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Revival Rock

When passion rules the game. I ain´t got no control, when my heart´s in flames.

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III. Chapitre 2

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Crédits: Sab
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MessageSujet: III. Chapitre 2 Jeu 9 Juin - 1:24






CHAPITRE 2
Le secret de Leslie Scott




    Matthew – Que fait encore Campbell bordel ?!


La voix de Matthew résonna avec force et vigueur alors qu'il venait à peine de refermer nerveusement le clapet de son téléphone portable. Voilà le quatrième appel qu'il tenta auprès d'Owen sans avoir une seule réponse de sa part. Une absence de nouvelles qui ne cessait d'agacer le leader du groupe depuis pas mal de temps. Il n'y avait pas d'explications, ni de réponses. Campbell s'offrait le luxe de s'absenter à plusieurs répétitions et, ce, au dernier moment. Une absence incongrue et dés plus frustrante, empêchant le groupe d'avancer de manière on ne peut plus concrète. Le succès de leur premier album n'était plus à remettre en cause. Ils avaient percé le paysage musical londonien une puissance insoupçonnée, laissant leur mélodie s'enchainer et se répéter dans toutes les radios, les chaines hi-fi et les réveils présents dans les habitations de la capitale. O, criait leur nom partout, on faisait la fille durant des heures pour espérer avoir une autographe, ou encore une photo, en compagnie des Morten Bluz. Cette année avait été la leur, celle de leur consécration et celle de toutes les pressions et de toutes les inquiétudes. Faire une percée et arriver au top était quelque chose d'aisée d'une certaine manière. Tout le monde, un jour dans son existence, pouvait espérer en faire de même et être assurer de la réussite de son entreprise. Cependant, atteindre le sommet et y garder sa place de numéro un, tel était le combat de tous les jours, la lutte incessante que Matthew Gordon menait en tant que bon leader des Morten.

    Matthew – Il va finir par me rendre dingue, je te jure !


Houspilla-t-il de nouveau en allant se poser près de la grande baie vitrée du studio d'enregistrement. Face à sa réaction, Kyle gardait le sourire. Il ne se moquait aucunement de l'attitude de son leader, ni même du comportement continuellement tendu qui était le sien. Quelque part, il se mettait à sa place et essayait de se demander s'il aurait pu être un meilleur leader que lui ou bien assurer une même maîtrise du groupe sans être aussi ferme. La force de l'imagination rendant toute éventualité possible, il aimait à croire que oui, sans aucun doute. Mais à chaque moment de difficultés réelles subies par le groupe, les hypothèses du batteur s'envolèrent totalement pour laisser place à l'admiration qui était sienne vis à vis de Matthew. Splendeur, fermeté et assurance. Un homme au charisme on ne peut plus envoutant et indéniable. La presse people et quelques amoureuses hystériques n'hésitaient d'ailleurs jamais à donner une image de souverain ou de chef d'état au principal intéressé, le considérant comme le chef de file par excellence de l'année et de la décennie. L'homme de la situation, voilà ce qu'était monsieur Gordon aux yeux de tous et plus particulièrement aux yeux de Kyle.

Ce dernier quitta alors son siège pour arriver derrière son compère. D'un geste se voulant tendre et léger, il posa ses mains sur les épaules de son ami afin de lui offrir un massage soyeux et délicat. Matthew en ferma les yeux tout en soupirant avec délicatesse. Son corps était tendu de par l'énervement constant et les mains de Kyle lui permettaient sans cesse de se calmer et de retrouver cette sérénité trop absente. Le contact de deux corps... Simple, innocent et pourtant efficace. Le corps de Gordon se voulait très réceptif et frissonnant à chacune des proximités se réalisant entre eux. Cela se voulait tellement agréable, digne d'une perdition dans des territoires merveilleux à la beauté insolente ou aucune interdiction, ni aucune barrière ne se présentait. On se découvrait un horizon de plaisirs incommensurables, on se voulait créateur de fantasmes qui pouvaient dépasser l'entrave de la conscience et de la réalité. On s'évanouissait dans cette extase, y glissant comme allongé sur un nuage bercé par la force du vent aussi doux que violent. Un simple contact, un simple toucher... Un corps qui se mettait à bouillir et à bruler... Matthew était heureux de ne pas être obligé de faire face à Kyle car il n'aurait pu empêcher ce petit mordillement de lèvres traduisant cette extase imaginaire et ce rougissement empourprant ses joues. Kyle avait la réponse, Kyle possédait entre ses mains les clés de la solution et de l'apaisement de Matthew. Mais Kyle semblait posséder plus, beaucoup plus que ce que son leader acceptait de dire ou de montrer. Le Don Juan d'hier s'était transformé en l'amoureux d'aujourd'hui. Il ne faisait plus naître le désir chez les autres, il devenait esclave du sien. Le cœur d'une partenaire délaissée ne pleurait plus, offrant de découvrir à celui de notre ami le poids des larmes s'y écoulant. L'espérance que ses anciennes compagnes pouvaient avoir eu à son égard n'était pas plus insupportable que celle inavouable qu'il ressentait envers le batteur. Simple massage, simple détente et pourtant échange de douceur, d'envie et de sensualité.

    Matthew – Merci d'être là Kyle...


Réagit-il d'une voix beaucoup plus douce. Ses épaules se tournèrent, se dérobèrent sous les mains expertes de son intervenant, se retournant dés lors pour le gratifier d'un hochement de tête symbolique et amical. Kyle lui fit un clin d'œil et s'en alla derrière sa batterie. Que pensait-il ? Que tramait son esprit ? En réalité, Kyle lui-même se posait les mêmes questions par rapport au leader. Il ne savait jamais comment devenir avec justesse ce que l'attitude ou le regard de Gordon pouvait exprimer. De quoi le positionner alors dans cette attitude parfois très détachée et très éloignée, de peur de souffrir d'une quelconque incompréhension peut-être.

    Matthew – Leslie ne t'as toujours rien dit à ce propos ? Demanda-t-il en revenant près de sa basse.
    Kyle – Non, afficha-t-il un air désolé tout en resserrant les écrous de sa batterie. A vrai dire, je commence sérieusement à m'inquiéter... Depuis notre dernière tournée, elle n'a pas l'air bien du tout même si elle prétend le contraire !
    Matthew – Je suis bien d'accord. Si elle allait si bien que ça, on ne perdrait pas trois heures à l'entendre à chaque répétition... Quand je te le dis qu'elle et Campbell commencent sérieusement à me courir sur le haricot avec leurs mystères !


*
**


La presse définissait Leslie Riley Scott comme la chanteuse la plus talentueuse, la plus glamour et la plus ravissante au sein du Royaume-Uni. Une femme délicieuse caractérisée par une insouciance et une légèreté faisant d'elle d'avantage une femme enfant en réalité. La femme enfant se voulait une personne qui construisait sa vie et son avenir mais dans un univers pour le moins innocent et utopique. Elle se caractérise par une croyance perpétuelle en l'innocence de toutes choses et de toutes personnes. Tendre à croire à la bonté de la vie, à l'accomplissement de nos rêves les plus inavouables et à la possibilité de tout ce qui ne peut se réaliser. Exister dans une atmosphère sans limite, à l'image de cette adolescence dans laquelle nous restons dés lors enfermés, par peur de grandir ou bien simplement pour le souhait d'éterniser ce que l'on qualifie comme la plus période de notre vie. Il faut dire que l'existence de la chanteuse était propice à cela. Elle construisait son nom et sa renommée sur le bonheur d'une gloire surprenante et soudaine à laquelle rêve de toute adolescente et toute jeune femme digne de ce nom. Elle est adulée, elle devient un fantasme publique au sein de la gente masculine. Tout le monde scande son nom, tout le monde veut la rencontrer, lui parler, l'embrasser. L'image de la sensualité et de la perfection à l'état pur ! Oui, c'était ça être Leslie Scott...

Néanmoins, depuis plus d'un quart d'heure maintenant, la femme enfant n'était plus cette image de pureté et d'innocence. Enfermée dans un cabinet de toilettes, elle était courbée contre la porte, le front plissé, l'air grave et paniqué sur son visage. Elle se sentait tout bonnement perdue. Une main était apposée sur son ventre comme s’il essayait de chasser une douleur insupportable. Ses iris bleutés se voyaient malheureusement garnis de l’absence pure et dure de sa joie habituelle. Ses autres doigts, suspendus dans le vide, restèrent figer tout en tremblotant aléatoirement en tenant l’objet de son trouble. Pourtant, selon la croyance populaire, une telle nouvelle n’était aucunement désastreuse, bien au contraire ! Cela devait amener le bonheur le plus intense qui soit ! Se sentir prête à assumer son rôle de femme, celui pour lequel elles étaient conçues depuis la nuit des temps et, ce, de manière totalement exclusive : enfanter. Le test était positif, la petite languette s’étant parée d’une teinte bleutée significative. Être enceinte n’était pas une anormalité dans le sens où si sa relation avec Parker était assez particulière, l’union charnelle n’en n’était aucunement mise de côté, sans protection aucune depuis plusieurs mois.

Alors, pourquoi autant de troubles ? En réalité, Leslie n’arrivait tout simplement pas à réaliser et ne savait comment agir face à cela. Etait-elle réellement enceinte ? N’était-ce qu’un faux positif ? Ou l’alerte d’une vie nouvelle à laquelle elle ne pourrait se dérober ? Mais en avait-elle seulement les capacités de pouvoir assumer cette vérité ? Serait-elle capable de se montrer mère alors qu’elle jouait de son rôle de vieille adolescente auprès de son public ? Trop de questions arrivant à une vitesse effrénée n’attisant que les craintes et les doutes. Pourquoi ça ? Pourquoi maintenant ? Son attention se portait tout autant sur la réaction éventuelle de Parker que sur l’influence que cela aurait sur la vie du groupe. Ils étaient en pleine répétition pour les enregistrements de leur second album. Par la suite s’enchaînerait la tournée promotionnelle. Elle n’aurait pas de temps à elle pour se consacrer uniquement à la bonne continuation de sa grossesse. Tout se goupillait merveilleusement mal et Leslie n’en ressentait qu’une éternelle perdition. Elle tenta vainement de joindre Owen pour s’aider dans ce qu’il était bon de faire pour finalement rester là, absente, dans cette cabine exigüe.

    « Matthew, je dois partir, je suis sincèrement désolée. Je te téléphone dans la soirée. Excuse-moi. »


Envoyant le message en quittant son lieu de recueil après une vingtaine de minutes de solitude, la chanteuse ne prit même pas la peine de repasser par le local de répétition. Ses pas s’enchaînèrent avec détermination et rapidité vers la sortie du bâtiment, partant en quête du premier taxi qui pourrait passer sous ses yeux.

    « Pfff. D’accord. De toute façon c’était mort pour aujourd’hui. Tiens-moi au courant ! »


Le message de l’intéressé n’eut aucune influence sur cet état étrange qui l’envahissait en prenant place à l’arrière du taxi.

    Chauffeur – Où va-t-on ?
    Leslie – Au cabinet du Dr. Williams s’il vous plait.
    Chauffeur – Vous êtes souffrante mademoiselle Scott ?
    Leslie – Contentez-vous de m’y conduire je vous prie.


Le ton curieux de l’homme n’était pas dés plus apprécié par la jeune femme. A croire que la célébrité assassinait toute forme d’intimité. Elle aurait payé cher pour voir si l’homme à casquette se serait formalisé de l’état d’une toute autre personne à l’existence bien moins médiatisée. Elle aimait jouer avec les caméras et les appareils photos mais, en dehors, elle n’aspirait qu’à une chose : avoir une vie normale et simple. Caprice de stars me direz vous et pourtant humain… Quoiqu’il en soit, notre célébrité avait bien du mal à mettre un seul et unique mot sur tout ce qu’elle ressentait actuellement. Il y avait cette joie qui commençait à réchauffer de manière incontrôlable. Sans qu’elle ne puisse y faire quoique ce soit, elle sentit ses lèvres s’étirer quelque dans un sourire on ne peut plus radieux. Pourtant, son esprit n’en n’était pas pour autant apaisé. Il vibrait sous les ondes de l’excitation, de la folie de vivre cette aventure, dans cette douloureuse révélation qui remuait tous ses projets, sur l’incertitude de l’impact que cela pourrait avoir sur son couple. Un mélange bien trop imposant pour cette tête au bord de l’explosion. Elle ne cessait de regarder le cadran de sa montre avec impatience tout en mordillant ses ongles. Le temps, passant si vite de manière générale, lui semblait interminable en ces instants. Une seconde équivalait à une longue heure d’ennuis.

    Leslie – Vous ne pouvez pas aller plus vite ? demanda-t-elle vigoureusement au chauffeur.
    Chauffeur – Désolé mademoiselle, mais je ne tiens pas à me choper une amende, même pour vos beaux yeux.
    Leslie – Tenez, je triple le tarif de votre course ! Rétorqua-t-elle en lançant une liasse de billet sur la place du mort.


Avoir de l’argent vous offrait un pouvoir qui n’était pas à prendre à la légère, comme celui d’obtenir tout ce que l’on désirait. En l’occurrence, arriver plus rapidement que de raison à votre lieu de destination. Leslie n’avait même pas fait attention à la somme du montant exact offert mais elle s’en contrefichait. Elle n’était pas la princesse de Galles mais était loin de manqué de ressources. Qui plus est, son attente prit fin plus tôt que prévu, à sa grande satisfaction. Elle donna plus d’argent que la valeur de la course, regardant une fois à peine aux billets qu’elle tendit au chauffeur, aucun doute que ce dernier avait fait son beurre pour la journée.

Elle passa la porte de la maison au cœur de laquelle pratiquait le docteur. Sans passer par la salle d’attente, notre anglaise arriva devant le cabinet même du médecin alors que ce dernier congédiait son dernier patient. Inutile de dire qu’il se retrouva bien surpris par l’arrivée fulgurante et impatiente de la demoiselle. Il n’eut d’ailleurs pas le temps de s’enquérir d’un tel engouement que Riley entra déjà dans son cabinet.

    Leslie – Docteur, s’exprima-t-elle avec émotion, désolée de cette arrivée mais…, elle s’était penchée aussitôt vers son sac, fouillant dedans.
    Dr Williams – Leslie, voyons, du calme. Qu’est-ce qu’il se passe ?
    Leslie – Ah ! Réagit-elle une dizaine de secondes après en sortant son test avec triomphe. Ceci docteur ! J’ai besoin de savoir si ce test est correct !
    Dr Williams – Hum… Je vois… Allongez-vous sur la table et relevez votre blouse, je vais examiner ça.


Elle s’exécuta sans la moindre résistance. Posée sur le dos, son regard se perdait dans la blancheur du plafond trônant au dessus d’elle. Ne sachant à quoi s’attendre, elle décida de se concentrer sur tous les petits points noirs qui pouvaient entacher la surface lui faisant face. Son champ de vision en dénombre quarante trois. Quarante trois petits points se répétant dans un alignement douteux, laissant penser que leur placement se voulait autant régulier qu’hasardeux. Des calculs interrompus par un petit cri de surprise inattendu, lorsque le gel, bien froid, se répandit au contact de la sonde du médecin. Ce dernier agissait avec habileté, sa main parcourant l’ensemble de l’abdomen tout en gardant son regard concentré sur un moniteur. Un sourire étira alors doucement ses lèvres au bout de quelques minutes.

    Dr. Williams – Félicitations Leslie !
    Leslie – Pardon… ? Elle redressa sa tête pour observer à son tour l’écran du fameux moniteur. Cela veut dire que…
    Dr. Williams – Oui ! Opina-t-il du chef. Vous êtes enceinte de trois mois !


*
**


Lorsque Parker vint ouvrir la porte, c’est comme si tous les problèmes de sa vie et tous ceux rendant cette Terre malheureuse disparaissaient en un claquement de doigt. Dans un élan d’amour et de désir, Leslie se réfugia au creux des bras de son compagnon sans la moindre résistance. Ses bras se serrèrent autour de sa taille alors que son visage s’enfouit dans le creux de sa nuque. Il la tenait contre lui, bienveillant et protecteur. Elle avait besoin de ce contact, elle avait besoin de ressentir ses mains l’attraper pour veiller sur elle. Sans se retenir, Leslie se laissa vibrer au bien être de cette proximité retrouvée tout en humant l’odeur de Parker. Elle adorait son odeur. Le parfum du batteur était tout bonnement raffiné et apaisant, à l’image de l’homme qu’il était et de l’image qu’il véhiculait. Partager l’étreinte de celui que votre cœur avait choisi faisait partie de ces petits bonheurs légers mais dont l’importance n’était plus à remettre en cause. En cet instant, bien qu’il lui avait énormément manqué, Leslie se rendit tout simplement compte qu’elle ne pouvait pas se passer de lui et, ce, malgré la rareté de leurs retrouvailles durant ces dernières semaines. Un fait qu’elle regrettait et dont elle se sentait responsable, même si c’est Parker lui-même qui ne se voulait pas toujours disponible entre son travail et ses répétitions. Elle ne pouvait lui en vouloir, non. Elle savait qu’il l’aimait tout autant qu’elle s’accrochait à lui. Elle n’osait employer le terme ‘l’homme de sa vie’ mais, de tous les hommes que Leslie eu connu jusqu’à présent, Parker était celui qui se rapprochait le plus de cette image.

    Leslie – Tu m’as tellement manqué tu sais…
    Parker – Toi aussi, murmura-t-il en relevant son visage pour venir l’embrasser avec douceur.
    Leslie – C’est pour ça que tu ne me téléphonais pas… ?
    Parker – Je suis sincèrement désolé. Je n’ai pas eu une minute à moi ces derniers jours, avoua-t-il en toute sincérité.
    Leslie – Je ne t’en veux pas, rassure toi !


Ils se regardèrent en souriant avant de prolonger de nouveaux baisers traduisant à quel point le manque avait été intense entre eux.

Leslie et Parker, c’était une relation aussi normale que particulière, aussi traditionnelle que magnifique. Le couple durait depuis deux ans et demi maintenant. Trainant ensemble du temps où ils étaient tous à Manchester, Parker et Leslie s’étaient rapprochés pour finalement entamer un flirt simple et innocent. A leurs yeux, cela ne semblait pas plus sérieux que cela en apparence mais l’attachement se voulait déjà présent. Ils décidèrent de ne pas réfléchir et de ne pas se formaliser. Les Morten avaient déjà prévu de partir à la conquête de Londres et, ni l’un ni l’autre, ne pouvait deviner ce que leur réserverait cette séparation. Lorsque l’heure des départs résonna, ils s’étaient étreints non plus comme deux amis s’amusant à tuer le temps ensemble mais bien deux jeunes gens au cœur arraché par cette nouvelle distance. L’un comme l’autre comprirent qu’ils se reverraient et que leur histoire continuerait. Une relation très loin de se vouloir autodestructrice comme celle de Faith et d’Owen. Une relation plus forte, plus sérieuse, davantage guidée par cette envie de se construire et de se renforcer. Ainsi, les deux amants se retrouvèrent principalement les week-ends, continuant de surfer sur le plaisir des sorties traditionnelles entre amis pour s’offrir des moments beaucoup plus intimes au cœur de la nuit et dés les premiers rayons d’un soleil matinal. La fréquence de leur visite gardait une séparation de cinq jours par semaine, voire de deux semaines dans de rares situations. Mais malgré cela, ils ne cessaient de s’écrire, de perpétuer leur découverte commune et d’avancer pas à pas dans l’avenir. Lorsque Parker finit par s’installer à Londres, Leslie était la plus heureuse des femmes. Ils avaient l’opportunité de se voir plus régulièrement, de multiplier les instants ensembles sans aucune retenue. Mis à part la première tournée des Morten et ces trois dernières semaines, ils s’affichaient toujours main dans la main à toute heure du jour ou de la nuit. Si Leslie Scott pensait que l’amour n’était qu’une denrée rare à laquelle elle ne pourrait peut-être jamais goûté, elle s’était ravisée sur le sujet depuis que le leader des Black Stones était entré dans sa vie au rang de compagnon.

    Parker – Alors, quoi de neuf depuis ces derniers jours ? demanda-t-il en la gardant tout contre lui. Mis à part le fait que je t’ai incroyablement manqué ?
    Leslie – Oh et bien… la routine…
    Parker – Mais encore ?


Si elle adorait Parker, Riley ne pouvait s’empêcher de maudire son sens inné de l’observation. C’était à croire que le jeune homme possédait une sorte de détecteur à mauvaises ondes dans son cerveau, capable de repérer toute trace de mal-être environnant. Elle se mordit la lèvre légèrement, le regard emprunt d’une certaine inquiétude mais finit par chasser cela d’un sourire. Elle lui en parlerait, quand ce serait le bon moment. Pour le moment, elle ne voulait aucunement discuter du sujet principal de sa journée.

    Leslie – Je te laisse deux options : où t’essayes de me cuisiner et je pars dans la seconde, ou alors on passe simplement une soirée à se retrouver sans s’embarquer dans des sujets trop compliqués… Alors ?
    Parker – Vous finirez par me rendre dingue avec vos marchés Mademoiselle Scott !


Blagua-t-il en lui volant un baiser. Ses mains glissant sur le corps de la belle, il laissa l’une d’entre elles venir se nouer aux doigts de sa partenaire. Ils prirent ainsi le chemin de la cuisine où Leslie délaissa son amant pour s’asseoir sur le plan de travail, comme à l’accoutumée. De son côté, Parker se dirigea vers le frigo afin d’y prendre deux bières en bouteille et de servir sa compagne.

    Leslie – Alors, ces infidélités avec Owen ? C’était intense j’espère ?
    Parker – Tu n’as pas idée à quel point ! Rit-il en lui tendant une bouteille.
    Leslie – Mouais… N’empêche que tu te débrouilles pour le voir avant moi ! Je suis persuadé que je suis la seule chanteuse de Londres qui doit être jalouse d’un mec…
    Parker – Arrête… Pour hier, j’étais sur les genoux mais Brandon a insisté pour que je sois de la partie. Puis, on avait une nouvelle à annoncer à Owen. Une nouvelle que je dois t’annoncer également d’ailleurs…
    Leslie – Une nouvelle… ? Elle but une solide gorgée de sa bouteille tout en gardant un air perplexe sur le visage. C'est-à-dire ?
    Parker – C'est-à-dire que les Black Stones se reforment pour entamer une carrière professionnelle désormais !


Leslie interrompit sa gorgée comme si elle venait d’être frappée par la foudre. Contrairement aux apparences, Black Stones et Morten Bluz n’étaient jamais entrés en compétition et ce scoop résonna comme un rêve pleinement souhaité par la blondinette. Sous le coup de la nouvelle, sa bouche entrouverte comme un poisson rouge finit par s’étendre à nouveau et offrir un sourire scintillant.

    Leslie – Je suis trop heureuse ! S’exclama-t-elle avec joie, retrouvant en même temps les bras de son petit ami. Je savais que vous prendriez la bonne décision, j’en étais persuadée !!!


Elle l’embrassa avec fougue, tant elle était heureuse pour lui et pour le groupe. Ils partagèrent une petite étreinte de quelques instants avant de reprendre une discussion emplie de rires, de douceur et de légèreté. Leslie retrouvait les joies de préparer un repas avec Parker. Les petites chamailleries autour de la table de cuisson, des confidences silencieuses échangées entre deux regards avant que la viande rougissante et sifflante ne les interrompe. Il se chargeait d’assurer la bonne réussite du menu alors qu’elle veilla à la tenue parfaite de leur table à manger. Tout se réalisait dans une minutie parfaite, régler comme une horloge, comme si la chanteuse et le musicien était conçu pour mener leur quotidien dans une harmonie dés plus merveilleuse. Cela signifiait-il d’ailleurs qu’ils étaient aptes à pouvoir vivre ensemble ? Leslie en rêvait secrètement sans jamais évoquer le sujet avec son compagnon. Elle craignait de passer pour une midinette trop crédule. D’un autre côté, cela faisait deux ans et demi, Parker pourrait le proposer de lui-même. S’il ne le faisait pas, c’est que l’idée ne lui effleurait même pas l’esprit. Autant éviter de venir avec sur le tapis, surtout aujourd’hui. N’était-elle pas l’instigatrice de l’évitement des sujets sensibles ce soir d’ailleurs ?

Le temps du repas, le temps de cette soirée, l’esprit de Leslie s’apaisait. Elle arrivait à se changer les idées, pour le meilleur et uniquement pour le meilleur. Elle riait, goûtait à l’affection qu’elle avait tellement cherchée durant ces longs jours. Elle se montrait plus insouciante que jamais, son preux chevalier était là, dans son armure blanche, prêt à brandir son épée et à se battre pour elle. Cela respirait une pointe exacerbée de contes de fée expliquer de la sorte mais telle était la manière dont réagissait et battait le cœur de Leslie, elle-même docile esclave de ce ressenti. Tant guidé par l’amour que la passion, la soirée se termina sur la réunion fusionnelle de leurs deux corps. Elle se donnait entièrement à lui… Il s’offrait librement à elle… Ils se complétaient dans une osmose charnelle des plus intenses et on ne peut plus jouissives. Les deux moitiés ne formaient plus qu’un seul et unique tout que rien ne pouvait briser, ni séparer. La sueur les envahit. Chacun de leur souffle court exprimait la vigueur de leur amour. Les soupirs de Parker au creux de son oreille alors que ses cris à elle se répandirent contre tous les murs de la chambre. Pourtant, cette sensation de culpabilité revint en elle au creux de leur intimité. Leslie se noyait sous le bonheur pour oublier ses remords et sa peine. Ses yeux furent les seuls témoins de son ressenti intérieur, laissant quelques larmes vagabonder sur sa joue. Dans la vigueur de leur passion, Parker ne sembla pas le remarquer ou, tout du moins, n’y fit aucun commentaire en tout cas. Rien que pour cela, elle ne pouvait que l’en remercier plus que jamais. Elle avait peur… Elle avait peur de cette journée, peur de cette vérité, peur de cette nouvelle… Elle l’aimait tellement… Il ne fallait pas que ça s’arrête… Pourtant, elle se donna à lui comme si c’était leur dernière fois, perdant toutes ces certitudes des jours à venir…

    Leslie – Je t’aime comme je n’ai jamais aimé tu sais…


Parker dormait profondément alors que Leslie ne trouvait pas le sommeil. Elle restait au creux de ses bras, face à lui, le regardant voguer vers le pays des songes tout en laissant le bout de ses doigts effleurer sa mâchoire. Aucune réaction, aucun soubresaut. Elle enviait ce sommeil tellement paisible qui pouvait être le sien.

    Leslie – N’en doute jamais…


Rajouta-t-elle dans un murmure tout en déposant un baiser dans le creux de son épaule. Aussitôt, elle quitta doucement le lit, prenant soin de ne pas le réveiller. Dans sa tenue d’Eve, la chanteuse alla jusqu’une chaise où reposait l’un des t-shirts de Parker qu’elle s’était appropriée depuis plusieurs mois, à chacune de ses visites. Elle enfila également un sous-vêtement pour couvrir son intimité et dirigea tout droit vers le canapé du salon. Qu’importe le sens dans lequel elle retournait tous les éléments, la datation exacte de sa grossesse avait détruit entièrement cette merveilleuse nouvelle. Il y a trois mois d’ici, Leslie était en pleine tournée avec les Morten, elle et le batteur ne s’était plus vu depuis plus de trois semaines. Et il fallait compter encore trois semaines avant qu’ils ne partagent leur premier moment retrouvé. Elle avait chassé ce faux pas de son esprit, elle avait totalement enfoui cette erreur d’un commun accord avec le principal concerné pour que cela n’entache jamais leur rapport de tous les jours, ni leur vie sentimentale respective. Toutefois, dans sa bonne volonté, Leslie en oubliait que l’on échappait jamais à son passé et que toute erreur finissait par être payée un jour, d’une manière ou d’une autre.

Une bonne heure de torture psychologique s’en suivit pour qu’enfin, elle se décide à chercher son téléphone portable. Une demi-heure de plus passa avant qu’elle n’ait la force de composer le numéro et de l’appeler. Pour la peine, elle espérait qu’il ne décroche pas, qu’il dorme profondément, qu’il soit injoignable, bref, qu’elle n’ai pas à faire face à ses démons. Sa résolution se voulait donc tellement illusoire.

    Voix endormie – Hum… allo ?
    Leslie – C’est moi… Ecoute, je suis désolée de l’heure mais…
    Voix endormie – Mais quoi, ça peut attendre demain, non ? Maugréa ladite voix.
    Leslie – Non, ça ne peut pas attendre… Je suis enceinte ! Lâcha-t-elle comme un souffle douloureux et apaisant une fois qu’il fut expiré.
    Voix endormie – Et que veux tu que ça me foute ?
    Leslie – Il n’est pas de Parker…


- A suivre... -


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III. Chapitre 2

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