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Revival Rock

When passion rules the game. I ain´t got no control, when my heart´s in flames.

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II. Chapitre 1

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Crédits: Sab
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MessageSujet: II. Chapitre 1 Jeu 9 Juin - 1:19






CHAPITRE 1
Dans la peau d'Owen Campbell




La main molle et évasive vint s'abattre lourdement sur le radio-réveil alors qu'un soupir désapprobateur fut maugréé. La tête encore lourde, les yeux incapables de s'ouvrir avec une force suffisante, Owen enfouissait sa tête dans ses draps comme pour prier la nuit de lui accorder un répit supplémentaire. Aucune envie, aucune énergie en cette seconde où la volonté du jeune homme ne se résumait qu'à une chose : rester esclave de ce sommeil qui semblait lui manquer depuis plusieurs mois. Obéir à des rituels quotidiens qui lui demandaient de consacrer toute son énergie, de se donner corps et âme sans offrir de véritables instants de repos. Toutes ces nuits se succédant et n'avoisinant qu'une petite paire d'heure de sommeil alors que l'être humain était conditionné à dormir un quart, voir un tiers de toutes les journées qu'il pouvait traverser. Comment tenir le coup ? Et, surtout, combien de temps y arriverait-il encore ? Une pensée matinale qui ressurgissait sans cesse, au delà de tout contrôle. Mais en cette matinée, Owen ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même. C'était en connaissance de cause qu'il s'était pourtant offert une longue soirée des plus festives et on ne peut plus arrosées. Il savait pertinemment quelles étaient ses contraintes actuelles mais en avait été au-delà. Le temps d'une soirée, le temps de se libérer, le temps d'oublier... Mais maintenant devait-il en payer les pots cassés !

Tel un envoyé du Malin présent pour le torturer, le portable de Campbell commença à vibrer sur la table de nuit avant que ne résonne le son des Rolling Stones avec la chanson 'Paint It Black'. Cette fois-ci, pas de gestes lents et hésitants mais bien deux mains déterminées qui saisirent l'oreiller à côté de lui pour le poser avec fermeté sur sa tête. Tentative vaine d'adoucir le son perçu, un son qui se voulait de plus en plus fort, de plus en plus puissant. Non, Owen ne pourrait plus assouvir cette envie incommensurable de dormir. Il en avait conscience et, quelques soient ses râlements ou l'ampleur de sa frustration, il devrait s'y plier. C'est donc totalement résolu à cela que le musicien daigna finalement s'extirper de son lit. Il se redressa, se postant de manière assise sur le rebord de sa couche. D'un geste de la main, il coupa la sonnerie de son portable avant d'en consulter l'heure sur son cadran.

    ''11h43 A.M.
    Vous avez un nouveau message''


Fronçant les sourcils, notre ami ouvrit le message en question alors que sa main libre lui offrit cette bouffée de réveil qu'il désirait tant. Un cliquetis métallique du briquet qui raisonne, un soupir pour libérer la fumée inhalée et le tout se conclut par un petit toussotement caractéristique et traditionnel de la cigarette matinale.

    ''Changement de plan, rendez-vous aux studios à 13h30

    Matthew.''


Avec lassitude, Owen reposa le portable sur sa table de chevet avant de se rallonger sur son lit. Lui qui avait songé à s'offrir une journée de ballade et de remise en forme n'en n'aurait guère l'occasion. Intérieurement, il pesta contre le leader de son groupe d'établir une fois de plus l'horaire à sa propre convenance. Ne prenait-il donc jamais conscience que les autres membres avaient également une vie et des projets ? N'essayait-il donc jamais de se mettre à leur place en pensant que tenir initialement un horaire prévu à l'avance pouvait parfois faire du bien ? Des pensées que le guitariste gardait profondément pour lui. Il préférait ne pas nuire à sa formation en venant faire ce genre de scandales. Déjà tentait-il de maintenir le plus souvent l'église au milieu du village pour que tout se passe pour un mieux. Les malaises se voulaient perpétuellement présents mais grâce à Campbell, on oubliait tout d'un sourire, l'on effaçait ces mauvaises pensées d'un simple revers de la main par le biais d'une plaisanterie ou d'une nouvelle joyeuse ou entraînante. Rien n'était plus simple, rien n'était plus facile bien que, paradoxalement, ce n'était peut-être pas la meilleure solution non plus. Owen le savait mais il se devait de faire comme il pouvait et non comme il le voulait. C'était aussi ça grandir et devenir adulte.

Sa cigarette terminée, le jeune homme resta encore allongé sur son lit une dizaine de minutes. Il fixait le plafond sans penser à rien. Son corps était éveillé mais son esprit sortait à peine du sommeil. Il s'éveillait, totalement vide, avant de s'enrichir peu à peu de quelques images de la veille, de quelques souvenirs qui rimèrent autant avec joie, bonheur et nostalgie. Ce n'est que lorsqu'un fin sourire se dessina sur ses lèvres qu'il se convainc véritablement de se lever et d'attaquer pleinement ce nouveau jour. Mais le sourire ne resta guère présent pour autant...

Enfin debout, une nouvelle cigarette atterri entre ses lèvres alors qu'il l'allume tout en fixant un bout de papier trônant sur sa table de nuit à côté de son portable. Ainsi n'avait-il donc pas rêvé ? Ainsi ce numéro qu'il avait tellement eu envie d'avoir était maintenant sien. Son visage arbora un aspect neutre, voire froid, distant alors qu'il s'en sentait totalement troublé. Cette sensation désagréable que votre âme s'écroule sur elle-même alors que vous tenez absolument à ne rien laisser paraître, que ce soit face à un inconnu, face à un ami ou même face au reflet de votre miroir. Ne dit-on pas que les problèmes n'existent pas si l'on refuse de les reconnaître ? Une phrase, certes, stupide mais qui habitait l'esprit de bien des personnes, soient-elles de simples pauvres vagabonds, des individus de la vie de tous les jours ou encore des célébrités que l'on adulait à travers une ville ou un pays. Face aux réminiscences des questionnements et des prises de conscience, nous étions tous égaux. L'argent ou le statut importait peu, la réalité des évènements et de votre vie passait largement au dessus de ces différences matérielles. Cela n'empêche cette force de vouloir se voiler la face de rester fortement présente et inaltérable. Qu'importe ce papier, qu'importe le fait qu'il soit à portée de main et qu'il pourrait changer quoi que ce soit dans la vie d'Owen. Ce dernier n'obéirait guère à la suggestion qui y était rattaché. Il l'ignorerait et continuerait sa route, comme si de rien n'était. C'est ainsi que, sans même se retourner, le musicien alla jusqu'à sa salle de bain et se glissa sous la douche, esclaves de paroles qui résonnèrent de nouveau dans son esprit.

    ''Owen, maintenant que vous êtes un musicien de renom à qui tout réussit, vous allez enfin vous fixer avec quelqu'un ?''
    ''Tu sais 'Wen, je te l'ai toujours laissé car vous êtes fait pour être ensemble. Me force pas à le regretter !''
    ''Laisse toi aller. Tu peux penser que c'est de la saloperie mais tu n'y penseras plus grâce à ça...''
    ''Si tu meurs, je meurs avec toi...''


La mâchoire serrée, le regard sévère contre lui-même, Owen se savonnait tout en essayant de faire taire ces voix qui ressurgissaient et s'entremêlaient de manière insupportable, telle la plus effroyable des tortures que l'Homme ne pouvait supporter. Il maudissait son esprit, le maudissait d'être si faible et tellement ancré dans le passé. Il maudissait son esprit mais également lui-même, s'en voulant de certains choix, s'en voulant de décisions antérieures. Il en venait même à maudire certaines personnes de son entourage le plus proche, tel que Parker. Lui, cet ami de toujours, ce frère de coeur, quel besoin avait-il eu de l'amener si proche de la tentation et de faire ressurgir tant de souffrances et de prises de têtes qu'Owen pensait seulement commencer à oublier ? Pourquoi ?! Tout comme pourquoi Brandon l'avait-il trainé hors de chez lui ?! Les tentatives d'interrogations redoublèrent davantage avec l'envie toujours plus forte de faire disparaître tout cela de sa conscience.


*
**



    Owen – Alors, il paraît que tu avais deux surprises pour moi ?


Proclama notre cher ami en arrivant, clope au bec, à l'entrée du Sound Bar où se tenait déjà Brandon, trépignant d'impatience. Brandon Lewis, le guitariste et compositeur des Black Stones, l'ancien groupe d'Owen. Ce dernier avait toujours été d'un naturel bon vivant, prêt à sortir, à faire la fête et à s'offrir un moment de plaisir et de boisson en toute occasion ! Attendant déjà son ami depuis une dizaine de minutes, Lewis dansait presque sur place, tant il se voulait impatient. Et ce fut d'ailleurs d'un large sourire et presque en sautant sur Owen qu'il accueillit ce dernier.

    Brandon – Je vois que tu te faisais encore désirer ! Plaisanta-t-il. En effet, il y a une surprise que je te réserve à l'intérieur. Quant à l'autre, …
    Parker – Elle vient tout juste d'arriver !


La voix de ce frère, la voix de ce meilleur ami résonna juste derrière lui, coupant les paroles de Brandon tout en venant s'accompagner d'une petite tape amicale dans le dos de l'intéressé. Presque pris de surprise, Owen faillit en faire tomber sa cigarette alors qu'il se retourna vers Parker. Son regard saisi, surpris, laissa bien rapidement place à un sourire et une accolade amicalement chaleureuse.

    Owen – Je finissais par penser que je n'étais plus assez bien pour toi !


Plaisanta le musicien sous un petit haussement d'épaules quelque peu embarrassé de la part de Parker. L'un comme l'autre ne comptaient plus les semaines et les mois depuis la dernière qu'ils s'étaient vus. Tous deux à Londres mais tous deux séparés par leurs obligations respectives. Le rythme de vie d'Owen allié aux horaires presque infernaux de son ami ne leur avait jamais laissé l'occasion de se téléphoner ou de se voir comme ce soir. Mais fort heureusement, Brandon avait joué de main de maître pour que ses deux amis de toujours puissent enfin se retrouver.

    Parker – Voyons Wen, tu sais bien qu'on ne se débarrasse pas de moi aussi facilement !
    Brandon – On fêtera les retrouvailles à l'intérieur ! Sourit Brandon, visiblement pressé de passer au reste de la soirée. Venez, on y va !


Nos trois compères pénétrèrent alors dans l'obscurité du Sound Bar où l'ambiance se voulait une fois de plus très musicale. La décoration se voulait chatoyante, alternant entre couleurs expansives et ambiance tamisée. La population ambiante laissait apparaître tant de simples quidams un tant soit peu habillés que des personnes plus respectables et jouissant d'une certaine notoriété. L'on reconnaissait entre autres un animateur radio très en vogue en charmante compagnie, sans compter un couple de journalistes dont la renommée n'était plus à faire. Owen reconnu même quelques jeunes artistes qu'il salua d'un simple geste de la main alors que, de son côté, Parker s'arrêta près d'une table où siégeaient une avocate et un juge. De son côté, Brandon, égal à lui-même, s'empressa de trouver une petite table libre dans les recoins de la salle, s'y installant sans attendre. Ses deux compagnons lui emboitèrent le pas sans trop tarder et il ne fallut plus que quelques minutes pour que le trio se retrouve avec un verre en main, prêt à faire santé !

    Owen – Bon, vu que vous m'avez trainé jusqu'ici, vous allez peut-être me dire pourquoi on trinque !
    Brandon – Pour la deuxième surprise !!! Mais je laisse l'honneur à Parker de te mettre au parfum...
    Parker – Trop aimable, sourit Parker avant de regagner un brin de sérieux. Et bien, figure toi qu'après de longues réflexions, nous avons enfin décidé de reformer les Black Stones... De manière professionnelle cette fois-ci !


Le verre levé, le bras pour ainsi dire tendu, Owen se sentit perdre pied subitement. Autant se sentait-il animé d'un contentement joyeux et sincère pour ses deux anciens collaborateurs, autant que là, il ne l'avait pas vu venir. Il dut prendre quelques secondes afin de pouvoir réagir d'une quelconque manière. Bien évidemment, cela se fit sous le regard amusé et taquin de Brandon.

    Brandon – Ca y est, on l'a perdu ! Owen vient de nous quitter là... rit-il
    Owen – Non mais, attendez, fit-il en fronçant les sourcils, vous me faites marcher là ?!
    Brandon – Comme si on pouvait être aussi sadique...
    Parker – Wen, regarde moi.. Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ?


Si Parker gardait un sourire sur les lèvres à cette annonce, son air se voulait on ne peut plus sincère et véridique. Campbell connaissait suffisamment son ami pour se rendre compte que, effectivement, il ne rigolait pas. Il ne pouvait plus prendre cette nouvelle qu'en plein front, qu'en pleine face. Alors que le guitariste et le batteur se laissèrent à trinquer, Owen continua de rester encore inerte durant plusieurs secondes avant de porter finalement le verre à ses lèvres. Ce n'est qu'après une longue gorgée que son esprit revint parmi eux et que son enthousiasme se relâcha !

    Owen – Franchement, je suis super content les gars... Tout comme je vous en veux ! Pourquoi vous n'avez pas pris cette décision cinq ans plutôt ?! Sourit-il en coin, visiblement un peu amer de cette décision finale.


Il y a cinq ans... deux amis d'enfance qui touchèrent enfin leurs rêves du doigt. Devenir des musiciens accomplis, se faire connaître et vibrer sous cette vague de succès qui était le leur. Le temps de l'insouciance, le temps de la musique et le temps de l'amitié, quoiqu'on en dise. Owen, Brandon, Parker et Faith... Ils formaient tous les quatre un tout inaltérable et que quiconque était incapable de briser, à l'exception des rêves d'Owen... Ces derniers furent l'origine de son départ de Manchester, de la dissolution du groupe, de la fin des Black Stones... et voilà qu'aujourd'hui, en plein coeur de Londres, la surprise de ses anciens partenaires était de leur apprendre que le groupe renaissait de ses cendres, mais sans lui... Une surprise, certes agréables, et pourtant désolante à la fois... Brandon n'avait voulu jamais arrêter, Parker voulait se concentrer sur sa carrière, quant à Faith... Faith sans Owen n'existait plus, tout simplement. Mais soit ! Cette soirée était sous le signe des retrouvailles et de la festivité. Raison pour laquelle le jeune Campbell ne s'encombra pas de souvenirs douloureux !

Les verres continuèrent d'affluer alors que l'état de Brandon empirait de plus en plus, son aspect joyeux laissait davantage place à l'état d'hébètement. Un cheminement qui, comme à l'accoutumée, amusait pleinement Owen et Parker qui en profitèrent pour rattraper ces longs mois perdus sans se voir. Cela allait des anecdotes de l'orphelinat aux souvenirs qu'ils avaient en commun durant leur première formation. Mais jamais, ô grand jamais, le sujet concernant les Morten Bluz ne vint sur le tapis. Il n'y avait pas d'explication à cela, l'un comme l'autre sentait simplement que ce n'était pas le genre de discussion à aborder, surtout devant Brandon et d'autant plus si ce dernier avait bu. Le taux d'alcoolémie présent dans le sang de tout un chacun autour de la table pourrait transformer une simple question de curiosité en un long débat houleux, voire désagréable. Tel était le problème lorsque les barrières de la bienséance et de la bonne conduite se brisèrent pour laisser place à différentes formes de ressentiments négatifs s'approchant de la rancoeur ou encore à d'autres formes de douleurs longuement tenues sous silence. Telle fut donc la manière dont les amis se retrouvèrent et que leur soirée se perpétua jusqu'aux petites heures de la nuit.

    Parker – Allez Brandon, il est temps de rentrer...
    Brandon – Non, titubant, je... ne suis pas... fatigué ! Sa tête se levant alors mollement vers le ciel, Oh, regarde Owen, des étoiles... désigna-t-il comme un petit garçon avant d'éclater de rire tout seul.
    Owen – Oulà, il en tient encore une bonne ! On partage le taxi ?


Parker, tenant Brandon sur son épaule, hocha de la tête avant de siffler l'un des taxis de la capitale. Le trajet jusque chez le jeune guitariste se passa calmement. Lewis somnolait déjà alors que Campbell et Johnson n'échangèrent pratiquement pas un mot. Il n'y avait aucun malaise, l'ambiance n'était pas pesante, le silence se voulait simplement de rigueur, telle une normalité arrivant à point nommée. Ce n'est que lorsque le taxi fut payé et qu'ils aient terminé de ramener Brandon chez lui que nos deux protagonistes retrouvèrent l'usage de la parole visiblement.

    Parker – Alors Wen, dis moi, comment ça se passe avec les Morten ?


Une question décorée par une cigarette allumée par notre batteur qui tendit, tel un réflexe, son paquet vers son ami.

    Owen – Merci, prenant la cigarette. Et bien, comme tous les groupes je présume. Il y a des hauts et des bas mais on s'en sort pas trop mal.
    Parker – C'est le plus important ! Enfin, avec le fait que vous n'avez pas intérêt à faire de l'ombre aux Black Stones évidemment ! Rit-il
    Owen – Ca, n'y compte pas ! Je vais vous apprendre à vous reformer sans moi !


Ils se regardèrent d'un air de défi, amusés, avant de continuer leur route, entreprenant à pied un chemin qui les ramènerait de toute façon chez eux. Owen était léger, Owen était heureux, heureux comme il ne l'avait plus été depuis la dernière fois qu'il avait vu Parker. Ensemble, c'est comme si tout s'effaçait, comme si les ennuis n'existaient plus. Le monde était à leur pied et ils le traversaient tels des conquérants. Certes, Campbell avait trouvé une forme de substitut face à ce bonheur pour ainsi dire perdu. Un substitut qui lui faisait du bien à sa manière mais qui ne pouvait égaler les instants en compagnie de son frère de coeur.

    Owen – Tu lui manque tu sais ? Vous ne vous êtes plus vu depuis combien de temps ?


Et voilà, le sujet des amours arrivait enfin sur le tapis. Un sujet qui, qu'on le veuille ou non, s'était implanté dans la vie de ces deux jeunes hommes et en devenait, à leur insu, une pierre angulaire dans leur existence quotidienne. Fidèle à un célèbre proverbe, ils ne pouvaient vivre avec mais ils n'arrivaient pas à vivre sans non plus !

    Parker – Ca va bientôt faire deux semaines. Mais bon, entre le bureau et le groupe de mon côté et les répétitions du sien, faut avouer que ce n'est pas très pratique non plus... Puis, je t'avoue que je pense qu'elle commence à se lasser...
    Owen – Ne dis pas de bêtises ! Elle s'empresse toujours de savoir si je t'ai vu où si j'ai eu de tes nouvelles. Je suis même curieux que tu ne sois pas venu avec elle ce soir ! Je suis sur que ça lui aurait fait plaisir !
    Parker – Ne t'en fait pas, on se voit demain. Tout du moins, si ce n'est pas une nouvelle fois annulé. Cela dit, je te trouve mal placé pour me donner des conseils Wen...


Une petite attaque personnelle qui ne se voulait nullement cruelle. Comment cela aurait-il pu être méchant alors que c'était la réalité de toute façon ? Bien sûr, cela éveillait un froncement de sourcil de la part du guitariste qui tentait de voir où le batteur voulait en venir.

    Owen – C'est l'heure où tu vas encore me faire la leçon à ce sujet ?
    Parker – Non, il sourit tout en sortant un papier de sa poche qu'il colla dans l'une des paumes d'Owen. C'est l'heure où je te dis simplement qu'il serait temps que tu l'appelles...



*
**



Voilà comment, en ce lendemain de veille, alors qu'il était plus de midi passé, Owen se retrouvait assis sur son lit. Le téléphone perché à son oreille dans une main, le papier qu'il fixait dans l'autre et une sonnerie qui résonnait en vain. Son coeur battait la chamade, ses yeux se fermèrent et il sentit que chaque souffle qu'il pourrait prononcer serait semblable à une crise d'étouffement vous foudroyant sur place.

    Répondeur – Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de votre Faith préférée ! N'hésitez pas à laisser un message et peut-être, je dis bien peut-être, je vous rappellerai le plus rapidement possible ! Biiip


Les cinq secondes où Owen resta fixé à son portable lui parurent égale à une éternité douloureuse et mortifiante. C'est avec la mort dans l'âme qu'il termina l'appel sans même prononcer un seul mot. Le coeur gros et les larmes au bord des yeux, le jeune homme céda une nouvelle fois. Il fit valser son portable de l'autre côté de la pièce tout en tombant, assis au sol, la tête entre ses mains. Incapable de dire quoique ce soit, incapable de laisser un simple message, s'imaginant que tout était bien trop compliqué pour renouer contact aujourd'hui. Pourtant, il ne désirait qu'un signe de sa part pour la retrouver et reprendre son histoire avec elle. Peut-être était-ce d'ailleurs réciproque du côté de Faith... Mais non, il ne préférait pas en imaginer la possibilité. Se torturer, tel était le lot de la vie sentimentale d'Owen Campbell depuis son arrivée à Londres.

Dans la douleur, l'être humain se raccroche toujours à la seule chose qui semble lui procurer un tant soit peu de plaisir et de bien être. On étouffe son mal sous un apaisement illusoire que l'on regarde néanmoins comme s'il était purement réel. On se laisse aller au jeu du faux semblant, on tombe dans l'imaginaire en croyant que c'est l'unique solution. Mais comment arriver à rêver lorsque notre existence nous poussait presque à certains cauchemars inavouables ? Personne, personne n'avait la solution... Excepté ce même Owen Campbell qui décida de reprendre des forces...

Tel l'éclair s'abattant sur le sol, le guitariste se rua subitement vers sa table de nuit et en ouvrit le premier tiroir. Sans même une once d'hésitation, il prit un flacon dans lequel il avait dissimulé des pilules de GHB et en avala une solide poignée. Cela ne soignait pas, cela ne guérissait pas... Mais cela lui permettrait de planer dans un autre univers où ce genre de problèmes n'existait pas. Glissant en arrière, il se laissa tomber dos sur le lit... Les forces de son corps l'abandonnèrent à nouveau... Son esprit se mit à tournoyer puis à quitter cette réalité pour divaguer en paix... Owen ne serait pas à la répétition, Owen avait oublié le message de Matthew, ne l'aurait pas vu... Succombant aux plaisirs de la drogue, Campbell n'était plus Campbell, le musicien avait laissé sa place à l'homme... L'homme avait laissé sa place à la faiblesse... La faiblesse avait laissé sa place à son addiction... Ses yeux se fermèrent, ses oreilles devinrent sourdes alors que tout son corps baignait d'une absence d'inertie totale. Le tintement qui sembla résonner dans la pièce ne l'aida pas à retrouver des forces, au contraire, il l'entraîna telle une berceuse destinée aux enfants.

    Répondeur – Vous êtes bien sur le répondeur d'Owen Campbell... Vous connaissez la suite ! Biiip
    Faith – Owen...? un long silence s'installa. Tu me manques aussi...


- Fin de la communication -



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II. Chapitre 1

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