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Revival Rock

When passion rules the game. I ain´t got no control, when my heart´s in flames.

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IV. Chapitre 3

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Crédits: Sab
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MessageSujet: IV. Chapitre 3 Jeu 9 Juin - 1:30






CHAPITRE 3
Le scandale du Revival Mag !





Under The Rose a écrit:
La présence de l'Enfant

Désire-t-on réellement un enfant ? Une question simple et anodine en apparence que l'on se doit de se poser avant une conception éventuelle d'un petit être cher à nos yeux. Indépendamment d'une simple poupée, l'enfant n'est en aucun cas un objet destiné à divertir et dont on peut se débarrasser une fois qu'il nous ennuie ou nous exaspère. Il ne s'agit pas de devenir parent pour la beauté du geste et l'aspect merveilleux de la chose. Un enfant se veut telle la rose du petit Prince dans l'histoire de Saint Exupéry. Nous en sommes responsable, nous devons en prendre soin et l'aimer, quels que soient ses caprices et sa propre attitude. Il nous incombe de la former et de l'éduquer dans un monde dans lequel il n'a pas désiré d'être là. Notre travail est de l'instruire tout en lui donnant goût à la vie, tout en lui donnant l'envie de se battre et de devenir quelqu'un.

Si j'en viens à un tel discours, c'est parce que je me demande si Leslie Riley Scott est réellement prête à entrer dans ce mode de pensée et de fonctionnement. De source sure mais anonyme, la sulfureuse chanteuse des Morten Bluz est effectivement enceinte ! Depuis trois mois maintenant, notre célébrité vit avec un embryon se développant jour après jour, poursuivant la lente progression de son évolution jusqu'au jour définitif de sa naissance ! Fini la légèreté et l'insouciance pour la voix d'or des Morten Bluz. Le rôle de mère et, de ce fait, de femme s'impose à elle. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de penser à sa véritable faculté d'assumer cela ? Si son compagnon, Parker Johnson, a pour réputation d'être sage et averti, il est loin d'en être le cas de sa belle ! Qui plus est, cette naissance nouvelle sera-t-elle du goût du jeune homme ?!


Le scandale est un art et un travail de tous les jours à entretenir. Même s'il ne fait pas partie des origines professionnelles de Taylor Hawkins, elle n'a eu de cesse de développer cette forme d'écriture au fil des années. Cela avait commencé sur les bancs de l'école, alors qu'en classe de journalisme, elle échangeait autant d'informations que ce que l'on appelle des potins traitant de la réputation de la princesse du lycée ou des énièmes écarts de conduite du capitaine de l'équipe de foot. Un mode de vie caricaturé, à l'américaine, qui, peu à peu, réussit à corrompre suffisamment la jeune femme afin qu'elle se lance pleinement dans cet univers informatif. A l'instar de reportages et d'investigations critiques, notre Scouser appris à connaître la vie des stars et leur travers pour ensuite les donner en pâtures au lion sous une plume choquante et assassine. Cela ne faisait certainement pas partie des travaux les plus appréciés ou les plus glorifiant mais cela n'en restait pas moins un travail. Et rien ni personne, en cet instant, ne pourrait changer la ligne directrice de son existence pour une simple frustration quelconque ! Voilà pourquoi, c'est sans prise de conscience aucune qu'elle se rendit aux bureaux de la rédaction du Revival Mag avec un grand sourire satisfait et épanoui épinglé sur son visage. Cet article virtuel sur Leslie était une occasion trop belle à ses yeux pour décrocher un scoop digne de ce nom ! De quoi voler la vedette à certains de ses collaborateurs, dont une en particulier...

Pendant ce temps, l'ambiance se voulait beaucoup plus lourde et insupportable dans le bureau de James Andrews. Le rédacteur en chef du magasine à scandales Number One de Londres en tapa violemment sa main sur son bureau, guidé entièrement par l'exaspération présente. S'il n'était pas rare de remarquer le journaliste en chef subir de fréquentes sautes d'humeur, celle de cet instant se voulait plus exacerbée que jamais !

    James – C'est ce que t'appelles un article, tu te fiches de moi ?! Lança-t-il avec énervement et sévérité.
    Ryan – A moins que tu trouves meilleur que moi, il faudra t'en contenter...Lança Ryan sous une expression volontairement indifférente et une pointe de malice se reflétant dans la voix.
    James – Tu me refais cet article, tout de suite !
    Ryan – James... soupira-t-il.
    James – Il n'y a pas de James qui tienne !


Sous cette dernière injonction, James chassa également son ami d'un simple mouvement de bras significatif. Il voulait qu'il parte, qu'il sorte, tant de ce bureau que de sa vie, purement et simplement. Une aventure digne d'une erreur, d'une grossière erreur, c'est tout ce que lui inspire Ryan et ses airs qui l'exaspèrent. Une situation qui le consumait, qui le détruisait intérieurement et, de par ce fait, qui ne cessait de pourrir son travail de toutes les manières possibles et imaginables. Après tout, comment le rédacteur en chef pouvait-il se montrer prompt à résoudre le moindre problème si sa vie privée était on ne peut plus perturbée ? La faculté de concentration et d'écriture nécessitait une certaine forme de bien être, une faculté d'avoir la force de faire la part des choses en toute circonstance ! Et d'autant plus lorsque l'on était à son travail. Bien malheureusement, cette capacité si caractéristique semblait totalement tombée en désuétude chez notre cher ami. Une autre occasion pour lui de remercier implicitement Ryan James de lui pourrir la vie !

Il prit le temps de savourer une bonne cigarette et de se descendre deux tasses de café pour tenter de manière totalement inutile de se calmer. Il se devait de faire un effort, de prendre sur lui, au moins le temps que durerait la réunion... D'ailleurs, en parlant de réunion, James rassembla subitement ses notes. Dans son esprit, ne pas arriver en avance dans la salle équivalait à arriver en retard, et ce sentiment lui était des plus désagréables. Toujours une cigarette au bec, il abandonna son bureau pour se précipiter dans la salle en question, différents comptes rendus et autres articles sous le bras alors que son chemin croisa celui de Damian.

    Damian – James. Le salua-t-il simplement, accompagné d'un sourire poli.
    James – Bonjour Damian, ça va bien ?


Le journaliste répondit d'un simple hochement de tête avant d'entrer dans la grande pièce. L'un et l'autre s'installèrent à deux places totalement différentes de la table. En apparence, inutile de dire que la tension semblait palpable, bien qu'il n'en était rien pour le critique. Spécialisé dans les analyses musicales et les interviews d'articles, Damian Alexei Henley était un homme simple, dans la fleur de l'âge qui, de par son amour de la musique, s'était retrouvé aux commandes de la partie correspondante au sein du magazine londonien. C'était quelqu'un très professionnel dans son métier, et qui ne se perdait pratiquement rarement dans des rapports plus poussés avec ses collègues que la simple limite du travail. En ce sens donc, il ne s'enquit aucunement de l'état de nervosité dans lequel baignait James. Il l'avait remarqué, bien évidemment, que cela soit simplement par les mains fébriles où ses yeux cherchant vainement un dossier dans une pile alors qu'il se trouvait à côté de cette dernière. Oui, le rédacteur en chef avait la tête ailleurs... Mais tant que cela ne jouait pas sur le travail, Damian ne préférait pas s'en mêler.

Si tel était la manière de fonctionner du chroniqueur musicale, la demoiselle potins qu'était Taylor Hawkins ne marchait aucunement de la sorte. Sourire aux lèvres et emplie d'énergie, elle passa la porte de la salle avec entrain.

    Taylor – Bien le bonjour tout le monde !


Lança-t-elle véhément en pénétrant sur les lieux. Elle ne s'attarda guère sur Damian avec qui elle partagea un simplement mouvement de tête, préférant d'avantage s'attarder sur son rédacteur en chef préféré. D'ailleurs, tout comme son collègue, elle remarqua la colère mêlée à la mine déconfite de ce dernier. Elle fronça quelque peu les sourcils, curieuse et inquiète de cette triste observation.

    James – Tiens, Taylor ! Je vois que tu as le sourire... J'en déduis que tu vas bien ?
    Taylor – En effet... Ce qui n'a pas l'air d'être ton cas visiblement...


James redressa son regard sur elle de manière significative. Ses pupilles se voulurent froides et perçantes, comme si les propos de sa subalterne n'étaient pas de rigueur en cette seconde. Une réaction à laquelle elle se sentit quelque peu gênée et mal à l'aise. Aurait-elle touché la corde sensible ? Peut-être... Enfin, pour l'heure, inutile d'insister, elle le savait ! Elle n'avait qu'à regagner son siège, présenter ses projets d'articles et attendre patiemment la fin pour s'enquérir de son état. Curieuse mais bienveillante d'une certaine manière, tout du moins, si ce terme convenait... Mais pour l'heure, elle eut à peine le temps de s'asseoir que ce fut une voix stridente et lui étant on ne peut plus désagréable qui lui perça littéralement les tympans.

    Eleonor – Arrêtez les presses et faites place à l'artiste !


Si la palme de la bonne humeur devait être attribuée à quelqu'un en ce jour, c'était bien à Eleonor Hewitt en personne ! Rédactrice numéro un du magazine, elle était l'étoile même du Revival Mag et, rien que pour cela, appréciait chaque nouveau jour que Dieu faisait, profitant ainsi de sa notoriété. Maîtresse d'une plume critique et pertinente hors pair et reine des scoops plus invraisemblables les uns que les autres, elle n'avait rien à envier à personne ! Se préférant, au passage, de penser que c'étaient les autres en question qui avait tout à lui envier ! Guidée par son impulsion vigoureuse, elle pénétra dans la salle en faisant le tour de la table et en déposant sous le nez de chaque journaliste présent, une sorte de dossier de présentation. La belle ne faisait rien à moitié, jamais rien à moitié. Si l'on peut dire, cela faisait partie du personnage et il était hors de question qu'elle ne cesse de se démarquer par de quelques frasques professionnelles digne de celle-ci.

    Eleonor – Alors, je me fiche de savoir si vous avez passé une bonne nuit ou si vous êtes dans votre assiette, en particulier toi Hawkins ! Pour l'heure, on a du lourd à se mettre sous le coude et, croyez moi, ça va faire des ravages !

Finit-elle de s'installer sous un mouvement négatif de la tête de Damian qui se demandait une nouvelle fois quand est-ce qu'elle arrêterait son numéro de Miss Monde. Taylor quand à elle soupira de manière négligente en jetant vaguement un regard sur le dossier d'Hewitt pendant que James fit tapoter la pointe de son stylobille sur la table.

    James – Ravi de te voir aussi enthousiaste Eleonor mais, on se calme, d'accord ? Rétorqua-t-il sèchement, histoire de refroidir quelque peu les ardeurs de la jeune femme.
    Eleonor – Tu t'es encore levé du pied gauche James ? Haussa-t-elle un sourcil.
    Taylor – Et toi t'as encore besoin de faire ton show ?


Sous la réplique de Taylor, Damian ouvrit son propre dossier d'articles. Telle une mécanique très bien huilée, il savait d'ores et déjà que le ton allait monter de manière incessante entre les deux journalistes et, honnêtement, il n'avait pas de temps à perdre entre leurs simagrées. Ainsi donc, il les laissa se traiter de tous les noms d'oiseaux tout en quittant son siège pour venir prendre place aux côtés de James.

    James – Elles n'en finiront jamais ma parole... soupira-t-il d'ailleurs.
    Damian – A croire que non... Enfin, j'ai les articles concernant les Morten Bluz et l'interview de Faith Jones. Si tu veux y jeter un œil...


Damian donna ses articles à James qui le remercia d'un hochement de tête. Rapidement, ses yeux parcoururent les grandes lignes desdits articles avec satisfaction, une fois de plus. Une lecture qui, en toute honnêteté, lui offrait son premier bol d'air frais de la journée. Une lecture qui lui permit de ne pas penser une poignée de secondes à la situation avec James et encore moins la prise de bec entre les deux demoiselles. C'est avec un regard exprimant une sincère satisfaction qu'il se retourna vers Damian une fois le parcours terminé.

    James – Rien à redire, comme d'habitude ! Vu qu'on boucle dans deux jours, je te laisse carte blanche si tu as une autre opportunité d'article.
    Damian – Je suis déjà sur le coup, ne t'en fait pas pour ça ! Souligna-t-il en se relevant. Sur ce, si ça ne te dérange pas, je préfère retourner au travail au lieu de rester en compagnie de tes deux diablesses.
    James – Pas de problèmes Damian ! A plus tard !


Sans plus de cérémonies, le chroniqueur musical parti reprendre le reste de ses affaires et quitta la pièce sans même adresser un quelconque au revoir à Eleonor ou Taylor. Une partie de lui-même plaignait James de devoir subir une telle ambiance mais, d'autre part, il reconnaissait également qu'elles étaient chacune très douées, sans compter le fait qu'Andrews s'accommodait tout de même de leur saute d'humeur au final ! Enfin, il s'en accommodait... Vite dit ! Il n'allait pas tarder à les ramener toutes les deux sur terre, histoire qu'elles se conduisent enfin comme des personnes civilisées ! D'autant plus qu'il n'avait aucunement l'envie de leur servir une énième fois d'arbitre !

    James – Bon ! Cessez immédiatement vos singeries sinon aucune d'entre vous n'aura la Une, c'est bien clair ?!


Résonnant tel un coup de tonnerre, sa voix vint calmer bien rapidement les ardeurs des deux jeunes femmes. Un silence de mort s'installa brutalement, brisant totalement la cohue ambiante présente quelques secondes auparavant. Et quoi de plus normal me direz vous ?! Aucune des deux ne supporterait pas de céder la Une du Revival Mag à qui que ce soit ! Au point d'en être tout simplement vital pour Hewitt, comme pour Hawkins. Ce n'était pas d'ailleurs pour rien qu'elles se faisaient tellement la guerre entre elles deux. Quand une avait la primeur, l'autre était reléguée à la seconde place et inversement. Ce qui, en toute évidence, ne convenait ni à l'une, ni à l'autre ! De ce fait, les refroidir dans leur haine de chaque instant marchait à merveille lorsque James usait de tel argument.

    James – Bon, Taylor, qu'est-ce que tu as ?
    Taylor – Leslie Scott enceinte !


A croire que la nouvelle devait être purement impensable puisqu'un nouveau silence s'instaura après sa nouvelle. Eleonor avait un sourcil haussé, les bras croisés sous sa poitrine et se demandant déjà comment sa rivale en était arrivée à inventer une telle fumisterie. James quand à lui, garda un air sérieux, presque analytique, traitant la possibilité de la chose. Ses mains trituraient son stylobille nerveusement avant que son regard ne se relève vers la journaliste.

    James – Un sujet intéressant mais dangereux... Tu as une source sure concernant cette information ?
    Taylor – Ma source préfère rester anonyme mais, rassure toi, ce n'est en aucun cas de la rumeur ou de la désinformation ! Et si on hésite pour traiter ce sujet, il risque de nous passer sous le nez...
    James – Bien. Tu as mon feu vert pour creuser cela. J'attends ton article pour demain sans fautes !
    Taylor – Pas de problème ! Répondit-elle en glissant son regard sur le visage d'Eleonor avec un air conquérant.


Hewitt observa la chroniqueuse avec le plus grand désintérêt du monde, restant sagement immobile tandis que James pris son dossier d'informations qu'il commença à feuilleter attentivement.

    James – Eleonor ? L'invita-t-il à prendre la parole.
    Eleonor – Alors, pas de grossesses en vue mais les tous derniers excès de notre chère Ursula Fanning ! Étant moi-même sur place hier soir, avec témoin à la clé, je peux vous confirmer que notre chère héritière à terminer sa soirée totalement ivre, sur un banc et à moitié nue !
    Taylor – Et t'appelles ça un scoop ? ricana la rivale.
    James – Taylor, s'il te plait ! il lui lança un regard réprobateur à sa réplique avant de retourner son attention sur Eleonor. C'est intéressant mais, tu n'as rien qui puisse renforcer cette nouvelle ?
    Eleonor – Si ! Suffisamment pour en faire la première page, tu peux me croire ! En dehors d'avoir été retrouvée totalement ivre sur la voie publique, notre chère héritière à passé une partie de la soirée avec un homme qu'elle a payé pour coucher avec elle. J'ai d'ailleurs une interview de cet homme en question prévue pour cet après-midi et deux serveurs pouvant corroborer l'information !


Pas besoin d'aller plus loin ! Taylor fusillait sa collègue du regard ! Elle la détestait tout autant qu'elle savait qu'une telle frasque d'une personnalité de notoriété publique comme Ursula Fanning serait bien plus intéressante qu'un article sur la grossesse de Leslie Scott ! Une information dont elle n'avait connaissance et qui lui couterait une fois de plus la première page du magazine ! Mais ça ne se passerait pas comme ça, non !

    James – Là, ça me semble plus que bon ! Si tu es certaine de pouvoir conclure cela pour demain soir, tu as la première page pour cette fois-ci !
    Eleonor – Je peux t'assurer de l'exclusivité de cet article, je peux te le jurer sur ma carrière !
    James – Parfait ! Dans ce cas, étonne-nous ! Taylor, pour ce qui est de Leslie, je te laisse t'en charger mais je pourrai pas couvrir la Une avec si peu d'informations...



*
**


    James – HEWIIITTT ?!


Cria James en arrivant face au bureau de la journaliste pour y plaquer la première page du London Herald. Cette dernière, prise de court, sursauta avant toute chose par la vigueur et la ferveur que témoigna son supérieur pour ensuite arborer la même surprise et une autre forme de désarroi face à la première page du journal.

    James – Tu me convaincs de changer toute notre ligne éditorial de la semaine pour ton scoop et le lendemain il fait la première page d'un quotidien ? C'EST UNE PLAISANTERIE ?!


Si pour certains Miss Hewitt n'était qu'une prétentieuse sans caractère, pour d'autres, il y avait cette facette criante et révoltée qui montait directement sur ses grands chevaux une fois qu'on lui manquait de respect ou, en l'occurrence, qu'on l'accusait de la sorte !

    Eleonor – C'est bon Andrews, pas besoin de me pousser ta gueulante ! Je t'ai dit que le scoop était exclusif ! Je ne sais pas comment ils sont au courant, c'est bien clair ?! Rétorqua-t-elle d'un ton moindre mais d'une voix extrêmement sèche.
    James – Me sors pas ton baratin Eleonor !!! Quand tu me promets un scoop exclusif, il n'y a jamais de fuite ! Je t'ai donné mon accord parce que j'avais confiance pour ça et que tu as parié ça sur ton poste ! Et là, tu vas sans doute me dire que tu t'es fais doublée comme une bleusaille sur notre plus important sujet de la semaine ?!
    Eleonor – Regarde au niveau de tes autres 'amis' alors, sous entendit-elle en faisant référence aux autres journalistes. Si t'as besoin d'une fuite, demande-leur car je peux t'assurer que l'accord était clair et définitif !
    James – Ton petit jeu de qui est coupable ne m'intéresse pas ! Tu nous as tous foutu dans la merde avec ton héritière là je te ferais remarqué ! Alors tu as aujourd'hui pour sauver tes fesses et nous trouver une solution pour la une du Revival Mag sinon tu dégages d'ici, c'est clair ?!
    Eleonor – Et bien je fous le camp d'ici, tu crois que je vais me retourner ? Depuis que tu fais venir des journalistes comme ta Taylor tu pars dans tous les sens sans même réfléchir, même un gamin s'en rendrait compte ! Et après tu viens nous faire des leçons de moral à deux livres et trois pennies ! Va au diable Andrews, et demande lui de te rendre ton cerveau en même temps, on rediscutera peut-être à ce moment là !


Sans perdre plus de temps, Hewitt pris son sac et son trousseau de clé traînant sur le bureau pour quitter d'un pas ferme et décidé les bâtiments de la rédaction. Elle savait être en colère, elle savait être mauvaise et choquée mais, là, en cet instant, seule la rage la guidait ! La rage de découvrir son propre scoop en première page d'un autre journal. La rage de se faire traitée de coupable sans la moindre tentative de discussion. La rage de voir son poste menacé alors que, contrairement à ce qu'elle venait de dire quelques secondes plutôt, elle ne voulait en aucun cas quitter et, ce, qu'importe sa renommée dans le milieu et l'aisance avec laquelle elle pourrait avoir des propositions au sein de la presse écrite. La rage d'être salie, gratuitement, pour un article n'étant même pas signé ! Aucune preuve ne l'incriminait ouvertement, mais aucune autre ne l'innocentait plus. Seule sa sincérité pouvait être mise en avant pour crier haut et fort qu'elle n'y était pour rien dans toute cette histoire. Si elle voulait trouver d'autres preuves et d'autres arguments, il lui faudrait avant toute chose découvrir l'ensemble du reportage et étudier la manière dont cela a été réalisé. C'est pourquoi, Hewitt parti bien rapidement en direction d'un kiosque afin de se procurer l'édition du jour du London Herald. Elle prit place sur un blanc et découvrit alors avec stupéfaction un reportage retraçant point par point et, ce à la perfection, le cheminement qu'elle avait exposé la veille. Tout était décrit comme elle avait l'intention de le faire. L'écriture avait ce même ton acide et piquant dont elle faisait à chaque fois preuve. Sa marque de fabrique n'était autre que la résonance de ces propos les plus vils... Sauf que là, ce n'étaient pas ses propres mots qui se trouvaient présentés dans un journal ! C'était un style pareil et identique, à en laisser la confusion relativement grande, mais ce n'était pas son œuvre, quoi qu'en pense Andrews, quoi qu'en pense quiconque d'ailleurs ! La naissance même de ce mystère n'était pas le vol ou la disparition d'un scoop pour la journaliste mais bel et bien un plagiat. Un plagiat à son encontre, réalisé d'une main de maître et qui, non seulement, ternissait son nom mais mettait son magazine en grand danger. Son esprit ne put en prendre que deux positions bien distinctes : découvrir l'origine de cette mascarade ou sauver la une du Revival en une seule et même journée... Inutile de vous préciser qu'il est des choix qui doivent dépendre de notre travail avant tout... En l'occurrence, à notre plus grand regret...


*
**


Aux alentours d'une simple blouse blanche et d'un chemisier rouge, un boxer, un soutien gorge et deux paires de chaussettes trainaient vulgairement au pied du lit. L'éclairage de la pièce s'évanouissait dans des teintes brumeuses et tamisées, une délicieuse odeur de cocktails éventés flottait dans les airs... Il ne manquait plus que les flagrances de la marijuana et le son psychédélique des années '60 pour se sentir transporter à l'époque des Hippies. Oui, si pour certains cette fin de journée grisante de Londres ne rimait aucunement avec calme, détente et sérénité, pour d'autres cela s'avérait totalement le contraire ! Par antagonisme, le malheur existait en même temps que le bonheur s'exprimait. La souffrance des uns arrivait à faire naître la complaisance et la satisfaction des autres. Des larmes s'essuyaient derrière une porte alors que, de l'autre côté du pallier, seuls les rires s'extasiait dans une expression pour le moins démesurée. A quoi bon s'attarder sur le mal d'autrui ? Si ce n'est ce que nous recherchions avec vigueur, de tout notre cœur, de toute notre âme ! Car la recherche de la destruction est parfois une idée fixe qui peut en devenir l'obsession de toute une vie. Il suffit d'une simple moquerie dans la cour de récréation lorsque l'on est jeune. Il suffit d'être rabaissé publiquement plus bas que terre ou encore de voir sa carrière et son avenir brisé pour une décision prise sans réflexion et sans aucune objectivité. Il suffisait d'une multitude de raisons aussi simples que complexes pour en arriver à un tel but existentiel et inavouable !

Le parfum de la vengeance est froid, amer et cruel... Mais en l'occurrence, il se mêle aux arômes chaleureux et interdits de la luxure transpirant encore de son intensité. Deux corps chaudement enlacés, recouvert sagement par une couverture légère et bienveillante, Taylor apportait la conclusion de ce nouveau plaisir ressenti en venant presser ses lèvres contre celle de son amante. Un baiser, une caresse et la tête de la journaliste finit par se poser doucement sur la poitrine de son autre. Son autre ? Ce n'était autre qu'Erica Mortensen. Une ancienne collègue, une ancienne amie, une maîtresse et le nouveau coup de cœur de Taylor qui rendait totalement fou notre chère journaliste du Revival Mag. Ce fameux magazine était la pierre angulaire du déroulement de cette journée particulière, destructrice, catastrophique et jouissive. Un magazine, une rédaction, deux femmes talentueuses et charismatiques... Le mélange était parfait ! Le résultat de cette rencontre ne pouvait qu'être positif et baigné sous les meilleurs auspices. Taylor et Erica s'étaient plues. Taylor et Erica s'étaient cherchées. Taylor et Erica s'étaient cachées mais, et surtout, l'une à l'autre, Taylor et Erica s'étaient données avant d'être séparées !

    Taylor – Le sort d'Hewitt est scellé maintenant. Sans elle, le Revival Mag ne tiendra jamais bien longtemps... A moins que James ne me donne une place plus importante et plus influente...
    Erica – Je dois dire que l'idée du téléphone était parfaite ma belle !


L'idée du téléphone... une simple manœuvre que Taylor avait une fois remarqué dans un thriller haletant ou une personne tentait de prouver son innocence en piégeant le coupable, le faisant involontairement avouer l'ensemble de ses crimes pour disculper l'innocent condamné. En réalité, Eleonor n'avait jamais été d'aussi bonne foi en prônant son innocence dans ce vol de scoop et ce soit disant plagiat de son reportage. Elle était innocente, elle était victime mais n'était aucunement coupable. Sa seule culpabilité proprement dites, c'est de ne pas avoir remarqué, tous comme les autres rédacteurs, cette main de Taylor se glissant dans son sac à main discrètement durant la réunion et composant le numéro d'Erica afin de lui faire entendre tout ce qu'il pouvait se passer au sein même de la salle de débriefing. En manque d'attention traditionnel, de par lequel se traduisait la confiance apparente que l'on avait envers notre chère Marshall Hawkins. Si tout le monde devait faire attention au moindre fait et geste de ses collègues, on deviendrait fou et partirions tous en dépression après trois semaines de boulot ! Taylor l'avait parfaitement compris ! Et par amour, en joua pour permettre à sa moitié d'atteindre les objectifs qu'elle s'était fixée : à savoir la chute de James Andrews et sa perte de droit sur le Revival Mag ! L'égo d'une femme est quelque chose de très fragile et de très rancunier James ! Si seulement tu avais pu t'en rendre compte avant de licencier la sournoise Erica, peut-être ne connaitrais-tu pas autant de troubles en ce moment...

    Taylor – Tu remercierais la montagne de films que je regarde qui m'ont donné cette idée ! Ainsi que ton obstination qui me pousse toujours à innover pour répondre à chacun de tes désirs ! Souffla-t-elle en souriant, avant de lui voler un baiser.
    Erica – En même temps, je te rappelle que sans mon obstination, on ne serait pas ensemble en ce moment...
    Taylor – Moui, peut-être...


Taylor lui offrit un petit clin d'œil tout en quittant le lit, nue. Elle s'avança jusque la penderie pour y saisir une grande chemise qu'elle passa simplement au dessus de ses épaules afin de lutter contre ce petit frisson désagréable du froid. Le tout sous l'œil séduit d'Erica, s'étirant félinement sous la couverture avant de soupirer d'aise.

    Erica – Il avait l'air dans quel état ?


En plus de vouloir à tout prix posséder cette revanche malsaine, Erica se voulait on ne peut plus sadique lorsque l'on parlait du cas de ce cher Monsieur Andrews. Tant elle se moquait de pouvoir savoir qu'il se portait comme un charme qu'elle se délectait sans cesse d'entendre encore et encore qu'il n'était pas au milieu de sa forme. A croire que cela lui était tout simplement nécessaire et vital pour son bien être !

    Erica – Toujours sous le coup de la fatigue et du manque d'inspiration ?


Son visage n'étant guère exposé, Taylor avait perdu le sourire de sa maîtresse sous la résonance de ces deux questions. Elle ne comprenait pas l'utilité de se répéter quand à l'état de son patron jour après jour. Contrairement à Erica, elle ne se voulait pas aussi sadique, même si elle aimait se féliciter de la réussite de leur entreprise. Elle ne se voulait pas aussi sadique et, avait une sorte de gêne qu'elle refoulait sans cesse sans en comprendre l'origine. Notre petite Taylor avait-elle des remords d'agir de la sorte ? Qu'importe ! Cela ne devait pas interférer pour le moment...

    Taylor – Je te l'ai déjà dis ce matin ma chérie, souffla-t-elle doucement en revenant vers le lit.
    Erica – S'il te plait ? Demanda-t-elle en lui faisant un regard de chien battu, suppliant adorablement tel un chat en manque d'affection.
    Taylor – James est sur le point de devenir totalement, elle se pencha vers l'oreille de sa compagne et murmura chaudement, hors jeux !


- A suivre... -



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