu, à l’agonie, incapable de trouver une autre forme de repère ou d’attachement quelconque. Tout s’écroulait, tout s’éteignait et, pourtant, tout demeurait également, sans subir aucune transformation aussi paisible que destructrice. L’entre-deux, simple et dérangeant, rien de plus douloureux …
Un bruit gronde dans le ciel… Les premières gouttes se laissent abattre sur les toits et les vitres de Londres… Assis durant plusieurs instants dans une léthargie criante, Owen s’était finalement relevé afin de trouver place dans son divan, guitare posée contre son torse. Le regard mi-clos, le cliquettement de son briquet résonnant une énième fois, une première bouffée s’échappa de sa bouche sous le rythme de ses doigts entamant quelques premiers accords. La musque adoucit les mœurs et, chez le jeune Campbell, lui offre surtout un moyen d’expression surpassant tous les autres. Une fois que la mélodie s’invitait, seule son âme s’exprimait à travers le désir de ses accords. Une corde, deux cordes, trois cordes… Chacune des fibres métallique de l’instrument se trouvèrent torturée à un moment donné dans une maîtrise on ne peut plus parfaite. Perdu dans ses songes tout en jouant, la voix d’Owen commença à se faire entendre. Légère et hésitant au départ, elle prenait de plus en plus d’assurance au fur et à mesure que le temps passait et que son jeu s’accélérait. Toutefois, toute maîtrise aussi parfaite soit-elle laissait apparaître un manque cruel d’accompagnement… Duncan trouva enfin refuge dans son appartement, sur le siège situé derrière sa batterie. Les baguettes entre ses doigts, il les fit tourner doucement tout en se perdant dans la réflexion. Exercer son art était une chose, trouver un moyen de le faire en était une autre. Comme l’ensemble des batteurs, Livingstone avait cette fâcheuse tendance à ne travailler réellement que lorsqu’il était entouré d’autres musiciens. Néanmoins, dans certaines circonstances comme celles en présence, il aimait réfléchir et puis se laisser aller à la création d’un nouveau rythme… La voix de Campbell atteint une vigueur extrême au moment même où, à des kilomètres de chez lui, résonnèrent les premiers coups de cymbales s’épousant inconsciemment et parfaitement à la création musicale du Morten Bluz. La musique adoucit les mœurs… La musique rapproche… Tels sont les deux dictons populaires que nous entendons le plus souvent. Mais, aujourd’hui, sous ce ciel pluvieux et orageux, la musique était la réunion inconnue de deux personnes se refusant, de deux personnes voulant se donner… De deux êtres égarés et dont les chemins ne demandaient qu’à se croiser pour se trouver.
La nuit tombe peu à peu… Le jour pâlit de plus en plus… Mais la ferveur d’une nouvelle création artistique laisse épouser deux personnes tellement séparées… Sur une puissante conclusion musicale, l’un et l’autre délaissèrent leurs instruments. La soirée prenait naissance, le rendez-vous était donné… Après tant de hasard et de coïncidence, peut-être laisseront-ils leurs chemins se croiser…
* **
Chauffeur de salle – Vous les attendiez avec impatience, mesdames et messieurs voici les Black Stoooooooooooooooones !!!
Le son frénétique de la guitare de Brandon laissa autant le groupe se mettre en place avec un break musical avant que Parker ne vienne relancer le rythme pour Luke y compris cette fois-ci. L’ambiance était chaude, l’humeur était festive et de nombreux cris de la foule résonnèrent comme un seul et unique écho dés que la voix de Faith retentit fortement à travers son micro. Une fois de plus dans leur premier pas dans le monde professionnel de la musique, les Black Stones assurèrent leur engouement auprès du public, multipliant par la même occasion la brochette de fans toujours grandissante. Fougueux, leur énergie était communicative, même pour un Duncan quelque peu égaré qui, bière à la main, restait debout au sein de la foule en gardant ses yeux rivés sur la scène. Son attention ? Particulièrement diriger vers le batteur du groupe qui apportait sa soif de mélodie et de sauvagerie parfaitement dosée. Indéniablement il ne pouvait s’empêcher de repenser à sa conversation précédente en compagnie de Luke et au plaisir qu’il aurait eu de jouer en sa compagnie… Ce soir par exemple ? Même si l’ensemble venait pour le son de ce groupe et pour aucune autre formation musicale que ce soit, certaines des personnes présentes ne passèrent pas à côté de la présence d’Owen Campbell qui s’était vu rapidement entouré de monde, s’hydratant de bière qu’on lui payait à tour de bras, ne fut-ce que par simple admiration pour lui. D’ailleurs, heureusement que ces derniers étaient présent car, sans le mouvement de foule pouvant faire barrage, il n’est pas impossible que le guitariste se sente pris d’une envie folle de monter sur scène et de tous les accompagner comme autrefois. Seule ombre au tableau ? Faith évidemment ! Dont la simple vision le dérangea quelque peu suite aux évènements récents entre eux deux. Mais il n’allait pas se laisser abattre aussi facilement ! Owen était quelqu’un de réaliste et, en ce sens, il savait pertinemment que c’était de loin la seule et unique fois où il recroiserait son chemin. La vie continuait et il fallait faire avec ! Les morceaux s’enchainant, l’hystérie collective se réveillait d’avantage. Le public sautait dans tous les sens, la vibration de la musique touchait tout le monde, influençant tout un chacun dans un comportement leur étant propre. De part et d’autre de la salle, Owen et Duncan avaient réussi à trouver un coin isolé dans lequel ils assistèrent au concert, seul, chacun dans leur coin sans subir l’ennui de quelques forcenés se déchainant un peu trop sur l’ambiance régnante !
Durant une bonne heure, le groupe s’adonna à ce qu’il savait faire de mieux et autant dire que, pour eux, c’était une nouvelle réussite avec un grand ‘R’ que l’on pouvait rajouter à leur tableau de chasse. La foule tenta de les rappeler pour un troisième rappel mais, malheureusement pour eux, le groupe du décliner cette demande. Il faut dire que s’ils avaient écouté le public, ils auraient encore continué de jouer jusqu’au lendemain matin. Puis même les meilleures choses ont une fin !
Brandon – Owen ! Je savais que tu viendrais ! Tu penses bien que tu ne peux pas échapper à un verre parmi nous en coulisse !
Luke – Puis tu feras connaissance avec le groupe comme ça ! Déclara-t-il de manière enthousiaste en prenant Duncan par l’épaule. Duncan – Tu ne me lâcheras pas les basques toi, aujourd’hui ? Rit-il en tapotant à son tour dans le dos de son ami, acceptant par ce geste de le suivre.
Owen – Laisse-moi deviner, sinon tu vas t’arranger pour que j’ai Parker sur le dos ? Brandon – Bien vu ! Owen – Rah, ces rock stars et leurs caprices, je te jure !
Partageant un rire avec son ami, Owen ne se fit pas vraiment prier pour suivre Brandon jusqu’aux coulisses. Lorsqu’il y arriva, il fut confronté à une image qu’il aurait pu deviner sans la moindre difficulté ! Faith, contente de sa prestation, parlant de la folie du public à un Parker simplement souriant et concentré sur le démontage de sa batterie, comme il en avait l’habitude. Une image, un souvenir, qui au final n’avait connu aucune altération bien des années plus tard !
Faith – Et tu vas voir ! Ce n’est que le début des hostilités ! Owen et les Morten n’ont qu’à bien se tenir, je t’en donne ma parole ! Parker – Si tu le dis, relevant la tête, Parker vit Brandon apparaître avec son meilleur ami. Mais, que dirais tu de lui faire la promesse en face pour une fois ?
Sous les propos du leader, le ton de Faith devient blanchâtre, pour ainsi dire livide. Tétanisée, son corps refusa de bouger le moindre membre, du moindre centimètre. Parker ne se priva pas de son côté de délaisser quelque peu son instrument afin d’échanger une accolade amicale et fraternelle avec son ami de toujours. Mais notre petite chanteuse, comme se réalisant coupable de ses derniers comportements face au musicien, ne préféra pas se perdre dans le moindre mot… Toutefois, il y avait un hic ! Si elle agissait exactement de cette façon, elle perdrait la face vis-à-vis des autres et de Campbell et, ça, il en était tout bonnement hors de question ! C’est donc résignée qu’elle accepta de se retourner pour venir faire face à l’objet de ses troubles dans le but de le saluer…
Luke – Pour une fois, c’est à mon tour de vous ramener quelqu’un que je tiens à vous présenter !
De par l’autre entrée des coulisses, le bassiste du groupe débarqua de nulle part en tenant Duncan par l’épaule, amenant le musicien à la rencontre des pierres noires dans le plus grand des sourires. Pour la peine, Faith se sentit apprécier énormément Luke pour le mauvais pas dont il venait de la tirer ! Elle n’avait guère eu le temps de faire face à Owen et profita donc de ce nouvel arrivant pour basculer son attention et fuir ce que l’on pouvait appeler l’inévitable ! Mais, on parle certes de lui, toutefois, qu’en était-il pour le membre des Morten Bluz en présence ? Et bien, il ne se sentait guère l’envie de se perdre dans un lot de bonjour, d’excuses et d’embrassades avec celle qu’il considérait d’ores et déjà comme son ancienne petite amie. De ce fait, le souhait de cette dernière de préférer l’ignorer ne l’aurait pas plus déranger que cela. N’était-ce pas ce qu’elle avait fait elle-même depuis plusieurs semaines ? Par contre, voir débouler Duncan de nulle part aux côtés de son remplaçant, voilà une chose à laquelle il n’aurait pas osé penser et qui le transcenda de part en part !
Luke – Les amis, je vous présente Duncan ! Un batteur de talent ! D’ailleurs Parker, je me disais qu’il pourrait te remplacer une fois ou l’autre, à l’occasion… Parker – Tu rêves Smith ! Sous un air sincèrement plaisantin, il secoua sa tête de droite à gauche tout en venant serrer la main de cet inconnu. Enchanté Duncan ! Duncan – Parker… Faith – Et moi c’est Faith ! Star incontestée du groupe, protégée de notre petit Parker et meilleure amie de Brandon, notre guitariste, qui se trouve aux côtés de notre ancien bassiste qui a préféré partir en nous abandonnant comme si de rien n’ét… Parker – FAITH !
Le ton sec du leader la rappela vite à l’ordre, lui sommant d’arrêter par cette simple réaction ce comportement dés plus futile et, surtout, inapproprié ! En tant que confident privilégié de l’un et de l’autre, il connaissait plus que par cœur les histoires de ce couple. Mais comme il le disait toujours, cela ne devait jamais influer sur la vie du groupe ou les interactions que ce dernier pouvait avoir avec des personnes extérieures.
Owen – Ce n’est rien Parker… Acquiesçant, notre guitariste coula son regard sur Duncan. Je suppose que de notre côté, on peut passer l’étape des présentations… Duncan – En effet…
Un simple échange, une courte réplique… Et pourtant, le malaise se ressentait déjà grandement pour trois personnes en présence. Les deux premières n’étaient autres que les principaux intéressés. Quant à la troisième, elle invita chaleureusement les autres membres à quitter les coulisses comme si de rien n’était. Tout n’était question que de connaissance du fonctionnement d’un être et de la capacité d’observation dont on réussissait à faire preuve !
Parker – Faith, viens ! Il faut qu’on parle deux minutes !
Entraînant la chanteuse par la taille, notre batteur fit un signe de tête évocateur à Brandon afin que ce dernier les accompagne. Le guitariste ne se fut pas prier longtemps pour comprendre et accepter de quitter temporairement la pièce. Un départ qui laissa Duncan assez perplexe, baissant la tête en prenant conscience qu’il valait peut-être mieux profiter de cette occasion pour discuter d’une manière ou d’une autre avec son amant d’une nuit et de classifier définitivement cette histoire…
Duncan – Luke, tu peux aller me chercher une bière s’il te plait ? Luke – Euh, ouais, si tu veux… Bouge pas !
Plus personne… Rien que tous les deux… Dans une froideur laissant transparaître l’image d’un duel de l’époque du Far West se mettre en place, Campbell et Livingstone se tenaient face à face, chacun séparé de l’autre par quelques mètres. L’inévitable affrontement avait sonné son départ mais restait à savoir qui porterait le premier coup…
Owen – Alors comme ça, tu connais Luke ? Duncan – Ouais, depuis quelques années maintenant… fit-il en glissant les mains dans les poches de son jeans, observant un léger silence. Je vois que ça a l’air toujours aussi tendu avec Faith ? Owen – Qu’est-ce que ça peut te faire ? Ca t’intéresse ?
Dit-il en détournant le regard, comptant éternellement sur son allure nonchalante. Inutile de dire que même un aveugle aurait remarqué que par ladite nonchalance n’était qu’une expression sincère du poids avec lequel les rapports entre lui et son dealer étaient devenus on ne peut plus tendu justement et, ce, même si Duncan prenait cela à la légère également, tout du moins en apparence.
Duncan – Désolé de vouloir être un tant soit peu poli… Owen – T’as envoyé Luke balader à l’instant, t’as quelque chose à me dire ? Lâcha-t-il sur un ton qui reflétait le début d’un agacement teinté de l’anxiété qu’il voulait masquer. Duncan – En l’occurrence, je pensais que TOI tu avais peut-être quelque chose à me dire… Mais bon, je peux me tromper…
Le regard baissé, Duncan se mu vers l’un des amplis en présence afin d’y prendre place. Prenant soin de ne pas accorder un quelconque regard à Campbell, il vint chercher son paquet de cigarette et en cala une entre ses lèvres, allumant cette dernière d’un geste mécanique, soupirant aussitôt en recrachant une première bouffée de fumée.
Owen – Ça va avec tes gamineries à deux balles ! Si t’as pas le cran d’aborder ce qu’on sait tous les deux, alors je n’ai plus rien à faire ici !
Laissant ses paroles parlées d’elles-mêmes, Owen se retourna, un brin rageur, et engagea le pas vers la sortie. A quoi bon tenter de converser normalement si Duncan préférait fuir la réalité des faits et continuer de se voiler la face ? Mais Livingstone ne l’entendait pas de cette oreille et le premier soupir qu’il vint de réaliser précéda un second plus sonore et significatif d’une certaine forme d’exaspération, le ton de sa voix s’élevant par la même occasion.
Duncan – Facile à dire quand toi-même tu n’as pas le cran de le faire ! Owen – T’es franchement emmerdant à la fin ! Posant son regard sur lui, l’agacement se marqua fortement sur son visage cette fois-ci. Tu y repenses à cette nuit, hein ? C’est ça que tu veux que je te demande ? Duncan - Tout comme toi, c'est ça que tu veux que je te réponde ?... Tu m'emmerdes Owen ! Car, oui, j'y repense ! Mais ce n'était qu'un délire et je refuse de croire que cela avait du sens de toute façon ! Owen - Ouais, c'est si facile de dire ça...T'as fini par bien te le carrer dans la tête, alors ? Ait au moins le cran de me regarder quand tu le dis ! Regarde-moi et redit-le ! Duncan – Putain…
Duncan quitta l’ampli en passant nerveusement une main dans ses cheveux, toujours la tête baissée. Il tourna quelque peu sur lui-même, tel un lion en cage, cherchant comme le courage et la sincérité capable de faire comprendre cela à Owen… Mais, le problème apparaissant alors n’étant autre que de prendre conscience que cela n’était sans doute plus qu’un simple délire si cela se trouve… Bien, Campbell voulait en avoir le cœur net ? Dans ce cas Livingstone allait en profiter pour poser clairement une définition claire et précise sur ce qu’il s’était passé ! Voilà pourquoi, virant toute hésitation de son esprit, il revint d’un pas vif et décidé pour se poser face à son interlocuteur.
Duncan - Puisque tu fais ton malin, je t'en prie, ose dire que ce qui c'est passé n'était pas qu'un simple délire Monsieur-je-sais-tout ! Owen – Tu vois, un sourire nerveux se dessina sur son visage, posant enfin pour de bon ses yeux sur son vis-à-vis, t’es incapable de le dire ! Et tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas que ça, et c'est ce qui te rend si mal à l'aise, c'est ce qui me rend totalement ...hors de moi, Duncan! Putain… Qu'est ce qu'on a foutu…?
Le ton du musicien baissa quelque peu sur sa dernière phrase, sur son interrogation. Ayant lancé le pavé dans la marre maintenant, Owen succombait au flot de questions de savoir ce qu’il allait advenir de tout ceci maintenant. Perdu dans son anxiété et ses interrogations, il passa une main sur son visage, ne sachant que dire d’autre ou que faire en cet instant…
Duncan – Je n’en sais rien… Souffla-t-il d’un ton résigné. Mais, le pire dans cette histoire… C’est que je n’arrive pas à regretter… Owen - Moi non plus...Si c'était à refaire, je le referai... Duncan - On a l'air fin pour le coup... Soupira-t-il, glissant une main sur la nuque d'Owen de manière parfaitement naturelle. Et on est supposé faire quoi alors...?
Lors de ce simple toucher, la peau d’Owen se para d’un immense frisson qui parcouru l’entièreté de son corps. Sans crier gare, son rythme cardiaque prit une cadence rapide, furieuse et incontrôlable. Certes, il ne doutait pas de la réminiscence de leur première et unique nuit… Mais de là à ressentir une intensité aussi violente par un simple toucher… Owen se sentait égaré et bien à la fois… Oui, la fureur des émotions s’enlaça toutefois du plaisir à retrouver le toucher de Duncan sur son épiderme.
Owen - J'en sais rien... Il ramena à son tour, hésitant, l'une de ses mains sur la joue de Duncan, cherchant à chaque coup le regard de ce dernier, avant que sa main n’abandonne son toucher. On pourrait juste...se laisser aller. On ne peut pas tout contrôler... Duncan - Je... parcourant le regard d'Owen du sien, il raffermit le contact de sa main sur sa nuque avant de poser son front contre le sien. J'en sais rien... Je ne contrôle déjà plus rien quand je te vois... Owen – Duncan…
Un doux murmure… Tel fut la conclusion de cette conversation ! Un doux murmure qui quitta les lèvres d’Owen pour venir caresser celles de son dealer. Fermant tous deux les yeux, la main craintive de Campbell revint se poser sur la même joue de Duncan mais avec plus de fermeté et plus d’assurance cette fois-ci. Les iris marron clair du guitariste se rouvrirent aussitôt sur le regard ténébreux de son vis-à-vis.
Owen – On ne peut pas tout contrôler…
Ultime souffle se perdant dans une intimité retrouvée, leurs lèvres brisant le barrage de gêne, de peur et de crainte qui les séparait. Pas de pensées, plus de cas de conscience… Juste se laisser aller et profiter de l’instant présent… Cette étreinte d’aujourd’hui s’achèvera peut-être définitivement au cœur de la nuit… A moins qu’elle n’apporte un renouveau pour ces deux amants se retrouvant après tout ce temps…
- A suivre... -
VIII. Chapitre 7
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