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Revival Rock

When passion rules the game. I ain´t got no control, when my heart´s in flames.

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VII. Chapitre 6

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Crédits: Sab
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MessageSujet: VII. Chapitre 6 Jeu 9 Juin - 1:38






CHAPITRE 6
Le poids de nos actes...





    Psychologue – Alors mademoiselle Scott, si nous commencions par le début ?


Leslie avait trouvé place sur un fauteuil face au bureau du médecin. Pleinement enfoncée contre le dossier de sa chaise, elle gardait ses mains croisées sur ses genoux et le visage baissé, fixant le sol telle une petite fille honteuse. Ses longues mèches blondes recouvrant son visage dissimulaient l'entièreté de sa gêne, si ce n'est ce petit mordillement de lèvres nerveux qui se mêlait au silence traditionnel de toutes les premières fois face à un spécialiste.

    Psychologue – Détendez-vous Leslie, je ne suis pas là pour vous juger. Mais bien uniquement pour vous écouter et vous aider.
    Leslie – Et en quoi pouvez-vous m'aider...?
    Psychologue – Et bien, en premier lieu en partageant votre histoire avec vous, cela serait déjà un bon départ qu'en dites vous ?


Elle haussa faiblement les épaules tout en relevant un regard inexpressif vers lui. Alors qu'il lui demandait de se confier et de parler de la raison de sa présence, le tout de manière détournée, elle se disait qu'il avait une belle place en ce moment, dans ce cabinet. Le psychologue était celui qui écoutait, qui venait fouiller et déranger l'intimité de ses patients sans le moindre état d'âme. En quelque sorte, ce n'était qu'une forme de curiosité malsaine d'une cinquantaine de minutes avant que la séance ne prenne fin et qu'il passe à une autre personne, de la même manière dont on changerait le café présent dans notre tasse.
Tout en le fixant, sa première réaction fut incontestablement le doute. Bien sûr, la psychothérapie était régie par la confession innée de soi-même mais encore fallait il que la cible se sente en confiance, une chose qui s'avérait tout bonnement insurmontable pour la chanteuse en cet instant. Paradoxalement à cela, elle se sentait bien, soulagée. Soulagée par la déontologie de ce métier qui inculquait la notion de secret professionnel et, de par ce fait, de la confidentialité la plus totale. Et, croyez bien que lorsque l'on était une personne comme mademoiselle Scott, la confidentialité était un luxe que l'on ne pouvait s'offrir avec aisance !

    Leslie – Par où commence-t-on alors ? Se résigna-t-elle à demander en rabaissant son regard.
    Psychologue – Par où vous le désirez. Je suis là pour vous entendre, vous êtes libre de parler de ce que vous voulez.


Pour la peine, elle le trouvait ridicule. En l'interrogeant de la sorte, Leslie pensait que le thérapeute en profiterait pour entamer une ou l'autre question qui lancerait clairement la conversation. Toutefois, à la place, il lui sortait certainement le blabla propre à toutes les premières séances, pensant que cela la mettrait un peu plus à l'aise... Ce qui avait l'effet tout bonnement inverse en réalité !
Elle glissa de nouveau ses yeux sur ses doigts. Ces derniers s'entremêlèrent et se cherchèrent un peu comme une gamine en train de jouer avec un semblant de bracelet en tissus ou autre objet du genre. Inconsciemment, il fallait que ses mains s'occupent pour l'aider. L'aider à faire passer le temps, l'aider à faire passer sa nervosité. Une attitude qui ne passa guère inaperçue aux yeux de l'homme se trouvant en face d'elle.

    Psychologue – Bien, si nous commencions par votre petit ami ? A la vue de ces évènements, je pense qu'il est un point central du problème si je puis dire ?
    Leslie – Si vous voulez...
    Psychologue – Vous l'avez vu récemment ?
    Leslie – La dernière fois c'était il y a deux jours.
    Psychologue – Et dans quelles circonstances...?


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La météo de Londres était d’une nature sournoise et en perpétuelle évolution. Ses humeurs et ses envies variaient en un claquement de doigts, selon son bon vouloir. Hier encore, elle s’était voulue grisonnante et teintée d’averses incessantes. Alors que ce matin, elle offrait un ciel ensoleillé et luminescent qui caressait avec bonté chaque remous de son paysage urbain sous la même engeance d’un amant caressant de manière interdite et délicieuse le corps de son partenaire dont il n’arrivait à quitter du regard.
Une nouvelle journée de clarté pour ses enfants qui, dés l’aurore, étaient sortis de chez eux pour aller jouer au ballon dans un parc. Un matin ensoleillé pour ces quelques amis s’offrant le plaisir d’aller se chercher un bon petit déjeuner dans la joie et la bonne humeur. Un matin rayonnant pour tous ces couples se réveillant au creux de leur couche ou bien dans un endroit moins courant tout en se regardant, se souriant, s’embrassant. Un matin qui avait des allures de perfection et de merveillosité pour toute la population londonienne… A une exception près !
Se tenant assise sur le rebord du lit, Leslie Riley Scott s’était déjà recoiffée et rhabillée pour quitter ce petit nid d’amour qu’elle appréciait tellement. Les traits tirés, le corps tendu et l’expression on ne peut plus grave, elle était cette unique personne en ce dimanche à ne pas exprimer une quelconque trace de bien être ou de contentement. D’ailleurs, comment l’aurait-elle pu ? Depuis la veille, elle n’avait cessé de se montrer proche et distante en même temps… Offerte tout en ressentant paradoxalement ce sentiment d’être souillée, d’être sale, d’être impure pour le corps de celui qu’elle aime. Elle s’était donnée à lui par envie, par réel désir mais, une part d’elle-même n’avait pu trouver ce soulagement et ce plaisir qu’elle ressentait à l’accoutumée. Coupable... Oui, elle se sentait coupable d’avoir étouffé tout cela sans rien lui dire une fois de plus et de le laisser l’aimer tel quel, sans qu’il ne se doute de la vérité…
L’insouciance… En le contemplant dormir, Leslie trouvait Parker bien insouciant pour la peine. Contrairement à elle, il semblait beaucoup plus apaisé et détendu. Allongé sur son ventre, les bras sous l’oreiller et le visage tourné vers elle… Il dormait du sommeil du juste sans même envisager qu’elle puisse prendre la clé des champs de si bonne heure. Bien sûr, la chanteuse avait pris l’habitude de rester près de lui au réveil mais, aujourd’hui, cela n’en serait pas le cas. Elle n’en n’avait ni le courage et encore moins la force à vrai dire. Cela lui ferait de la peine, certes, mais beaucoup moins que si elle devait lui avouer ce qu’il se passait en ce moment. Puis, à leur prochaine retrouvaille, ce départ improvisé serait rapidement oublier, purement et simplement. Oui, autant choisir la simplicité dans de tels moments.

    Leslie – Je t’aime…


Lui murmura-t-elle tout en laissant quelques doigts venir effleurer les mèches du batteur retombant innocemment sur son front. Il était alors étrange de la voir déclamer cela comme si elle était en train de lui dire ‘au revoir’ ou, même, ‘adieu’. Jusqu’à présent, son histoire avec Parker n’avait été qu’une succession de témoignage d’amour et de passion sous le fil d’une certitude venant toujours la rassurer quant à leur relation. Le jeune homme la faisait chavirer tant par la force de son charme que par sa capacité à lui servir de repère fixe et durable, de la réconforter et de lui offrir cette douce pensée qu’il serait toujours là. Elle n’avait donc jamais eu à ressentir de doute ou de véritable peur que tout cela s’arrête. Néanmoins, cette peur, aussi sournoise et vicieuse qu’un serpent se camouflant de sa proie, finit tôt ou tard par vous sauter à la figure et vous torturer de manière insoutenable.
Décidant alors de se relever après de très longues minutes d’inertie, Leslie regarda une dernière fois Parker tout en restant sur le pas de la porte de la chambre pour finalement détourner ses yeux et se rendre dans la grande pièce principale de l’appartement. Elle rassembla ses dernières affaires pour, ensuite, tout de même écrire un petit mot à Parker qu’elle laissera sur la table avant de quitter les lieux. Au moins ne partait-elle pas totalement comme une voleuse.

Le temps n’avait plus de logique. Les pas de la chanteuse s’enchaînèrent les uns après les autres, marchant sans cesse sans même savoir où elle se rendait. Elle ne se dirigeait pas dans une direction particulière, elle errait, encore et encore, le visage tournée vers le sol et l’esprit en proie à des sempiternelles questions.
Sans se vouloir faible, Leslie n’était pas le genre de personnes qui était capable de faire face à un aussi gros dilemme sans en parler à quelqu’un. Certes, elle pouvait tenir un secret sans aucun problème mais, une fois que son quotidien et, disons le clairement, son avenir était en branle, il fallait qu’elle se confie, qu’elle se libère et qu’elle trouve l’attention nécessaire pour ne pas perdre pied. Cependant, comme démontrer auparavant, elle ne pouvait le faire avec Parker. Au même titre, il lui était impossible d’en parler à Owen. Elle se voyait mal venir lâcher au meilleur ami d’enfance de son petit ami qu’elle l’avait trompé avec leur bassiste et qu’elle se retrouvait aujourd’hui enceinte ! Matthew ? Pourquoi pas ? Après tout, il était le principal concerné par cette histoire ! Mais sa fâcheuse tendance à repousser toute conversation entre eux depuis qu’il était au courant ne l’aidait pas. Et, quant à Kyle… Elle le savait trop admiratif de Parker pour qu’une telle confession se passe sans risque et sans dégâts. Autrement dit, elle n’était pas prête de s’en tirer
Certes, il serait dés lors facile de dire qu’elle n’avait qu’à se tourner vers d’autres personnes constituant son entourage. Le seul problème dans la vie de mademoiselle Scott, c’est que son entourage proche ne se cantonne qu’aux personnes justement précitées et qu’il lui était impossible d’offrir une telle place que la leur à une autre personne sortie de nulle part. Telle est la manière dont on se retrouve à se sentir seule, tristement seule… Sans presque rien, ni personne à qui se raccrocher pour continuer…

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    Psychologue – Votre fuite est-elle récurrente où il n'y a que dans ce cas de figure qu'elle vous semblait la plus appropriée ?


Leslie se voulait alors hésitante face à une telle question. Se redressant quelque peu sur son siège, elle avait le sentiment de pratiquement ressentir le même besoin que pouvait avoir Parker lorsque ce dernier allumait une cigarette. Ce qui était bien étrange et ironique alors qu'elle était la première à vouloir qu'il arrête et qu'elle ne supportait pas ce type d'activité. Néanmoins, c'est comme si elle se sentait propice à venir coincer un de ces bâtons de nicotine entre ses lèvres pour accompagner cet instant.

    Leslie – Je ne sais pas, finit-elle par répondre doucement. D'habitude, je n'ai pas besoin de fuir car j'ai tout simplement quelqu'un à qui me raccrocher.
    Psychologue – Je vois... Et, dés lors, vous avez continué d'errer en solitaire toute la journée ?
    Leslie – Oui et non...


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Alors que les rues de Londres s'embrasèrent sous un paysage soudainement flou et inconnu, la jeune femme se retrouva à prendre la route des studios d'Abbey Road sans s'en rendre véritablement compte. Face à l'inconnu, ses pas répondirent tout simplement au schéma habituel qui s'était inscrit dans son esprit et dans ses jambes. L'itinéraire d'un lieu plus que familier et lui servant imperceptiblement de refuge en toute circonstance.
Ne laissant aucune place à un quelconque sourire, il fallait bien qu'elle s'avoue ressentir une légère pointe de légèreté à se rendre au studio. Normalement, en cet après midi, il ne devrait y avoir absolument personne. Elle se réfugierait derrière son micro, répéterait plusieurs des morceaux déjà édité ou en cours de travaux ou, pourquoi pas, se perdre dans la reprise d'anciens registres musicaux, sélectionnant avec un certain sadisme des musiques aux paroles d'avantage blessantes et douloureuses que réconfortantes.
En tout cas, lorsqu'elle arriva à l'entrée principale, elle ne fut accueillie que par une simple hôtesse se chargeant de faire office de maintenance. Sait-on jamais que l'un ou l'autre groupe ou encore ingénieur du son voulait faire un peu de zèle durant la fin de son week-end. Et oui, c'est qu'on pensait à tout dans le studio qui avait vu naître les Beatles plusieurs décennies auparavant.

    Kyle – Je te demande pardon...?


Alors qu'elle s'avançait dans les couloirs, l'attention de Leslie fut attirée par la voix d'une personne qu'elle connaissait plus que très bien. Une voix qui la cloua sur place, la figea dans un sentiment de crainte et d'inattendu.

    Matthew – T'as parfaitement compris. J'ai foutu Leslie enceinte...


Et bien évidemment, pour ne rien arranger à cette surprise, ne voilà-t-il que la voix du bassiste des Morten Bluz se fit entendre quelques secondes après. En entendant ce dernier citer la vérité des évènements récents entre eux de manière si criante et avec autant de nonchalance la fit se sentir tout autant mal qu'en colère. D'accord, le batteur et le leader du groupe étaient réputé pour faire office de confidents l'un envers l'autre. Mais même dans la confidence, il y avait une certaine forme de limite à ne pas dépasser... Chose qui venait d'être pourtant faite aux yeux de la chanteuse en cet instant précis !

    Kyle – Dis moi que c'est une plaisanterie ? Demanda-t-il d'un ton sévère.
    Matthew – Tu m'as déjà bien regardé ? Tu crois vraiment que je plaisanterais sur un sujet pareil ?!


S'il n'est pas bon de jouer les fouines et de se glisser derrière les portes pour écouter ce qu'il peut être dit, Leslie se moquait totalement de la bienséance et des principes de bonne conduite en cet instant. Au coeur même d'une conversation qui venait de prendre naissance à son égard, elle se colla derrière la porte du local où se trouvaient les deux musiciens afin de savoir comment l'un et l'autre en viendraient à réagir. Cependant, la question que devrait certainement se poser notre chanteuse en cette seconde, c'est de savoir si elle était belle et bien prête à tout entendre, là, maintenant ? Mais, cela, il n'y avait qu'une seule façon de le savoir, n'est ce pas...?

    Kyle – Bien... Et je peux savoir depuis quand ?
    Matthew – Depuis trois mois, durant la tournée...
    Kyle – Durant la tournée...? la voix de Kyle s'éleva alors quelque peu. Non mais où est-ce que t'avais la tête ? T'oublie qu'elle était déjà avec Parker à ce moment là ?!


Bien que ses yeux n'étaient pas en mesure de les voir, ni d'observer de quelle manière ils se tenaient l'un et l'autre, elle put entendre le bruit d'une cannette vide volée à travers la pièce et s'entrechoquée avec le mur plusieurs mètres plus loin.

    Matthew – Mais je le sais déjà ça bordel ! Tu crois que je l'ai fais exprès en plus de ça ?!
    Kyle – Je sais surtout que t'es pas spécialement le plus résistant quand il s'agit de renoncer aux tentations d'une fille qui te fait des avances ! Continua-t-il de répliquer sur un ton assez sévère.


S'en suivit alors un silence de plusieurs secondes qui laissait pleinement transparaître la lourdeur de sa signification. Blottie derrière la porte, Leslie ressentait une sévère pointe douloureuse s'enfoncer dans un coeur déjà meurtri. Elle avait l'impression qu'on lui enfonçait une lame métallique, chauffée à blanc, calcinant peu à peu l'intérieur de son être afin qu'il se consume dans la plus grande des horreurs. C'est comme si vous preniez un gigantesque récipient d'ondes positives et que vous le retourniez pour qu'il se déverse sur vous sous la forme d'un ouragan de torture, ne laissant que votre faible corps décider s'il était capable de le subir tout en restant inerte ou bien de s'y faire emporter sans un quelconque espoir de retour.
En cet instant, elle aurait voulu surgir comme par magie et les prendre en flagrant délit. Les mettre dos au mur et leur faire face, oui, être face à eux, face à leur jugement, face à leurs critiques pour mieux leur répondre et leur dire qu'au final, ils ne pouvaient rien comprendre à ce qu'il s'était passé, ni de l'état dans lequel elle pouvait se trouver en cet instant précis, dans quel état d'esprit elle pouvait siéger suite à une telle nouvelle et à un tel manque de responsabilité de la part de Matthew. Car, au final, il s'en tirait à bon compte de venir se plaindre... Pourtant, jusqu'à preuve du contraire, il avait été tout aussi consentent qu'elle-même ! Certes, sans doute pas dans le meilleur des états, ni dans les plus sobres qu'il soit donné d'être. Mais, coucher ensemble, ça ne se fait pas tout seul aux dernières nouvelles !

    Matthew – C'était le fameux soir où on était à Dublin, commença-t-il en brisant le silence présent. Owen était parti juste après le concert pour retrouver une de ses connaissances et toi tu ne te sentais pas trop d'attaque à faire la fête. Autrement dit, on est parti dans un pub avec Leslie, histoire de terminer sympathiquement la soirée.
    Kyle – Sans vouloir te vexer, je ne pense pas que le qualificatif de 'sympathiquement' soit approprié au vue des circonstances...
    Matthew – Soit ! Lâcha-t-il sèchement, histoire que Kyle ne l'interrompe pas avec une autre remarque de ce genre. Il faut dire que lui confesser cela lui était déjà assez pénible malgré tout ! On a pas regardé à la quantité de bière qu'on a commencé à descendre tous les deux et, après, on a commencé à danser. Elle a commencé à se frotter et à se coller contre moi de manière provoquante je dois dire.
    Kyle – Et c'est devenu trop difficile de la repousser sans doute ?
    Matthew – Je voudrais bien t'y voir toi ?! Je te signale que Leslie est quand même un bon morceau et que, une fois qu'elle décide de séduire quelqu'un, elle sait très bien s'y prendre pour le mettre dans son lit ! Et, en l'occurrence, c'était pas de Parker dont elle avait envie ce soir là !


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Tout en expliquant cela, Leslie avait finie par se relever, quittant son siège pour venir se poser en face de l'une des fenêtres du cabinet du médecin. Ce dernier, toujours attentif, retira sa paire de lunettes pour venir y frotter ses verres avec un petit mouchoir. Le fait qu'il ne réplique pas de suite au terme de cette longue tirade fit du bien à la chanteuse, ressentant l'arrière goût amer d'une boule dans la gorge et d'un sentiment de rage.

    Psychologue – Quel était votre état d'esprit à ce moment là ?
    Leslie – Si je vous réponds 'très mal', cela vous suffit ?
    Psychologue – Mais encore ?


Elle soupira aussitôt. Ses bras se levèrent afin que ses mains ne viennent se perdre dans ses cheveux, replaçant convenablement ses longues mèches blondes le long de son visage. Cela lui démangeait... Elle avait envie de marcher. Une envie criante et puissante mais qu'elle ne pouvait assouvir totalement, à l'exception de quelques pas à tourner en rond dans ce bureau à se fatiguer assez rapidement.

    Leslie – Et bien... Imaginez que les personnes auxquelles vous tenez le plus crachent dans votre dos sans la moindre gêne, ni le moindre remords. Imaginez que des personnes comptant encore plus que votre propre famille s'amusent à vous jouer et à vous construire une mauvaise réputation sans même que vous n'ayez voix au chapitre... Imaginez que ceux que vous respectez le plus ne vous octroie une image aussi valorisante qu'une pauvre débauchée à l'existence des plus inavouables... Oui, essayez d'imaginer cela et de multiplier le tout par mille... Vous pourrez ainsi peut-être vous faire une idée de ce que j'ai pu ressentir en les entendant parler.
    Psychologue – Je vois... Il resta alors sans prononcer un seul mot le temps de remplir sa feuille de notes de quelques annotations. Et que s'est-il passé ensuite ? Vous avez fini par céder au besoin de leur parler ou vous avez préféré partir ?
    Leslie – A votre avis...?


---


    Kyle – Inutile de te dire que je cautionne pas trop le fait que tu aies craqué aussi faiblement... Mais bon, si elle t'as chauffé en même temps, il est clair qu'elle se doit de prendre ses responsabilités.


Là c'était la goutte de trop qui venait faire déborder le vase ! Quand elle entendit le batteur parler de la sorte, Leslie eut le sentiment de tomber d'un gratte ciel, de réaliser une chute incessante pour en connaître un atterrissage tout ce qu'il y a de plus brutal et de plus mortel. Non pas qu'elle voulait qu'il prenne partie pour elle ou, du moins, si, un petit peu ! Mais jusque là, il s'était voulu neutre et sévère avec justesse, n'hésitant pas à effectuer des petites remontrances au bassiste afin de lui faire comprendre que son attitude était loin d'être noble et glorifiante. Puis, d'un claquement de doigts, c'est comme s'il avait retourné sa veste pour prendre sa défense et toute mettre sur le dos de la belle. Ce qui lui était totalement inacceptable !

    Leslie – Ne vous gênez pas pour dire que je suis une traînée tant que vous y êtes !


Tel un animal enragé, elle surgit de derrière la porte, le regard noir, le visage garnit d'une rougeur colérique et les bras crispés contre sa poitrine. Kyle et Matthew avaient de quoi se sentir comme deux condamnés à mort, prêt à rendre leur dernier souffle face à un peloton d'exécution tout entier tant la fureur de leur amie se voulait dévastatrice !

    Matthew – Tiens donc ! Tu t'amuses à écouter aux portes toi maintenant ? La toisa-t-il en arquant un sourcil.
    Leslie – En même temps, vu ton empressement à prendre tes responsabilités par rapport à la situation, je vois pas d'autres solutions !


En disant cela, elle glissa son regard sur Kyle qui venait de prendre appui sur le rebord d'une table situé juste derrière lui. Pour la peine, elle était prête à lui demander s'il avait perdu sa langue concernant l'état de ses hormones et les manifestations de ses envies durant leur tournée ! Néanmoins, histoire de ne pas faire brûler le torchon trop vite, elle se ravisa pour se concentrer amplement sur Matthew.

    Matthew – Et tu veux que je te dise quoi de toute façon ? Que je regrette et que je suis désolé que tu sois en cloque ? Ca ne changera rien à la situation !
    Leslie – Je n'ai pas dis que j'avais besoin d'excuses ! Juste que tu répondes présent car, jusqu'à preuve du contraire, je l'ai pas conçu toute seule ce bébé !
    Matthew – T'as qu'à t'en occuper avec Parker, ça reviendra au même, souffla-t-il, énervé de parler de ça, surtout avec elle.


Mais que se passait-il réellement dans la tête de Matthew Gordon en cet instant précis ? Il serait bien trop réducteur de ne s’attarder que sur son ton glacial et son regard dédaigneux. Cet aspect ? Cela n’était qu’une façade bien trop traditionnelle et récurrente qu’adressait le leader des Morten Bluz à l’ensemble de son groupe ou de ses autres collaborateurs. Une attitude que bien des personnes avaient tenté de comprendre vainement pour laisser, au final, tomber cette dure lutte pour l’associer à un être talentueux, certes, charismatique, cela va sans dire, mais tout bonnement intransigeant, perfectionniste et un brin cynique. Une sévérité envers lui-même qu’il infligeait dés lors aux autres, attendant tout autant de perfection de la part d’autrui que de sa propre part à lui. Dans son esprit, telle était la manière dont l’on se devait d’avancer. Et, au vue de la réussite des Morten, telle était la seule et unique manière dont l’on pouvait réussir dans tout ce que l’on entreprenait.
Cependant, comme tout homme, le bassiste ne vivait que par le biais d’un masque et d’un voile d’illusion qui avait tout simplement pris possession de son visage au fil des années. La déception, l’échec, la faute ou encore la douleur ? Que les autres trébuchent et se fassent mal, ce n’était que leur problème. Mais lui, cela ne pouvait tout bonnement lui arriver. Une conviction, un entêtement qui l’enfermait à réagir de manière parfois bien inavouable ou à se comporter tel un traître vous plantant un véritable couteau dans le dos sans même se retourner pour en contempler l’ampleur des blessures. Toutefois, il faut bien faire attention sur ce point car, derrière cette traitrise apparente, il sera toujours le premier à veiller sur ses proches et à les aider d’une manière se voulant peu évidente à cerner la plupart du temps. Là où certains vous tendent la main afin que vous vous releviez, lui, il vous donnait une claque afin de vous éveiller et de vous faire reprendre vos esprits. Oui, Matthew savait prendre soin des autres… Tant que cela n’interférait pas avec sa propre protection de sa personne. Narcissique ? Oui, sans doute un peu… Mais parait-il que cela faisait également partie de son charme !
Hier petite protégée du grand Gordon, aujourd’hui son ennemi numéro un, son comportement repoussait sans le moindre scrupule toute la bâtisse et l’architecture qui avait pu modeler et solidifier leur amitié depuis toutes ces années. Il n’était pas prêt à accepter ses tords, il était même hors de question qu’il lui fasse se plaisir ! Qu’elle vienne geindre à ses pieds, le supplier ou encore cracher tout son venin au visage, elle serait la coupable ! Elle l’avait séduit ce soir là, elle s’était voulue tentatrice, qu’elle l’assume maintenant ! Au final, lui n’était qu’un homme parmi tant d’autres, ne répondant qu’au désir criant de l’appel de la chair. Jusqu’à preuve du contraire, il n’avait pas été la personne présentement en couple et trompant ouvertement son partenaire. Pourquoi paierait-il donc les pots cassés à sa place ? Mieux renier Leslie était le sacrifice qu’il avait décidé de réaliser pour ne pas accepter ses responsabilités et fuir le poids insupportable de ce que tout Homme redoute dans sa vie : la Culpabilité !

    Leslie – Et faire comme si c’était notre enfant tant que tu y es ? haussa-t-elle fortement le ton. C’est hors de question ! Je ne trahirais pas Parker ! Pas comme ça !
    Kyle – Si tu ne voulais pas le trahir, tu n’aurais pas passé ta nuit avec Matthew à Dublin je te ferai remarquer !


Kyle s’en mêlait enfin ! Même si cela n’était guère pour aider Leslie, cette dernière ne faisait qu’attendre l’intervention de l’intéresser, curieuse de voir quelle attitude il finirait par adopter face à tout cela. Quelque part, elle ne pouvait avouer un grand étonnement de le voir voler au secours de son grand ami musicien. Il ne devait pas avoir plus d’un pourcent de chance pour que le batteur s’allie à la chanteuse dans son malheur et ne se pose en tant qu’inquisiteur face à Matthew. Au moins là, le doute n’était plus permis !

    Leslie – Et je peux savoir en quoi ça te regarde ?
    Kyle – Dans le fait que Parker est un profond ami que je respecte grandement et que tu es la personne en qui il avait le plus confiance jusqu’ici ! Et toi, une tournée et hop, madame nous reviens enceinte jusqu’aux os ! Tu es fière de toi ?!


Kyle s’était toujours voulu le plus timoré du groupe. Derrière une tension, un désaccord ou une mésentente plus que nuisible pour l’ensemble de sa formation musicale ou bien dans son cercle d’amis, il gardait une image plutôt calme et parfois un peu trop effacée. Il savait certes amuser la galerie, se perdre dans une série de petites plaisanteries innocentes, néanmoins, il jouissait d’un aspect introverti que tout le monde lui appréciait. S’énerver ou l’entendre élever la voix ? Peu de personnes y avaient été confrontées jusqu’à présent. Cela était un fait rarissime qu’il s’était évertué d’accentué d’avantage depuis sa rencontre et son amitié envers ce très cher Parker. Un être qu’il estimait et qu’il respectait au même égal que Matthew mais d’une manière différente. De ce fait, que cela soit un proche comme Leslie ou encore une toute autre personne, il lui était inacceptable de prendre en compte le fait que l’on se soit jouer de la confiance et de la bonté de son ami. Oui, le pêché de chair avait été réalisé à eux deux, ensemble. Elle n’en restait pas moins celle qui avait commis la plus impardonnable des trahisons. Et pour cette raison, la gentillesse et la bienveillance de Kyle disparu au prix d’un jugement se rangeant au côté de son homonyme.

    Leslie – Je…, elle balbutia, prise de court par la réaction de Kyle.
    Kyle – Tu quoi Leslie ? Tu n’as aucune excuse ! Matthew a peut être fauté également, je ne le nie pas, mais ton attitude a été tout bonnement dégueulasse !


La chanteuse accusa ses paroles durement, tentant de garder ce visage colérique et fermé sans pour autant réussir à retenir la naissance de larmes se formant au coin de ses yeux. Matthew aurait pu lui parler de la sorte qu’elle n’en n’aurait pas été blessé plus que de raisons. Mais de la part de Kyle, c’était tout bonnement insupportable. Honteuse ? Elle se l’était déjà sentie mais pas aussi fortement qu’en cet instant !

    Leslie – Arrête… Kyle…
    Kyle – Il n’y a pas d’arrête Leslie, tu as franchi la limite !
    Matthew – Kyle ! intervint-il en venant poser une main sur l’épaule de son ami. Calme-toi, ça ne sert à rien. Et quant à toi, enchaina-t-il en posant son regard sur la chanteuse, tu t’arranges comme tu veux mais je ne veux plus entendre parler de cette histoire, c’est clair ?


---


Ayant regagné le siège de la salle de consultation, Leslie s’y était rabattue comme une enfant se réfugiant dans le coin de sa chambre afin d’échapper à l’attention d’un monstre quelconque. Les pieds sur le rebord du fauteuil, ses genoux rabattus au maximum contre sa poitrine et les bras croisés tout à l’entour de ses jambes, sa gorge nouée se fit de nouveau silencieuse. Le simple fait de revenir sur l’évocation de cette dispute réussit suffisamment à la déstabiliser pour que de nouvelles larmes se créent dans ses yeux. L’une d’elle, assez vagabonde, se risqua à se glisser tout le long de sa joue pour disparaître dans l’obscurité de son corps serré contre lui-même.
Assistant à un tel spectacle, le psychologue devait bien admettre que l’image de mademoiselle Scott était en train d’en prendre un sacré coup ! Elle était très éloignée de cet aspect glamour et chavirant que bien des magazines lui accordait à la une de leurs couvertures. Retombant dans les fondements même de sa personnalité innocente, la femme enfant n’avait absolument plus aucun aspect d’une adulte à part entière… Beaucoup trop blessée, beaucoup trop perdue, beaucoup trop abandonnée…

    Psychologue – Vous n’aviez jamais eu de dispute aussi forte que celle-ci ?
    Leslie – Non, siffla-t-elle d’une petite voix abattue en laissant échapper un reniflement. Il faut dire que nous ne nous sommes jamais retrouvés dans une situation pareil non plus.
    Psychologue – C’était important pour vous que Matthew et Kyle essaient au moins de vous écouter ?


Elle haussa les épaules avec désintérêt. Ce geste effectué, l’une de ses mains abandonna ses jambes pour venir essuyer ses larmes du revers de ladite main.

    Leslie – Je ne voulais pas que l’on commence à se déchirer ou à se renvoyer la balle pour savoir qui était le coupable. Je ne voulais même pas que Kyle soit au courant, pensant que Matthew pourrait garder ça pour lui. Mais, finalement, je me suis trompée sur toute la ligne et me suis jetée toute seul en pâture aux lions en leur offrant l’arme pour me briser. Tout ça parce que je voulais régler ce problème au final…
    Psychologue – Néanmoins, il y a un point qui n’est pas clair dans votre raisonnement. Je veux dire, il n’y a aucun doute quant à vos sentiments envers Parker mais, comment avez-vous fait pour craquer de cette manière et vous retrouver dans les bras de Matthew ?


Tentant d’entamer une réponse, sa bouche entrouverte ne laissa exprimer aucun bruit. Elle essayait de remonter jusqu’à cette fameuse nuit qui avait bouleversé tant de choses à présent. Cependant, malgré toute la force de sa volonté, son esprit refusait de déverrouiller la salle renfermant cette vérité. Tel un mécanisme de défense bien huilé, le cerveau de Miss Scott s’était muré de l’image de tous ces instants et de toutes ces nuits passées en compagnie de Parker, espérant dés lors que cela serait suffisant pour qu’elle n’ait plus à revoir ou à ressentir une seule fois la honte de ce qu’il s’était passé. D’ailleurs, il est à noter que, sans cette grossesse imprévue, l’exercice aurait été réussi magistralement !

    Leslie – Je… Je ne sais pas… Je ne sais plus… Je ne veux plus m’en souvenir… confia-t-elle en se sentant honteuse.
    Psychologue – Leslie, vous n’avez pas à vous en vouloir pour ça. Il est parfaitement légitime et on ne peut plus courant que, une fois que l’on se retrouve profondément coupable d’un acte qui nous échappe, nous en étouffions le souvenir.
    Leslie – J’ai beau vouloir l’étouffer, ce n’est pas ça qui m’aide pourtant à aller mieux !!


Le spécialiste déposa son carnet de note sur le bureau avant d’y joindre également sa paire de lunettes. Plissant le front, ses doigts vinrent frotter doucement ses yeux sous l’aspect d’une mine pensive, réfléchie et perplexe.

    Psychologue – Et c’est pour ça que vous avez tenté d’étouffer le problème d’une manière plus symbolique ?
    Leslie – C’est une critique ?
    Psychologue – Non, une simple question.


A cet instant, la petite minuterie servant à indiquer la fin de la séance se mit à résonner. Si s’ouvrir et se libérer des récents évènements avait eu un effet aussi rédempteur que douloureux pour la chanteuse, elle ressentit un soulagement sans pareil lorsque cette alerte retentit. Elle n’en perdit pas plus d’une seconde pour venir se rasseoir convenablement et essuyer les quelques traces de larmes pouvant encore border ses yeux. Un soupir berça son geste alors qu’elle offrit un regard plus éloigné, plus distant et plus glacial envers le psychologue. Désormais, il n’était plus rien d’autre qu’un homme faisant son travail mais se devant de consacrer toute son attention à une toute autre personne. Sa torture à elle prenait fin et rien de plus ne comptait.

    Leslie – Et bien je pense que la séance est terminée docteur !
    Psychologue – Il semblerait… Néanmoins, je souhaiterais avoir votre réponse face à ma dernière question si vous le voulez bien.
    Leslie – Navré docteur mais il vous faudra attendre certainement une autre séance pour cela.


Dubitatif, le quadragénaire se releva de son siège pour venir saluer mademoiselle Scott qui était déjà sur le point de quitter le cabinet sans même observer un minimum les règles de courtoisie. Néanmoins, le spécialiste ne s’en formalisa guère, lui demandant tout simplement de faire attention et de prendre soin d’elle jusqu’à leur prochaine entrevue. Un message que, bien évidemment, la chanteuse préféra laisser derrière elle au même titre que cette séance…

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Son corps s’était échouée contre sa porte lorsqu’elle pénétra dans son appartement. Les mots de ceux qu’elle avait considérée comme des amis jusqu’à présent l’avait littéralement détruite. Bien que s’efforçant de contenir ce mélange de haine et de détresse qui bouillonnait en elle, Leslie ne pu empêcher les larmes de couler à flot une fois qu’elle gagna l’obscurité de son domicile. Tout était morne, tout était gris, tout était noir… Mais qu’importe puisque son esprit se paraît des mêmes teintes déprimantes.
Lorsque la perdition s’empare de vous, la raison et la logique vous abandonne. Ces deux derniers symboles de la réalité sont l’ultime douleur qui vous rattache à ce chagrin et cette épreuve insoutenable que vous vous retrouvez à vivre sans la moindre demi-mesure. Les armes d’une conscience vous rappelant face à vos crimes, vous rappelant face à votre pêché. Elle s’en délaissa pour ne plus réfléchir de manière juste et réaliste. Non, le torrent de ses lames entraînèrent avec elle les derniers fondements de la raison qui l’habitaient. Elle avait le choix d’agir ou bien de rester inlassablement dans sa tourmente jusqu’à ce qu’elle s’en meurt entièrement de chagrin. Baisser les bras, abandonner… Une solution on ne peut plus facile qui ne la ferait valdinguer sur une pente que l’espace de deux ou trois derniers jours avant que tout ne cesse définitivement. Abandonner signifiait oublier, disparaître et efface la trace de ses trahisons et de ses méfaits. Cependant, abandonner correspondait également à tourner le dos à Parker, à ses sentiments pourtant si forts qu’il ressentait à son égard et le condamner à une incompréhension douloureuse capable de le hanter à jamais… Était-ce réellement ce qu’elle voulait lui offrir en ce moment… ? Non, elle ne pouvait s’y résoudre. Pas comme ça… Pas sans le revoir une dernière fois… Pas sans l’avoir regardé dans les yeux et lui dire dans ultime moment qu’elle s’en voulait pour tout ce qui avait pu se produire.

Faiblement, ses membres se remirent alors à bouger. Dans l’incertitude, seule la folie nous semble être la seule alliée capable de nous guider consciemment. Les larmes cessant de couler, une lueur de décision et de détermination parcouru le regard de la chanteuse. Prenant appui sur la porte, elle décida de se redresser sur ses jambes et de se diriger vers son téléphone portable. Elle contempla la photo d’elle et de son petit ami qu’elle avait choisi de mettre en guise de fond d’écran. Sans un sourire, sans une marque de tendresse dans le regard, l’aspect dramatique avait prit toute sa splendeur pour animer un corps qui ne semblait plus répondre à la personnalité et au souhait véritable de sa propriétaire.
Tout en fermant les paupières, la jeune femme éteignit son portable avant de le déposer soigneusement sur la table de la salle à manger. Gardant ses iris bien à l’abri desdites paupières, elle se rendit d’un pas rapide et décidé vers sa chambre à coucher. Elle y entreprit aussitôt de venir ôter son jeans et le sous-vêtement qui garnissait son intimité.
Farfouillant dans ses armoires, c’est sous un rythme haletant et de plus en plus nerveux qu’elle commença à faire valser tout objet ou vêtement se trouvant sur son passage et la gênant dans sa recherche. Que ce soit de boites de bijoux ou bien de robes scintillantes ou encore d’une vieille paire de drap ou de sous-vêtements, le sol de sa chambre se voulu bien vite recouvert de tous ces ornements avant qu’elle ne puisse enfin calmer sa quête incessante en trouvant l’objet de ses désirs.
Le tenant fièrement et, surtout, fermement dans ses mains, la blonde quitta cette pièce pour se rendre aussitôt dans sa salle de bain. Une parcelle d’hésitation vint alors calmer ses ardeurs lorsqu’elle vit son reflet dans la glace. Ce n’est plus une chimère insensée face à laquelle elle se retrouvait mais bien à son image, à ce qu’elle était, à sa réalité, la sienne. Sa mâchoire se serrant, ses yeux commencèrent à s’imbiber une nouvelle fois de ces larmes douloureuses et mélancoliques. Elle était seule, si seule… Elle commettrait une bêtise, une énorme bêtise… Mais personne ne pouvait l’aider, personne ne pouvait réussir à lui permettre de ne pas anéantir son avenir ou celui de l’homme qu’elle aimait… Personne ne pourrait l’empêcher d’être tragique…
Fuyant finalement ce portrait on ne peut plus insupportable, Leslie pénétra dans sa cabine de douche tout en s’adossant contre le carrelage. La tiédeur de ce dernier ne lui fit rien ressentir, si ce n’est la présence d’un simple appui solide, seule trace de soutien qu’elle pourrait trouver en cet instant. Sa main, tenant toujours assurément la longue tige métallique, commença à montrer des signes de fébrilité, dernière trace de l’ultime hésitation que la chanteuse pouvait ressentir.

Elle ferma les yeux… Se mordit la lèvre… Plus de réflexions, plus maintenant… Tout vint s’achever dans un ultime profond coup de poignet… Le carrelage l’accueillant devint froid, glacial… Son corps, faible et fébrile, n’avait plus la force de la soutenir… Ses cuisses, ses jambes, ses pieds, s’enflammèrent d’une chaleur écarlate faisant disparaître à jamais la fleur du mal qui ne verrait jamais le jour… Pour garder celui qu’elle aimait, Leslie Scott brisa son être en secret…


- A suivre... -


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VII. Chapitre 6

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